Parti national britannique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parti national et BNP.

Parti national britannique
(en) British National Party
Image illustrative de l’article Parti national britannique
Logotype officiel.
Présentation
Président Adam Walker
Fondation
Siège PO Box 213
Wigton
Cumbria
CA7 7AL, Angleterre[1]
Fondateur John Tyndall
Journal Identity
Mouvement de jeunesse Resistance (YBNP)
Positionnement Extrême droite
Idéologie Nationalisme ethnique[2]
Fascisme britannique[3],[4],[5],[6]
Populisme de droite[7],[8]
Nationalisme blanc[9],[10],[11]
Ultranationalisme
Euroscepticisme
Affiliation européenne AEMN[12]
Adhérents 500 (estimations, 2015)[13]
3 000 (revendiqué par le parti, 2017)[14]
Couleurs Bleu, blanc, rouge
Site web bnp.org.uk
Représentation
Gouvernement local
1 / 21 871

Le Parti national britannique (en anglais : British National Party, BNP) est un parti politique nationaliste britannique d'extrême droite, créé en 1982 par John Tyndall, et dirigé par Nick Griffin de 1999 à 2014. En juillet 2014, Griffin a démissionné de son poste de président du parti et a été remplacé par Adam Walker, un ancien enseignant banni de la profession à vie[15] installé à Spennymoor.

Le parti prône notamment des mesures contre l'immigration et encourage la « remigration », c'est-à-dire le retour volontaire d'immigrés et de descendants d'immigrés vers leurs terres d'origine [16]. Le BNP milite également pour la réintroduction de la peine de mort et s'oppose au mariage homosexuel, au multiculturalisme et à ce qu'il perçoit comme étant une islamisation du Royaume-Uni.

L'idéologie du parti a été décrite comme étant fasciste ou néofasciste par des politologues et des commentateurs politiques mais le parti réfute ces qualificatifs. Initialement, seuls les « Britanniques autochtones » pouvaient adhérer au BNP mais depuis une décision de justice datée de 2010, tout le monde a la possibilité de rejoindre ce mouvement.

Une percée électorale en 2008 et 2009 a permis au BNP de décrocher plus de cinquante conseillers locaux, d'obtenir un siège au sein de l'Assemblée de Londres et de faire élire deux députés européens, Andrew Brons et Nick Griffin.

Mais après avoir échoué à obtenir un siège aux élections générales de 2010, le BNP a commencé à décliner. Certains groupes dissidents se sont formés et de nombreux électeurs se sont tournés vers l'UKIP.

En 2014, le parti a perdu ses élus européens tandis qu'en 2015, dans le cadre des élections générales, le BNP n'a pu présenter que huit candidats (soit trois cent trente-et-un de moins qu'en 2010) et n'a reçu qu'un peu plus de mille cinq-cents voix.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2005, le BNP a obtenu 0,7 % des voix, étant le huitième parti en nombre de voix.

Durant les élections de l’Assemblée galloise en 2007, il a été le cinquième parti sur le plan des voix pour les listes régionales, bien qu’il n’ait obtenu aucun siège. Aux élections locales du , le nombre de conseillers du BNP est passé de 84 à 100, le parti faisant par ailleurs élire pour la première fois (avec 5,3 % des voix), un conseiller à l'Assemblée de Londres qui en compte 25.

En 2009, le BNP est crédité de 7 à 11 % dans les sondages au niveau national, et devient la deuxième force dans les zones populaires derrière le Labour où la présence d'immigrés est forte. Aux élections européennes de 2009, il obtient pour la première fois deux députés européens avec 6,2 % des voix en Grande-Bretagne (il ne se présente pas en Irlande du Nord).

En octobre 2009, la BBC autorise un programme consacré au BNP et à Nick Griffin[17]. Le mois suivant, le BNP rallie l'Alliance européenne des mouvements nationaux qui regroupe des partis nationalistes d'Europe comme le Front national français[18].

Le 14 février 2010, lors d'une assemblée générale, le BNP lève l'interdiction de l'adhésion à des personnes non-blanches. Le premier adhérent non-blanc à recevoir sa carte est un enseignant sikh à la retraite.

Lors des élections législatives de 2010, le parti a obtenu 1,9 % des suffrages, devenant le cinquième parti du Royaume-Uni derrière l'UKIP.

Lors des élections européennes de 2014, victime de la concurrence de l'UKIP, il perd tous ses députés au parlement de Strasbourg. En octobre 2014, Griffin est exclu de son propre parti. Il est remplacé par Adam Walker.

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Très controversé, le BNP présente des idées favorables au nationalisme et à la défense des Britanniques de type caucasien.

Sous la direction de son ancien chef, John Tyndall, le BNP était ouvertement anti-juif, anti-hindou et anti-sikh ; cependant, sous la direction actuelle de Nick Griffin, diplômé en droit de Cambridge, le BNP a fixé son centre d’intérêt sur les musulmans. Le parti a dit publiquement qu'il ne considère plus comme une menace, les Juifs, dont il a un conseiller municipal, les Hindous et les Sikhs et a l'appui de certains d'entre eux. Le BNP a travaillé avec les groupes sikhs anti-musulmans. Le journal Le Monde note d'ailleurs que « les dérapages restent fréquents mais, globalement, l'image du BNP s'est améliorée » (édition du 14 mai 2009).

