Victorine Meurent

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Victorine Meurent
Le jour des rameaux.jpg

Le jour des rameaux (vers 1880) : un des deux tableaux de Meurent qui nous soient parvenus (musée municipal d'art et d'histoire de Colombes)

Naissance
Décès
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ColombesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Victorine Louise Meurent, parfois écrit Meurend, Meurant ou Meurand, ( - ) est un modèle français, plus tard devenue elle-même artiste peintre. Elle est particulièrement célèbre pour avoir été le modèle le plus fréquemment utilisé par le peintre Édouard Manet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de seize ans, Victorine Meurent s'inscrit comme modèle dans l'atelier-école du peintre Thomas Couture[1].

C'est peut-être là qu'elle rencontre Édouard Manet, ancien élève de Couture - mais il est également possible que la rencontre ait eu lieu par l'intermédiaire d'un autre peintre, Alfred Stevens. De fait, c'est dans l'atelier de Stevens, que ce dernier mit généreusement à la disposition de Manet que ce dernier commence à peindre Mademoiselle V. en costume d'espada, première toile pour laquelle Victorine pose pour lui et où le peintre sait opportunément profiter des décors et costumes d'une troupe de théâtre madrilène de passage à Paris qui les avait entreposés là. Stevens lui-même, dont elle est très proche, la fait travailler : on la reconnaît aisément en particulier dans deux versions du Sphinx parisien du peintre belge installé à Paris, la première datée de 1867 et la seconde, peinte selon une note de la main de l'artiste à l'envers de la toile pendant le siège de Paris, en 1870[1]. Elle pose également pour Edgar Degas.

Victorine Meurent, c. 1865, album de portraits appartenant à Édouard Manet (BNF, France).

Mais l'image du modèle reste aujourd'hui étroitement associée à l'œuvre de Manet, pour qui elle aura posé de 1862 à 1873. On la voit notamment dans La Chanteuse des rues[2] ou Mademoiselle V. en costume d'espada, La Jeune Fille en rose (également intitulée La Femme au perroquet) ou La Joueuse de guitare, peint en 1866-1867. Les deux tableaux les plus célèbres la font apparaître nue : Le Déjeuner sur l'herbe (1863), où elle est dépeinte assise et entièrement dévêtue, puis Olympia, un nu qui montre son corps maigre qui lui vaut le surnom de « crevette »[1].

À la fin des années 1860 ou au début des années 1870, sans doute juste après le siège de Paris, fin 1870 ou début 1871, la jeune fille entreprend un mystérieux voyage en Amérique, consigné dans la seule lettre de sa main qui nous soit parvenue et conservée à la Pierpont Morgan Library à New York, voyage souvent mentionné par ses contemporains (Adolphe Tabarant en particulier)[1].

Victorine Meurent commence alors à peindre : à partir de 1875, elle prend des cours à l'académie Julian et avec le peintre Étienne Leroy[2]. Elle rencontre alors un certain succès : ses toiles sont reçues à plusieurs reprises au Salon. Elle 1876, année où Manet est refusé au Salon, elle présente un autoportrait (aujourd'hui disparu) et, en 1879, Une bourgeoise de Nuremberg au XVIe siècle (toile également disparue), accrochée dans la même salle que Manet, la salle des M, qui montre quant à lui Dans la serre. Elle expose encore en 1895 et 1904 - elle aura finalement participé à six Salons différents[2]. Artiste reconnue, elle intègre en 1903 la Société des artistes français. Durant ces années, elle pose encore - non plus pour Manet, de qui elle s'est éloignée, mais pour Norbert Goeneutte[1].

L'année suivante, Émile Blavet, dit que, disant agréablement la chansonnette, elle a passé sa vie entre le théâtre et les artistes, elle est à présent peintre, spécialisée dans les portraits d'animaux de compagnie (Blavet 1884). En 1907, l'année où Olympia entrait au Louvre (au musée du jeu de paume) et Le Déjeuner sur l'herbe au musée des art décoratifs, c'est à Colombes que Victorine s'installait, avec son amie Marie Dufour, dans un modeste pavillon où elle continua à peindre et à donner des leçons de guitare[2],.

Seules deux toiles ont aujourd'hui été identifiées comme de V. Meurent : Le Jour des Rameaux et Le Briquet. Ces deux toiles sont aujourd'hui conservées dans les collections du musée municipal d'art et d'histoire Colombes (Hauts-de-Seine).

Historiographie et apparition dans la fiction[modifier | modifier le code]

En 1906, l'écrivain irlandais George Moore fait de Meurent un personnage de son autobiographie semi-fictionnelle Memoirs of My Dead Life (1906), où elle apparaît comme une femme entre-deux-âges vivant une relation lesbienne avec une courtisane célèbre.

L'intérêt pour Victorine Meurent a été renouvelé à la fin du XXe siècle et surtout au début des années 2000. Une thèse lui est consacrée dès 1986, permettant de mettre à jour les principales sources sur sa vie et son œuvre[3].

Le fait qu'il s'agisse d'une femme homosexuelle a nourri l'intérêt, en particulier aux États-Unis, pour son parcours, bien que son travail de peintre n'ait pas marqué l'histoire de l'art. Elle apparaît ainsi dans de nombreuses fictions des années 1990 et surtout 2000 : Alias Olympia: A Woman's Search for Manet's Notorious Model and Her Own Desire, de Eunice Lipton (1992), Mademoiselle Victorine: a Novel (2007) de Debra Finerman, A Woman With No Clothes On (2008) de V. R. Main, Sacré Bleu de Christopher Moore (2012), etc.

En France, Emmanuel Laurent publie son journal imaginaire, accompagné d'une biographie, Mademoiselle V. Journal d'une insouciante, en 2003. Cette publication est l'occasion de rechercher les tableaux de Victorine Meurent, et d'en trouver deux au musée de Colombes.

Victorine Meurent est aussi un personnage du film Intimate Lives: The Women of Manet ou Manet in Love (1998), où elle est jouée par Shelley Phillips.

Illustrations : Victorine Meurent comme modèle[modifier | modifier le code]

Victorine Meurent dans l'œuvre de Manet[modifier | modifier le code]

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Victorine Meurent dans l'œuvre d'Alfred Stevens[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Margaret Seibert, A biography of Victorine-Louise Meurent and her role in the art of Edouard Manet, thèse d'histoire de l'art, Ohio State University, 1986, 451 p.
  • Emmanuel Laurent, Mademoiselle V. Journal d'une insouciante, éditions de La Différence, 2003 (journal (imaginaire) de Victorine Meurent, suivi d'une biographie critique)
  • Émile Blavet, « Les modèles femmes », La Vie parisienne,‎ , p. 119-124 p. 122.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Emmanuel Laurent, Mademoiselle V. Journal d'une insouciante, éditions de La Différence, 2003
  2. a, b, c et d Claude J. Summers, The Queer Encyclopedia of the Visual Arts, Cleis Press, 2004
  3. Margaret Seibert, A biography of Victorine-Louise Meurent and her role in the art of Edouard Manet, thèse d'histoire de l'art, Ohio State University, 1986, 451 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]