Zone économique spéciale en Chine

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Localisation des différentes Zones Économiques Spéciales en Chine

En Chine, les zones économiques spéciales (经济特区 / 經濟特區, Jingji tequ) sont des espaces bénéficiant d'un régime juridique particulier qui les rend plus attractives pour les investisseurs étrangers. Ces zones proposant aux entreprises étrangères des conditions préférentielles (droits de douane, libre rapatriement des investissements et des bénéfices, pas d’impôts pendant plusieurs années puis impôts très bas, statut d’extra-territorialité pour les cadres qui viennent travailler...) ont été depuis 1980 un vecteur important des réformes.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1979, quatre zones économiques spéciales (ZES) chinoises ont été créées dans les provinces du Guangdong et du Fujian dans le sud de la Chine pour attirer les investisseurs étrangers. Sous le gouvernement de Deng Xiaoping, ces ZES ont pris un décollage remarquable, notamment celle de Shenzhen[1]. Shenzhen occupe une place particulière dans l'histoire de la réforme chinoise moderne. Mise en place comme la première zone économique spéciale en vertu de la libéralisation économique en 1980, la ville est passée d'une petite communauté de pêcheurs à une métropole de 10 millions de personnes en seulement 35 ans [2]. À l'époque, c'était une façon d'expérimenter les réformes économiques que les dirigeants chinois avaient peur de déployer à l'échelle nationale en une seule fois[3].

La première génération de ZES chinoises sont concentrées sur la fabrication et l'exportation de produits de base standard (comme les vêtements prêts à porter, chaussure du sport, etc.). Ces ZES de 1re génération étaient toutes situées sur le littoral pour faciliter le transport des matières premières et ainsi les exportations de produits finis. Ainsi, leur succès a été basé sur les prix imbattables qui a forcé de nombreuses usines occidentales de coût élevé à migrer vers la Chine ou les autres pays en voie de développement[4]. Pourtant, en raison de la croissance économique rapide et les salaires en hausse constante, au fur et à mesure la 1re génération d'industrie chinoise s'est déplacée vers l'intérieur et aussi envers les pays voisins. Au même temps les ZES d'origine s'est convertie envers des produits plus sophistiqués, à plus forte valeur ajoutée, y compris les services financiers.

Liste des zones économiques[modifier | modifier le code]

En 2014, les ZES chinoises incluent : les villes de Shenzen, Zhuhai, Shantou, Xiamen, Kashgar et la province de Hainan. En 1984, 14 villes côtières étaient ouvert aux investissements étrangers: Dalian, Qinhuangdao, Tianjin, Yantai, Qingdao, Lianyungang, Nantong, Shanghai, Ningbo, Wenzhou, Fuzhou, Guangzhou, Zhanjiang et Beiha. De plus, il y a 53 nouvelles zones plus spécifiques de Développement Économique et Technique, 15 Zones Franches, les Zones Franches d'exportation et les Zones de Développement de Haute Technologie[5].

Le 1er avril 2017, La Chine a annoncé la décision de créer la Nouvelle Zone de Xiongan dans la province du Hebei pour faire progresser le développement coordonné de la région Beijing-Tianjin-Hebei.[6].

Zone économique spéciale chinoise à l'étranger[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1990, suite aux incitations du gouvernement pour que les grandes entreprises chinoises deviennent internationales la Chine a lancé plusieurs ZES outre-mer. Ainsi, la Chine a établi les ZES en Afrique (à l'île Maurice, au Nigeria, en Zambie, en Égypte, et en Éthiopie) basée sur le modèle de Shenzhen[7],[8]. En 2006, le Ministère Chinois du Commerce a apporté un soutien officiel à l'établissement de zones dans d'autres pays. Le programme ne se limite pas à l'Afrique. Six des 19 zones proposées sont situées dans des pays limitrophes : au Pakistan (1), en Russie (3) et au Vietnam (2). Quatre sont en Extrême-Orient : en Corée du Sud, au Cambodge, en Thaïlande, en Indonésie ; deux en Amérique latine, et sept en Afrique. Le statut de ces projets sont en cours de négociation - autres que ceux déjà mis en place en Afrique[9].

