Bateau tortue

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Bateau tortue exposé au Mémorial de la guerre de Séoul (Corée du Sud)
Autre vue avec le pont hérissé de pointes

Le Bateau tortue (en coréen : Keobuk-Seon 거북선 ) est un navire de guerre coréen utilisé pour la première fois en 1592, lors de la bataille de Sacheon (1592)[1] contre une attaque japonaise. Inspiré par le type de vaisseau côtier japonais cuirassé Atakebune antérieur d'une vingtaine d'années, il fut inventé par l'amiral Yi Sun-sin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Corée du Sud 5 won représentant le Geobukseon (bateau tortue) 1983. Le bateau tortue est un navire de guerre coréen inventé par l’amiral Yi Sun-sin en 1598. Utilisé pour défendre la Corée contre une attaque japonaise, il est le premier cuirassé de haute mer de l’histoire.

À cette époque, la Corée possède une flotte de guerre depuis déjà deux siècles. Elle avait été constituée afin d'éliminer la menace des pirates japonais, et a toujours été entretenue par la suite. Cette marine se tenait à jour des progrès techniques et était notamment équipée de diverses armes à feu. Les principaux navires étaient les pan'ok-sòn, de gros navires pontés, lourds à la manœuvre. Ils avaient toutefois permis une évolution du combat marin : l'éperonnage et l'abordage pouvaient être avantageusement remplacés par le combat d'artillerie.

Craignant une agression japonaise, l'amiral Yi avait fait réparer et améliorer les 24 navires présents dans l'escadre du Sud-Ouest. Il avait notamment fait effectuer des essais sur l'artillerie. Il entreprend un programme de réparation des fortifications des arsenaux, intensifie l'entraînement et prépare un navire d'un nouveau type. Ce navire, dont les plans ont été perdus, a été le premier cuirassé de haute mer de l'histoire navale, deux siècles et demi avant la Gloire, lancée en 1859 à Toulon. Navire à voile lorsqu'il naviguait, il escamotait ses mâts lors des combats dans des logements protégés et marchait alors à la rame. Long d'une trentaine de mètres pour une dizaine de large[1], il est très manœuvrable et bien dessiné, il était plus rapide que les navires japonais grâce à ses douze rames opérées verticalement par 80 marins, ce qui lui donnait un avantage immédiat sur les lourds et maladroits navires japonais. Il était armé de douze pièces d'artillerie de chaque coté du navire, servis par 45 canonniers[1], faisant feu par des sabords ouverts dans la cuirasse en bois et vingt-deux meurtrières permettaient la mise en œuvre de mousquets, fusées incendiaires et flèches à feu. Quant à sa figure de proue en forme de tête de dragon, elle aurait servi à la diffusion de gaz de combat en répandant fumées, gaz délétères et suffocants à partir de la combustion de soufre et de salpêtre, servant en même temps de brouillard artificiel. Elle était en outre renforcée d'un rostre permettant l'éperonnage, sans préjudice de deux sabords blindés abritant des pièces de chasse de bon calibre. Ses flancs, protégés et blindés, étaient équipés de dispositifs anti-abordage et anti-éperonnage comme son pont recouvert de pointes de fer[1].

En mai 1592, l'amiral Yi avec une flotte d'une cinquantaine de navires dont une demi-douzaine de Keobuk-Seon défait sévèrement la flotte japonaise lors de la bataille de Sacheon (1592), coulant ou capturant les 13 navires japonais[1]. 5 ans plus tard, en octobre 1597, les Japonais tentent une nouvelle invasion de la Corée mais l'amiral Li avec seulement 12 navires tortues inflige une nouvelle défaite à la marine japonaise, détruisant 130 navires sur 330 sans perdre aucun de ses navires[1]. L'amiral coréen infligera ainsi grâce à ses bateaux tortues, à une meilleure artillerie navale une dizaine de défaites navales aux Japonais[1]. Il perdra la vie lors de la dernière le 19 novembre 1598[1].

Le navire de nos jours[modifier | modifier le code]

Les plans originaux de l'amiral Yi ont été perdus. Cependant, il est possible de voir une reproduction d'un bateau-tortue grandeur nature, au Mémorial de la guerre, à Séoul. On peut aussi l'admirer au combat dans le feuilleton télévisé sud-coréen Amiral immortel Yi Sun-sin (2004).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h "Kobukson : la carapace d'une tortue, le souffle du dragon", article d'Eric Tréguier, Guerres & Histoire, no 8n° 8, octobre 2012, page 68 et 69.