Village de l'an Mil de Melrand

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Village de l'an Mil
Image dans Infobox.
Une maison du village..
Informations générales
Type
Ouverture
Dirigeant
Maud Le Clainche
Surface
10 ha. environ
Visiteurs par an
10 000 environ
Site web
Collections
Collections
Déposées au dépôt de fouilles de VANNES (56) - Archives au bâtiment d'accueil du Village
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Lann Gouh
Coordonnées
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Le village de l'an Mil est un site archéologique et un archéosite dans lequel un village-musée reconstitue l'habitat du XIe siècle. Il est situé à Lann Gouh en Melrand dans le Morbihan.

Description[modifier | modifier le code]

Site archéologique[modifier | modifier le code]

Le site archéologique occupe une surface d'approximativement 1,5 ha, sur un plateau culminant à 112 mètres d'altitude. Il s'agit d'un village médiéval déserté de dix-sept bâtiments.

Les ruines, bien visibles et parfaitement conservées, ne présentent cependant que les murs des maisons, les foyers et les sols, délimitant des espaces de circulation ou des cours privatives. Les maisons font au maximum 11 mètres de long pour 6 mètres de large. Les murs avaient une hauteur moyenne de 80 centimètres pour une largeur de 60 centimètres. En granite gris local, ils étaient très bien construits, un parement intérieur et un parement extérieur enserrant un blocage interne de tout venant[1]. Quant aux superstructures des bâtiments (charpente, couverture de chaume, aménagements hauts...), leurs restes ont disparu au cours des siècles, l'acidité des sols bretons permettant rarement la conservation des éléments organiques.

Une porte des morts.

Au centre des maisons, se trouve le foyer, qui se présente sous la forme de blocs de granite dessinant un cercle, un rectangle ou un carré. Les sols des maisons sont en très légère pente. Ce sont donc des maisons mixtes, humains hébergés en partie haute quand les animaux sont en partie basse. Cette configuration permet à la chaleur des animaux de réchauffer les humains et d'éviter aux habitants de patauger dans les déjections. Deux portes sont lisibles dans ces maisons, au milieu des murs gouttereaux. L'une d'elles est systématiquement rebouchée et doit correspondre à ce que l'on appelle la « porte des morts ». Des récits récents[2] rapportent en effet l'existence de tels dispositifs encore assez récemment. Les vivants ne devant jamais emprunter la même porte qu'un mort, cette porte n'était démontée qu'à l'occasion d'un décès pour sortir le malheureux sans que les vivants n'aient à en souffrir. À l'intérieur des bâtiments, une couche d'arène granitique restitue la surface du sol afin de bien la différencier de l'extérieur des maisons.

Les sols, fruits d'un raclage préalable avant installation, n'étaient pas construits au sens strict du terme. Il y avait là un souci d'assainissement avant occupation des lieux. Ce n'est qu'ensuite, au fur et à mesure des passages des habitants et des animaux hébergés sous le même toit, que l'accumulation d'éléments a permis à un véritable sol de se former. Il a bien été retrouvé et analysé[3]. Il se différencie ainsi des sols en terre battue [4]. Les habitants ayant déménagé, très peu d'objets de leur vie quotidienne ont été retrouvés.

Les restes d'un four à pain commun, voûte effondrée en un cercle d'environ 3 m de diamètre en granite surmonté d'un amas de terre, sont encore visibles. Cette voûte était en torchis, mélange de terre très argileuse et de végétaux broyés[réf. nécessaire]. À côté du four, se présente un abri à bois, dont le sol en hérisson de galets de rivière permettait d'isoler le bois posé au sol de l'humidité. Ce bois était ensuite jeté dans le four afin d'alimenter sa chauffe. La gueule du four, déterminée par l'amas de cendre tombée à son aplomb, était orientée au Nord, évitant ainsi les vents dominants d'Ouest.

