Parti whig (Royaume-Uni)

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Le parti Whig est un parti politique apparu au XVIIe siècle en Angleterre qui, à compter de la fin du XVIIe siècle, militait en faveur d'un parlement fort en s'opposant à l'absolutisme royal. Il s'opposait au parti Tory de l'époque. Le terme, apparu au XVIIe siècle, désigne à l'origine un brigand écossais.

Parmi les Whigs célèbres du Royaume-Uni on peut citer Robert Harley, Charles James Fox, Robert Walpole, Edmund Burke, George Grenville ou Thomas Babington Macaulay.

Historique[modifier | modifier le code]

Entre 1678 et 1681, on commença à désigner sous le nom de Whigs ceux qui voulaient exclure de la succession au trône par un projet de loi le duc d'York (futur Jacques II), qui était le frère cadet et héritier présomptif du roi Charles II. Cet épisode historique porta le nom de crise de l'Exclusion Bill et entraîna la naissance du parti Whig, favorable au Bill, qui gagna sa réputation de mouvement opposé à un absolutisme royal catholique au Royaume-Uni.

Un peu plus tard, ils jouèrent ainsi un rôle important lors de la révolution de 1688. Toutefois, c'est en 1714 qu'ils accédèrent complétement au pouvoir, lors de l'avènement de la dynastie hanovrienne. Ils gouvernèrent sans partage pendant plusieurs décennies en s'appuyant surtout sur la bourgeoisie commerçante. Rejetés dans l'opposition à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, ils revinrent aux affaires en 1830 et firent adopter la réforme parlementaire de 1832. Le parti change de nom vers 1830 pour devenir le parti libéral, sur le modèle des liberales espagnols (1810) et des libéraux français (vers 1820).

Le système électoral britannique (majoritaire à un seul tour) est généralement considéré comme l'un des responsables de la disparition des Whigs au XXe siècle. En effet, ce système ne laisse subsister que deux partis principaux : comme il n'y a pas de deuxième tour, les électeurs se répartissent immédiatement en deux grands pôles. Seuls deux partis ont ainsi plus de chances d'avoir des députés, au détriment d'un « troisième parti », qu'il soit extrémiste ou centriste.

En vertu de ce système, le parti travailliste eut donc du mal à percer au début du XXe siècle, car il était alors le « troisième parti ». Mais lorsque cette percée fut réalisée, elle fut assez rapide, et ce fut le parti Whig qui, considéré comme centriste sur l'échiquier politique, fut écrasé entre les travaillistes d'un côté et les conservateurs de l'autre, et devint à son tour le « troisième parti ».

Le parcours du parti Whig est assez similaire à celui du parti radical français : qualifié de « libéral », prospère au XIXe siècle et considéré alors plutôt comme à gauche du spectre politique, puis rejeté de plus en plus vers le centre par l'apparition de nouveaux partis, avant de quasiment disparaître. Cette disparition presque totale de la représentation Whig au parlement, au profit du parti travailliste, eut lieu pour l'essentiel dans les années 1930.