Alain Lascoux

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Alain Lascoux, né le 17 octobre 1944 et mort le 20 octobre 2013, est un mathématicien français.

Biographie et travaux[modifier | modifier le code]

Élève de l'École polytechnique (promotion X64), il obtient son doctorat en 1967 à l'Université de Paris. Sorti de l'École Polytechnique en 1966, il entre directement au CNRS, où il termine sa carrière comme directeur de recherches au CNRS à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée et professeur à l'Université de Nankai.

Il travaille d'abord en géométrie algébrique, sous la tutelle d'Alexandre Grothendieck et de Jean-Louis Verdier, avant de rencontrer Marcel-Paul Schützenberger avec lequel il forme un binôme durant plusieurs années. Leurs travaux sur les tableaux de Young et les fonctions symétriques les conduisent à créer ce qui devient une école française de renommée internationale dans le domaine de la combinatoire algébrique. Leur théorie du monoïde plaxique est notamment exposée dans un chapitre, rédigé par Alain Lascoux, Bernard Leclerc et Jean-Yves Thibon, du volume collectif Algebraic Combinatorics on Words et en constitue un exposé introductif[1].

Les recherches d'Alain Lascoux portent plus particulièrement sur les liens entre algèbre, géométrie et combinatoire, en particulier sur les algèbres de Hecke et les tableaux de Young[2]. Il entretient une collaboration au long cours avec Marcel-Paul Schützenberger[3] sur les propriétés du groupe symétrique, qui a eu un impact très important en combinatoire algébrique. Un de leurs buts était de comprendre de façon combinatoire des questions algébriques et géométriques. Pour cela, ils introduisent de nouveaux objets qui établissent des ponts entre les deux domaines, tels que les polynômes de Schubert (en) et les polynômes de Grothendieck (en)[4].

Lascoux est invité au Congrès international des mathématiciens de 1998 à Berlin (Allemagne)[5].

Alain Lascoux est l'un des fondateurs du laboratoire d'informatique Gaspard Monge à université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM). À la création de cette université, il y transporte l'activité du groupe qu'il avait rassemblé à l'Université Paris 7 sous le nom de « phalanstère de combinatoire algébrique ». Ce groupe continue à développer la combinatoire algébrique ainsi que son versant plus appliqué des bibliothèques de calcul sur diverses structures algébriques (notamment l'environnement "Algebraic Combinatorics Environment").

Engagé socialement, il œuvre pour l’entrée des femmes dans la recherche et accueille des mathématiciens dissidents ou victimes de persécutions. Il est un des cofondateurs du Collectif amiante de Jussieu et du Collectif maladies professionnelles[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Polynôme LLT, famille de polynômes introduits par Lascoux, Leclerc, Thibon en 2005.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alain Lascoux, Bernard Leclerc et Jean-Yves Thibon, « The plactic monoid », dans M. Lothaire, Algebraic Combinatorics on Words, Cambridge University Press, coll. « Encyclopedia of Mathematics and its Applications » (no 90),‎ 2002 (ISBN 978-0-521-81220-7, lire en ligne), p. 164-196.
  2. http://phalanstere.univ-mlv.fr/~al/
  3. Seize articles en commun entre 1978 et 1996 référencés sur MathSciNet
  4. Publications d'Alain Lascoux.
  5. Page du Congrès international des mathématiciens de 1998.
  6. Hommages sur le site de la SMF et sur Images des mathématiques, archive INA, entretien avec Henri Pézerat

Liens externes[modifier | modifier le code]