Barrage de Vajont

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Barrage de Vajont
Image illustrative de l'article Barrage de Vajont
Le barrage de Vajont en 2005
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Frioul-Vénétie julienne
Commune Erto e Casso
Coordonnées 46° 16′ 02″ N 12° 19′ 44″ E / 46.26722, 12.3288946° 16′ 02″ Nord 12° 19′ 44″ Est / 46.26722, 12.32889  
Cours d'eau Vajont
Objectifs et impacts
Nom (en langue locale) (it)diga del Vajont
Vocation Production électrique
Propriétaire SADE
Date du début des travaux 1956
Date de la fin des travaux 1959
Date de mise en service 1960
Barrage
Type barrage voûte
Hauteur du barrage (lit de rivière) 261,6 m
Longueur du barrage 190,15 m
Réservoir
Altitude du réservoir 722,5 m
Volume du réservoir 168,715 Mm3

Géolocalisation sur la carte : Italie du Nord

(Voir situation sur carte : Italie du Nord)
Barrage de Vajont

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Barrage de Vajont

Le barrage de Vajont, construit de 1956 à 1959, est situé au-dessus de Longarone, dans la province de Belluno, à 100 kilomètres de Venise, au pied du mont Toc en Italie. Il est désaffecté depuis la catastrophe qui l'a atteint le 9 octobre 1963.

Propriété Valeur
Lieu Vajont, Nord-Est de l'Italie
Fonction Hydroélectricité
Construction De 1956 à 1959
Matériaux Béton armé
Volume de béton 360 000 mètres cubes
Hauteur totale 261,6 mètres
Largeur à la base 22,11 mètres
Longueur de crête 190,15 mètres
Largeur de la crête 3,4 mètres
Retenue d'eau 150 millions de mètres cubes

Catastrophe de 1963[modifier | modifier le code]

La SADE (Società Adriatica Di Elettricità), société qui a construit le barrage, a affirmé que la géologie de la gorge avait été étudiée, y compris l'analyse d'éventuels glissements de terrain, on croyait ainsi que celui-ci serait suffisamment stable. Cependant, lors du remplissage du barrage on a pu constater une modification dans la roche ; un premier glissement de terrain a eu lieu le 4 novembre 1960. On a donc fait baisser le niveau du lac qui a alors été contrôlé attentivement. Les recherches ont conclu qu'une catastrophe était peu probable. Le lac fut entièrement rempli puis vidé à trois reprises.

À ce moment-là, l'Italie débutait une nationalisation des centrales électriques, et la SADE était impatiente de vendre ce barrage à un service public.

Le 9 octobre 1963 à 22 h 39, un glissement de terrain fait s'écrouler 260 millions de mètres-cubes de terres et de roches dans le lac de retenue du barrage, à plus de 110 km/h. Au passage, l'éboulement emporte les systèmes de lignes d'alimentation électrique, plongeant ainsi Longarone dans le noir sur un kilomètre et demi. Deux vagues de 25 millions de mètres cubes d'eau chacune se propagent d'amont en aval du lac de retenue en débordant du barrage. La masse d'eau détruit les localités de Longarone, Pirago, Rivalta, Villanova et Faè, et touche d'autres nombreux petits villages aux alentours (Castellavazzo, Erto e Casso...). On estime à environ 1 900 le nombre de personnes tuées par le mégatsunami. Le barrage, lui, n'a pratiquement pas été endommagé.

Les signes avant-coureurs de ce glissement de terrain dûment mesurés chaque jour étaient suivis depuis des mois par les ingénieurs.

L'un des responsables du désastre se suicidera. Pour la plupart, les autres responsables politiques et techniques ont été absous faute de preuves, en dehors de l'ingénieur en chef du projet, Alberico Biadene, condamné à 5 ans de prison en 1977 (et ayant bénéficié d'une mesure de grâce au bout d'un an).

Depuis un demi-siècle, le site a fait l'objet de nombreuses investigations scientifiques qui ont notamment révélé, entre le sol instable qui s'était effondré et la roche dure sous-jacente, la présence d'une mince couche d'argile. Celle-ci avait été fragilisée par les variations de niveau du lac conduites par les ingénieurs. La nuit fatidique, après un lent processus de plusieurs semaines, cette couche d'argile, sous l'effet conjugué de la pression des terres et de l'eau qui l'imbibait, a fini par se fragmenter totalement, entraînant vers le lac les 40 m d'épaisseur de sol meuble qui s'appuyaient sur elle depuis des millénaires. Les sondages trop peu profonds des sols, effectués lors des études préliminaires du projet de barrage n'avaient pas révélé la présence de cette couche d'argile, sinon le projet aurait été annulé[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Documentaire audiovisuel, National Geographic Channel, "La Minute de Vérité", mai et août 2012