L'ensemble de ces fragiles vestiges est entretenu. La végétation y est rasée afin d'éviter une prolifération d'arbres destructeurs. Le cheminement du visiteur emprunte une voie de communication Sud-Nord qui l'était déjà au moment de l'occupation du site[réf. nécessaire]. Afin de la protéger, elle a été recouverte d'arène granitique locale.

Ferme archéologique[modifier | modifier le code]

À proximité des vestiges, une ferme archéologique expérimentale occupe une dizaine d'hectares, présentant au public la vie d'une ferme médiévale[5]. Cet ensemble regroupe un jardin, des bâtiments et un espace expérimental. Le jardin présente des plantes (médicinales, tinctoriales, potagères) cultivées ou récoltées au Moyen Âge. Elles sont plantées dans une zone dont on pense qu'elle a très certainement été valorisée par les habitants du village, à proximité immédiate des habitations. En revanche, il est certain que chaque famille ne cultivait pas immédiatement à côté de sa demeure car les terrains sont très peu profonds et impropres à la culture aux abords des maisons[réf. nécessaire]. Le jardin est cultivé sans produits phytosanitaires, dans les mêmes conditions qu'à l'époque médiévale. Les rendements, les accidents liés aux animaux sauvages, l'évolution des vivaces sont ainsi suivis d'année en année.

Historique[modifier | modifier le code]

Le village, particulièrement bien conservé, est occupé entre le Xe siècle et le XIVe siècle[5]. Certaines études permettent toutefois de faire remonter l'occupation du site au VIIIe siècle[6].

Le site est redécouvert en 1902[7] et fait l'objet de campagnes de fouilles de 1977 à 1992. Le matériel archéologique découvert au cours de celles-ci se résume à un millier de pièces, principalement des tessons de poterie. Il faut cependant noter la présence de fragments de galettières en terre cuite, de pichets, de pots et de plats à cuire, d'un fragment de lame de couteau, de plusieurs meules manuelles (dormantes et tournantes), de pierres à aiguiser[8]...

L'espace muséal ouvre en 1985[7]. C'est à cette époque que commencent les campagnes de reconstitution de l'habitat, qui continuent et se diversifient. Des programmes d'expérimentation archéologique sur différents thèmes viennent alimenter les connaissances permises par les reconstitutions de bâtiments (grenier sur pilotis, maisons, abri à bois, four à pain, poulailler, bergerie... ). Une aire à battre a été construite à la fin des années 90[réf. nécessaire]. Elle a permis de tester le battage au fléau et de mesurer la dispersion des pollens autour de la structure. Cette expérience vise à comprendre à quelle distance d'un espace de battage les archéologues peuvent espérer retrouver des pollens et en quelles quantités.

Une zone a été dédiée au travail du métal : fouée, forge fixe au sol et bas fourneau reconstitués et utilisés ont donné aux expérimentateurs la possibilité d'étudier le travail des métallurgistes au Moyen-Age.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ferme archéologique de Melrand, Bilan d'activité 1988 - 1991
  2. Témoignages oraux d'habitants de Lanvaudan.[réf. nécessaire]
  3. Anne Gebhardt, Rapport d'étude sédimentologique, Avril 1989
  4. Daniel Le Couëdic et Jean-René Trochet, Bretagne, L'architecture rurale française, Corpus des genres, des types et des variantes, Musée national des arts et traditions populaires, Berger-Levrault, éditeur, 1985
  5. a et b Notice no IA56000807, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  6. Datation par thermoluminescence d'un ensemble de fragments de terre brûlée provenant du "Village de l'an mil" à MELRAND (56 310)[réf. nécessaire]
  7. a et b « Présentation », sur le site officiel (consulté le 2 mars 2015)
  8. Inventaire général du matériel disponible sur demande

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ferme archéologique de Melrand. Bulletin n°1, , UBAPAR Edition, SOFAG Imprimerie, Le Faou
  • Georges Bernage (dir.), La vie quotidienne au XIe siècle, Éditions Heimdal, , 978-2840482802, 128 pages.