Émile Mayrisch

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Albert Jacob Émile Mayrisch (10 octobre 1862 à Eich, Grand-Duché de Luxembourg - 5 mars 1928 à Châlons-sur-Marne, France) est un industriel et homme d'affaires luxembourgeois. Il a été président du directoire de l'Arbed.

Famille[modifier | modifier le code]

Émile Mayrisch appartenait, du côté paternel, à une famille de médecins et, du côté maternel, à une famille de maîtres de forges. Il était le fils d'Édouard Mayrisch (1828-1873), médecin de la cour grand-ducale, et de Mathilde Metz, qui était la nièce de Norbert Metz, un des fondateurs de la sidérurgie luxembourgeoise moderne, député et homme politique influent de tendance libérale.

Il était marié à Aline de Saint-Hubert, qui était une femme de lettres, militante des droits de l'homme, socialiste et philanthrope, et présidente de la Croix-Rouge luxembourgeoise. Ils eurent une fille, Andrée Viénot, mariée à Pierre Viénot, et femme politique française.

L'Arbed[modifier | modifier le code]

Le siège d'ARBED à Luxembourg, devenu le siège d'Arcelor Mittal

Il est en 1911, avec le belge Gaston Barbanson, le principal fondateur de l'ARBED (Aciéries réunies de Burbach-Eich-Dudelange). L'entreprise, née de la fusion de trois sociétés sidérurugiques luxembourgeoises, va devenir le fleuron de l'industrie du grand-duché. Émile Mayrisch en assure d'abord la direction technique, avant d'en devenir président après la Première Guerre mondiale.

La construction d'une Europe de l'acier[modifier | modifier le code]

Émile Mayrisch joue un rôle déterminant dans les négociations qui vont mener à la signature de la convention de l'Entente internationale de l'Acier, le 30 septembre 1926 à Bruxelles, par les sidérurgistes français, allemands (y compris sarrois), belges et luxembourgeois. Cet accord s'inscrit dans le mouvement qui se développe à cette époque en faveur d'une union douanière pan-européenne[1] et préfigure la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA).

Pour le rapprochement franco-allemand[modifier | modifier le code]

Monument en hommage à E. Mayrisch sur le lieu de l'accident.

Les négociations industrielles qu'il avait menées, aussi bien du côté allemand avant la guerre que du côté français après celle-ci, le préparaient à un rôle de médiateur pour aider au rapprochement des esprits entre les deux pays.

Avec l'aide essentielle de sa femme, qui lui apporte son vaste réseau de relations littéraires, il réunit régulièrement dans sa propriété de Colpach des intellectuels originaires des deux pays, ainsi que d'autres pays européens, pour promouvoir l'idée d'une communauté de culture européenne. Parmi les visiteurs de Colpach, on trouve André Gide, Jacques Rivière, Paul Claudel, Jean Schlumberger, Walter Rathenau, Karl Jaspers, Ernst Robert Curtius, Richard Coudenhove-Kalergi, etc.

Il fonde le Comité franco-allemand d'information et de documentation (de), dont l'objectif est de favoriser l'idée d'« États-Unis d'Europe » dans le domaine économique. Cet effort fut brutalement interrompu par sa mort accidentelle en 1928.

Il mourut à Châlons-sur Marne actuellement Châlons-en-Champagne en 1928, des suites d'un accident de voiture qui avait eu lieu à Saint-Pierre (Marne) en direction de Paris[2]. Le grand-duché lui fit des funérailles quasi nationales.

  • Un timbre-poste français de 0,20 F lui a été dédié en 1963, ainsi qu'un timbre luxembourgeois en 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. les idées défendues par Richard Coudenhove-Kalergi dans son ouvrage Pan-Europe (1923) et dans le Manifeste paneuropéen.
  2. Jean-Paul Barbier, Ils ont passé à Châlons, 2003.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France • Gemeinsame Normdatei
  • Biographie nationale du pays de Luxembourg, fasc. 12, pp. 456-470 (consultable en ligne)
  • A la mémoire d'Émile Mayrisch, 1862-1928, 1928, 134 p.
  • Émile Mayrisch, précurseur de la construction européenne, Lausanne, 1967.
  • Charles Barthel, « Émile Mayrisch et les dirigeants de l'Arbed entre la Belgique, la France et l'Allemagne. Rivalités et complicités (1918-1925) », dans Michel Dumoulin éd., Réseaux économiques et construction européenne, Bruxelles, P.I.E.-Petere Lang, 2004, pp. 125-143. (ISBN 90-5201-234-2)
  • (de) Guido Müller, Europäische Gesellschaftsbeziehungen nach dem ersten Weltkrieg. Das Deutsch-Französische Studienkomitee und der Europäische Kulturbund, Oldenbourg, München 2005 (ISBN 3486577360)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]