Walter Gieseking

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Walter Gieseking
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Walter Gieseking en 1949.

Naissance
Lyon
Décès (à 60 ans)
Londres
Activité principale pianiste
Activités annexes compositeur, professeur de musique, professeur d'université, lépidoptériste
Années d'activité 1910 à 1955
Maîtres Karl Leimer
Élèves André Boucourechliev,

Répertoire

Piano français (Debussy, Ravel...), répertoire classique (Bach, Beethoven...), musique moderne (Paul Hindemith, Arnold Schönberg...)

Walter Gieseking (né le à Lyon et mort le à Londres) est un pianiste et compositeur franco-allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

En suivant son père médecin, entomologiste, flûtiste et pianiste, Walter Gieseking vit toute son enfance dans le Sud de la France, puis en Italie. Durant ce temps, il étudie le piano en autodidacte[1], sans enseignement académique jusqu'à seize ans. Dès ses quatre ans à Naples, il joue du piano, mais aussi la flûte et le violon, mais ne fréquente pas l'école[2]. En 1911, il déménage pour l’Allemagne, patrie de son père et suit des cours jusqu'en 1916 au Conservatoire de Hanovre avec Karl Leimer. Ce dernier « était un partisan du travail mental : il fallait que l'élève apprenne par cœur l'œuvre qu'il devait jouer[1]. »

En 1912, Gieseking fait ses débuts dans cette même ville et donne en 1915, l’intégrale des sonates de Beethoven[2]. Cependant, au milieu de la Grande Guerre, Gieseking est appelé dans les rangs de l’armée allemande. Il arrive à fuir les combats en jouant dans l’orchestre du régiment[3]. Après la guerre, il reprend sa carrière et défend âprement les compositeurs français tels que Debussy et Ravel, qu’il joue beaucoup en concert. Il se fait aussi plus largement l’avocat de la musique de son temps, incarnée par Schönberg, Busoni, Hindemith, Szymanowski, mais aussi Pfitzner, dont il crée le Concerto pour piano en 1923, œuvre que le compositeur lui a dédié[2].

Les années 1920 sont l’occasion de tournées dans le monde entier : 1923 voit les débuts du jeune homme en Grande-Bretagne, suivis par une série de concerts aux États-Unis en 1926 au Aeolian Hall[4], puis à Paris en 1928. Les critiques sont très bonnes et il triomphe notamment avec le second Concerto en ut mineur de Serge Rachmaninoff qu'il joue dans le monde entier[2].

Dans les années 1930, le pianiste continue ses tournées autour du monde, notamment en Europe et en Amérique. Mais 1939 marque l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Alors que Gieseking se trouve en Amérique, il décide de rentrer en Allemagne et d’y jouer malgré la dictature, notamment avec Mengelberg et Furtwängler[2]. Il lui arrive même de donner des concerts dans la France occupée. Cette attitude — et surtout sa maladresse au concours Eugène Ysaÿe en 1938, lorsqu'il a exprimé publiquement son admiration pour le führer devant Arthur Rubinstein, Ignaz Friedman et quelques autres pianistes[5] — lui vaut de nombreuses critiques à l'issue du conflit et il est accusé d’avoir collaboré avec les nazis. En 1949, il est même contraint d’annuler un concert au Carnegie Hall à cause de manifestations de protestation[4]. Et même si un tribunal des Forces Alliées le disculpe, il n’est pas le bienvenu en Amérique jusqu’à un récital à Carnegie Hall en avril 1953.

En 1947, il est nommé professeur à Sarrebruck[3], alors qu'il avait formé un trio, à l'initiative de Wolfgang Fortner, avec Gerhard Taschner et le violoncelliste Ludwig Hoelscher dès l'année précédente[2].

Malgré un sévère accident de bus en 1955, dans lequel sa femme trouve la mort, il repart en tournée en Amérique. De retour à Londres, où il enregistre la Sonate n° 15 de Beethoven, il décède avant d’enregistrer le quatrième mouvement.

Parmi ses élèves : André Boucourechliev, Hans Otte et Jean-Charles Richard.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Le répertoire de Gieseking est vaste et comprend des œuvres de Bach, Mozart et Beethoven aussi bien que des morceaux de Ravel, Debussy et Hindemith. Il a enregistré une intégrale des œuvres pour piano de Mozart et projetait peu avant sa mort d’enregistrer l’intégrale des sonates de Beethoven. Le pianiste est reconnu pour ses intégrales au disque des œuvres pour piano de Debussy et de Ravel qui sont considérées comme des références[2]. Ainsi Émile Vuillermoz (critique musical et ancien condisciple de Ravel au Conservatoire), ayant fréquenté Debussy « disait à qui voulait l'entendre que Gieseking, de tous les pianistes était celui dont le jeu lui rappelait le plus celui du compositeur[6] ». Son sens de la nuance, de la couleur et sa science de l’utilisation de la pédale, lui permettent d’approcher cette musique avec grand succès. Gieseking joue aussi les pièces des compositeurs de son temps, qui, pour certaines, lui sont dédiées tel Francis Poulenc qui lui dédie l’Humoresque (1934) et Hans Pfitzner son Concerto pour piano (1922).

Créations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Compositions[modifier | modifier le code]

En tant que compositeur, Walter Gieseking laisse des pièces pour piano, des mélodies et de la musique de chambre.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Klavierspiel nach Leimer-Gieseking, avec Karl Leimer (1931)
    • Le jeu moderne du piano d'après Leimer-Gieseking, traduit de l'allemand par O. Cara (Eschig 1932) (OCLC 30001300)
  • Modernes Klavierspiel : Mit Ergänzung: Rhythmik, Dynamik, Pedal [« Rythmique, dynamique, pédales et autres problèmes de jeu au piano »] avec Karl Leimer (Schott Music 1938) (OCLC 960164901).
  • Comment je suis devenu pianiste (Paris, Fayard/Van de Velde, coll. « Maîtres de musique » 1991 (OCLC 977867719)), traduction de l'allemand par Nicole Casanova de So wurde ich Pianist paru en chez F. A. Brockhaus en 1963 (OCLC 922857298).

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Debussy, Children's Corner, Suite Bergamasque, I.M.E. Pathé Marconi (Coll. Plaisir Musical). Présentation des oeuvres par Emile Vuillermoz.
  • Claude Debussy, Etudes : Premier livre; Deuxième livre, E.M.I. Pathé Marconi. Présentation des oeuvres par Emile Vuillermoz.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lompech 2012, p. 92.
  2. a, b, c, d, e, f et g Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », , 4e éd., 1278 p. (ISBN 2221080645, OCLC 901287624), p. 334.
  3. a et b André Lischke, Anne et Milena Penesco, « Gieseking, Walter » dans : Marc Vignal, Dictionnaire de la musique, Paris, Larousse, 2005, 1516 p. (ISBN 2-03-505545-8, OCLC 896013420, lire en ligne), p. 409.
  4. a et b Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky), Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker's Biographical Dictionary of Musicians »], t. 1 : A-G, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1978), 8e éd. (1re éd. 1900), 4728 p. (ISBN 2-221-06787-8), p. 1452
  5. Lompech 2012, p. 94.
  6. Lompech 2012, p. 91.

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Liens externes[modifier | modifier le code]