Barrage de Vajont
| Barrage de Vajont | ||||
Le barrage de Vajont en 2005 |
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| Géographie | ||||
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| Pays | ||||
| Région | Frioul-Vénétie julienne | |||
| Commune | Erto e Casso | |||
| Coordonnées | ||||
| Cours d'eau | Vajont | |||
| Objectifs et impacts | ||||
| Nom (en langue locale) | (it)diga del Vajont | |||
| Vocation | Production électrique | |||
| Propriétaire | SADE | |||
| Date du début des travaux | 1956 | |||
| Date de la fin des travaux | 1959 | |||
| Date de mise en service | 1960 | |||
| Barrage | ||||
| Type | barrage voûte | |||
| Hauteur du barrage (lit de rivière) | 261,6 m | |||
| Longueur du barrage | 190,15 m | |||
| Réservoir | ||||
| Altitude du réservoir | 722,5 m | |||
| Volume du réservoir | 168,715 Mm3 | |||
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Géolocalisation sur la carte : Italie du Nord Géolocalisation sur la carte : Italie |
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Le barrage de Vajont, construit de 1956 à 1959, est situé au-dessus de Longarone, dans la province de Belluno, à 100 kilomètres de Venise, au pied du mont Toc en Italie. Il est désaffecté depuis la catastrophe qui l'a atteint le 9 octobre 1963.
| Propriété | Valeur |
|---|---|
| Lieu | Vajont, Nord-Est de l'Italie |
| Fonction | Hydroélectricité |
| Construction | De 1956 à 1959 |
| Matériaux | Béton armé |
| Volume de béton | 360 000 mètres cubes |
| Hauteur totale | 261,6 mètres |
| Largeur à la base | 22,11 mètres |
| Longueur de crête | 190,15 mètres |
| Largeur de la crête | 3,4 mètres |
| Retenue d'eau | 150 millions de mètres cubes |
Sommaire |
Catastrophe de 1963 [modifier]
La SADE (Società Adriatica Di Elettricità), société qui a construit le barrage, a affirmé que la géologie de la gorge avait été étudiée, y compris l'analyse d'éventuels glissements de terrain, on croyait ainsi que celui-ci serait suffisamment stable. Cependant, lors du remplissage du barrage on a pu constater une modification dans la roche ; un premier glissement de terrain a eu lieu le 4 novembre 1960. On a donc fait baisser le niveau du lac qui a alors été contrôlé attentivement. Les recherches ont conclu qu'une catastrophe était peu probable. Le lac fut entièrement rempli puis vidé à trois reprises.
À ce moment-là, l'Italie débutait une nationalisation des centrales électriques, et la SADE était impatiente de vendre ce barrage à un service public.
Le 9 octobre 1963 à 22 h 39, un glissement de terrain fait s'écrouler 260 millions de mètres-cubes de terres et de roches dans le lac de retenue du barrage, à plus de 110 km/h. Au passage, l'éboulement emporte les systèmes de lignes d'alimentation électrique, plongeant ainsi Longarone dans le noir sur un kilomètre et demi. Deux vagues de 25 millions de mètres cubes d'eau chacune se propagent d'amont en aval du lac de retenue en débordant du barrage. La masse d'eau détruit les localités de Longarone, Pirago, Rivalta, Villanova et Faè, et touche d'autres nombreux petits villages aux alentours (Castellavazzo, Erto e Casso...). On estime à environ 1 900 le nombre de personnes tuées par le mégatsunami. Le barrage, lui, n'a pratiquement pas été endommagé.
Les signes avant-coureurs de ce glissement de terrain dûment mesurés chaque jour étaient suivis depuis des mois par les ingénieurs responsables qui croyaient maîtriser la situation en faisant varier le niveau du plan d'eau. Ils avaient même prévu que l'éboulement, suivi d'une vague de 20 m de haut (selon leurs calculs, sans ordinateurs à l'époque), se produirait dans la nuit du 9 au 10 octobre, vague qui devait, selon eux, être contenue par le barrage dont la partie émergente de béton dépassait de 25 m le plan d'eau. Les ingénieurs avaient même invité, cette nuit-là, l'équipe de maintenance du barrage à suivre l'éboulement et le tsunami prévus du haut du barrage. Or, la vague qui en découla était plus de 10 fois plus haute que prévue et balaya toutes les personnes présentes sur le barrage et les alentours, avant d'engloutir les villages en aval et leurs 1900 habitants. Quelques personnes positionnées sur les hauteurs du lac ont pu témoigner de l'énormité du double tsunami[1].
On a estimé par la suite qu'il avait été inconscient de ne pas faire évacuer les populations en aval du barrage pour le cas où les ingénieurs se seraient trompés dans leurs calculs[1].
L'un des responsables du désastre se suicidera. Pour la plupart, les autres responsables politiques et techniques ont été absous faute de preuves, en dehors de l'ingénieur en chef du projet, Alberico Biadene, condamné à 5 ans de prison en 1977 (et ayant bénéficié d'une mesure de grâce au bout d'un an).
Depuis un demi-siècle, le site a fait l'objet de nombreuses investigations scientifiques qui ont notamment révélé, entre le sol instable qui s'était effondré et la roche dure sous-jacente, la présence d'une mince couche d'argile. Celle-ci avait été fragilisée par les variations de niveau du lac conduites par les ingénieurs. La nuit fatidique, après un lent processus de plusieurs semaines, cette couche d'argile, sous l'effet conjugué de la pression des terres et de l'eau qui l'imbibait, a fini par se fragmenter totalement, entraînant vers le lac les 40 m d'épaisseur de sol meuble qui s'appuyaient sur elle depuis des millénaires. Les sondages trop peu profonds des sols, effectués lors des études préliminaires du projet de barrage n'avaient pas révélé la présence de cette couche d'argile, sinon le projet aurait été annulé[1].
Voir aussi [modifier]
- La Folie des hommes, film franco-italien de Renzo Martinelli inspiré de l'histoire du barrage de Vajont.
- Rupture de barrage
- Barrages et liste de barrages
- Mégatsunami
Liens externes [modifier]
- Le désastre de Vajont (it+fr)
- (en) Barrage de Vajont sur l’Internet Movie Database
- Déferlement de 50 millions de m3 d'eau au barrage de Vajont (Italie)
Notes et références [modifier]
- Documentaire audiovisuel, National Geographic Channel, "La Minute de Vérité", mai et août 2012