Selon son manifeste, le BNP « s’engage à enrayer le flux migratoire non-européen et à restaurer par des moyens légaux ainsi que par la négociation et le consentement, la composition majoritairement blanche de la population britannique qui existait en Grande-Bretagne avant 1948. ». Le BNP propose « d’encourager de manière ferme mais volontaire les immigrés et leurs descendants à retourner dans leurs pays d’origine. ».

Il prône l’abrogation de toute législation anti-discrimination et a pendant très longtemps limité l'adhésion au parti « aux groupes ethniques britanniques et indigènes provenant de la classe de Caucasien indigène » ainsi qu'aux immigrés blancs qui sont assimilés dans un de ces groupes ethniques. Cette restriction à l'adhésion a été levée le 14 février 2010.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections générales[modifier | modifier le code]

Année Candidats Voix % Mandats
1983 54 14 621 0,0
0 / 650
1987 2 563 0,0
0 / 650
1992 13 7 631 0,1
0 / 650
1997 54 35 832 0,1
0 / 659
2001 33 47 129 0,2
0 / 650
2005 117 192 746 0,7
0 / 646
2010 339 563 743 1,9
0 / 650
2015 8 1 667 0,0
0 / 650
2017 10 4 642 0,0
0 / 650

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix % Mandats Rang Groupe
1999 102 647 1,0
0 / 87
8e
2004 808 200 4,9
0 / 78
6e
2009 943 598 6,0
2 / 72
6e NI
2014 179 694 1,1
0 / 73
8e

Élections législatives galloises[modifier | modifier le code]

Année Voix % Mandats
2007 42 197 4,3
0 / 60
2011 22 610 2,4
0 / 60

Élections législatives nord-irlandaises[modifier | modifier le code]

Année Voix % Mandats
2011 1 252 0,2
0 / 108

Élections parlementaires écossaises[modifier | modifier le code]

Année Voix % Mandats
2007 24 616 1,2
0 / 129
2011 15 580 0,8
0 / 129

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://search.electoralcommission.org.uk/English/Registrations/PP3960
  2. Goodwin 2011, p. 7.
  3. David Renton, « 'A day to make history'? The 2004 elections and the British National Party », Patterns of Prejudice, vol. 1, no 39,‎ , p. 25 (DOI 10.1080/00313220500045170)
  4. (en) Nigel Copsey, « Changing course or changing clothes? Reflections on the ideological evolution of the British National Party 1999–2006 », Patterns of Prejudice, vol. 41, no 1,‎ , p. 61–82 (DOI 10.1080/00313220601118777, lire en ligne)
  5. Copsey 2004
  6. C Wood et W. M. L. Finlay, « British National Party representations of Muslims in the month after the London bombings: Homogeneity, threat, and the conspiracy tradition », British Journal of Social Psychology, vol. 47, no 4,‎ , p. 707–26 (PMID 18070375, DOI 10.1348/014466607X264103)
  7. M. Golder, « Explaining Variation in the Success of Extreme Right Parties in Western Europe », Comparative Political Studies, vol. 36, no 4,‎ , p. 432 (DOI 10.1177/0010414003251176)
  8. Jocelyn A. J. Evans, « The dynamics of social change in radical right-wing populist party support », Comparative European Politics, vol. 3, no 1,‎ , p. 76–101 (DOI 10.1057/palgrave.cep.6110050)
  9. Alastair Bonnett, « How the British Working Class Became White: The Symbolic (Re)formation of Racialized Capitalism », Journal of Historical Sociology, vol. 11, no 3,‎ , p. 316 (DOI 10.1111/1467-6443.00066)
  10. Les Back, Michael Keith, Azra Khan, Kalbir Shukra et John Solomos, « New Labour's White Heart: Politics, Multiculturalism and the Return of Assimilation », The Political Quarterly, vol. 73, no 4,‎ , p. 445 (DOI 10.1111/1467-923X.00499)
  11. Phyllis B. Gerstenfeld, Diana R. Grant et Chau-Pu Chiang, « Hate Online: A Content Analysis of Extremist Internet Sites », Analyses of Social Issues and Public Policy, vol. 3,‎ , p. 29 (DOI 10.1111/j.1530-2415.2003.00013.x)
  12. Goodwin 2011, p. 88.
  13. (en) « General Election 2015: The BNP has almost vanished from British politics », sur Independent (consulté le 31 juillet 2015)
  14. Ian Cobain, « Britain's far right in 2016: fractured, unpredictable, dispirited ... and violent », The Guardian,‎ (lire en ligne[archive du ])
  15. (en) « Teacher banned for life appointed to replace Nick Griffin as BNP leader », sur The Guardian (consulté le 31 juillet 2015)
  16. (en) « Democracy, Freedom, Culture ans Identity », sur Archive (consulté le 31 juillet 2015)
  17. Après des années de refus, la BBC ouvre une émission politique au xénophobe British National Party - Le Monde, 9 septembre 2009
  18. (en) BNP in alliance with nationalists - BBC News, 12 novembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur la mutation populiste opérée par le BNP, cf. Dominique Reynié, Populismes : la pente fatale, Paris, Plon, 2011, 280 pages.

Lien externe[modifier | modifier le code]