Shanghai : centre financier mondial[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, Shanghai était un important centre financier en Asie. Ainsi, les initiatives récentes du gouvernement ont visé à restaurer ce statut. En juin 1990, le gouvernement chinois a ouvert le nouveau district de Pudong à Shanghai et les villes au long de la vallée du fleuve Yangtsé ont été ouverts à l'investissement étranger. Alors, le district de Pudong est devenu la nouvelle "tête du dragon" chinoise -- soulignant l'importance des clusters industriels et finance[10]. Depuis sa création, Pudong a fait de grands progrès en attirant les capitaux étrangers. En outre, l'état a permis Shanghai à mettre en place une bourse aux instruments financiers complexes et permettent aux banques à capitaux étrangers à s'engager dans des affaires en RMB[11].

En 2013 l'état a approuvé à Shanghai une zone de libre-échange[réf. nécessaire]. Cela était un acte stratégique pour identifier Shanghai comme centre financier de la Chine et acteur mondial[12] .D'autres zones de libre échange pilote ont depuis été créées à Tianjin, dans le Fujian et dans le Guangdong. L'objectif de la zone de libre échange du Guangdong est de répliquer l'environnement des affaires hongkongais à Shenzhen[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Douglas Zhihua Zeng, Building Engines for Growth and Competitiveness in China: Experience with Special Economic Zones and Industrial Clusters, Washington D.C., World Bank Publications, (ISBN 9780821384336)
  2. « From “High-Speed” to “High-Quality” Growth: Shenzhen, the birthplace of China's economic miracle, goes low-carbon », sur East Asia & Pacific on the rise (consulté le 26 avril 2015)
  3. (en) Henry Kissinger, On China, New York, The Penguin Press, , 586 p. (ISBN 978-1-59420-271-1)
  4. « Nonfiction Book Review: The China Price: The True Cost of Chinese Competitive Advantage by Alexandra Harney, Author Penguin Press $25.95 (336p) ISBN 978-1-59420-157-8 » (consulté le 27 avril 2015)
  5. « http://elibrary.worldbank.org/doi/pdf/10.1596/1813-9450-5583 », sur elibrary.worldbank.org (consulté le 26 avril 2015)
  6. « La Chine créera la Nouvelle Zone de Xiongan au Hebei », sur french.cri.cn (consulté le 5 avril 2017)
  7. « http://www.american.edu/sis/faculty/upload/Brautigam_Tang_JMAS-2011.pdf », sur www.american.edu (consulté le 26 avril 2015)
  8. « http://www.ppiaf.org/sites/ppiaf.org/files/publication/Africa_China_SEZs_Final.pdf », sur www.ppiaf.org (consulté le 26 avril 2015)
  9. « http://www.ifpri.org/sites/default/files/publications/ifpridp01168.pdf », sur www.ifpri.org (consulté le 26 avril 2015)
  10. « http://qed.econ.queensu.ca/working_papers/papers/qed_wp_1263.pdf », sur qed.econ.queensu.ca (consulté le 28 avril 2015)
  11. « http://cmsad.um.edu.my/images/ics/IJCSV1N1/yanglim.pdf », sur cmsad.um.edu.my (consulté le 27 avril 2015)
  12. « http://www.law.harvard.edu/programs/about/pifs/symposia/china/2013-china/bingham---4-areas-for-near-term-action-to-make-shanghai-a-global-financial-cent.pdf », sur www.law.harvard.edu (consulté le 27 avril 2015)
  13. « Le plan de développement ambitieux de la zone de libre-échange de Qianhai (Shenzhen) », Bulletin économique Chine,‎ , p. 18-22 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]