Veljo Tormis

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Veljo Tormis
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Veljo Tormis en 2004.

Naissance
Vigala (Drapeau de l'Estonie Estonie)
Décès (à 86 ans)
Activité principale compositeur
Style musique contemporaine
chant choral, inspiration folklorique
Années d'activité 1955-2000
Formation Conservatoire de Tallinn
Conservatoire de Moscou

Veljo Tormis (né à Vigala le et mort le [1]) est un compositeur estonien considéré comme l'un des plus grands maîtres du chant choral actuel et comme l'un des plus importants en Estonie au XXe siècle[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

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Tormis a accès à une expérience de première qualité avec le chant choral dès son plus jeune âge. Son père était chef de chœur, organiste et professeur de musique. La joie du contraste des timbres donné par les jeux d'orgues peut également être mise en relation avec son orchestration des textures d'une chorale, une marque de son style arrivé à maturité[2].

Tormis commence son éducation musicale officielle en 1943 à l'école de musique de Tallinn, mais l'arrête à cause de la Seconde Guerre mondiale et parce qu'il était malade. En 1949, il entre au Conservatoire de Tallinn et continue ses études au Conservatoire de Moscou (1951-1956). Il acquiert rapidement une position de professeur à l'école de musique de Tallinn (1955-60) et au lycée musical de Tallinn (1962-66) mais à partir de 1969 il subvient de lui-même à ses besoins exclusivement en tant que compositeur indépendant.

À partir de ce moment jusqu'à ce qu'il arrête de composer en 2000 pour prendre sa retraite, Tormis compose plus de 500 chants choraux distincts, ainsi que des pièces instrumentales et vocales, des musiques de films, et un opéra. Malgré la censure de plusieurs de ses travaux les plus politiquement provocateurs (référence nécessaire) à la fin de la période 1970-1980, il reste un compositeur particulièrement joué dans toute l'ex-Union soviétique et l'Europe de l'Est. Ses travaux commencent à obtenir une vaste reconnaissance aux États-Unis (un pays qui avait traditionnellement peu conscience de la prééminence du chant choral dans la région de la Baltique).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son succès international est dû principalement à son corpus important de musique pour chœur, qui contient plus de 500 chants choraux, la plupart étant a cappella. La vaste majorité de ces pièces est fondée sur d'anciens chants traditionnels nordiques (les regilaulud estoniens, le Kalevala finlandais, la tradition lituanienne), soit par le texte, par la mélodie ou simplement par le style.

Ses compositions sont souvent exécutées hors de l'Estonie. Raua needmine (malédiction sur le fer - 1972), mélange d'anciennes traditions chamanistes finnoises avec des références modernes, pour dénoncer le détournement du fer naturel en intrument de guerre et de destruction. Cette œuvre fut créée à Tartu le 6 mai 1973, par le chœur de l'orchestre de chambre de Tallinn sous la direction d'Arvo Ratassepp. En 1987, une version filmée est créée par la Télévision Tchécoslovaque sous la direction de Tonu Kaljuste (tournée à Tabor en Bohême). L'œuvre de Veljo Tormis fut jouée aussi bien à l'Ouest (Finlande, États-Unis) que dans le Bloc soviétique (Hongrie, Russie, Tchécoslovaquie)[3].

Plus récemment, les travaux de Veljo Tormis ont été célébrés par des représentations dans le monde entier et par plusieurs enregistrements de Tõnu Kaljuste et du Chœur de chambre philharmonique estonien. Dans les années 1990, d'éminentes chorales a cappella de l'Ouest ont commencé à faire des commandes à Veljo Tormis, telles que les King's Singers et l'Hilliard Ensemble.

Veljo Tormis a notoirement dit de ses arrangements de mélodies et textes traditionnels : « Ce n'est pas moi qui utilise la musique folklorique, c'est la musique folklorique qui m'utilise[2],[4]. » Son travail montre qu'il est convaincu que la musique traditionnelle estonienne et balto-finnoise représente un trésor qui doit être sauvegardé et nourri, et que la culture doit rester vivante au travers du chant[2] : « ma musique c'est ni folklorique, ni de la world music. Il s'agit plutôt de préserver l'authenticité du matériel qui en est à la source, tout en réalisant un compromis avec les formes et les grilles d'aujourd'hui. En d'autre termes, de la musique chorale classique[5]. »

Controverse politique[modifier | modifier le code]

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Certains commentateurs ont tenté de récupérer Veljo Tormis dans des controverses politiques. Cependant, ces tentatives ne sont ni référencées ni argumentées. L'Europe de l'Est et les Balkans sont sujets à des polémiques extrêmement vives entre les minorités ethniques et nationales. Par exemple, l'Estonie connait l'opposition séculaire entre la majorité de souche "balte" et la minorité "russophone" (25% de la population). En s'appuyant sur des faits historiques parcellaires, chaque camp s'accusera ou de complicité avec les "nazis" ou de complicité avec les "soviétiques". Ces accusations récurrentes (et pas seulement en Estonie) doivent conduire l'observateur occidental à une certaine prudence vis-à-vis de chaque camp.

Il en ressort que de nombreuses œuvres artistiques d'Europe de l'Est nous sont parvenues dans un emballage partisan, de l'un ou l'autre camp. Quelles que soient les opinions politiques de chacun, il importe de restituer une œuvre artistique dans sa vérité factuelle. Et ceci afin de ne pas trahir la démarche authentique de chaque artiste. Par exemple, l'approche folklorique chez Veljo Tormis semble nettement plus tournée vers l'universel que vers le rejet du voisin.

Le texte poétique de "Raua Needmine" mélange le folklore finnois ancien avec des paroles modernes. Ainsi, l'œuvre dénonce la façon dont les "anciens" détournaient le minerais de fer de la nature, pour en faire un outil de haine et de guerre. Et la façon dont les "modernes" détournent le progrès technologique pour construire des armes de destruction massive.

Pièces (sélection)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Œuvres de Veljo Tormis.
  • Kihnu pulmalaulud (Chansons de mariage de l'île Kihnu), 1959
  • Sügismaastikud (Paysages d'automne), 1964
  • Eesti kalendrilaulud (Chansons du calendrier estonien), 1966-67
  • Maarjamaa ballaad (Balade de la terre de Marie), 1967
  • Raua needmine (Le fer maudit), 1972
  • Kust tunnen kodu (Comment puis-je reconnaître ma patrie ?), 1973
  • Haned kadunud (Les oies perdues), 1974
  • Pikse litaania (Litanie au tonnerre), 1974
  • Eesti ballaadid (Balades estoniennes), 1980
  • Laulusild (Le pont d'une chanson), 1981
  • Varjele, Jumalan soasta (Dieu, protège-nous de la guerre), 1984
  • Unustatud rahvad (Les peuples oubliés), 1970-89
  • Piispa ja pakana (L'évêque et le païen), 1992

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Veljo Tormis » (voir la liste des auteurs).

  1. Disparition du compositeur estonien Veljo Tormis francemusique.fr 23 janvier 2017
  2. a, b, c et d Mimi Daitz, Ancient Song Recovered: The Life and Music of Velho Tormis. Hillsdale, NY: Pendragon Press, 2004 (ISBN 1-57647-009-1).Les premiers écrits et les seuls qui soient majeurs de Tormis en anglais (en 2006). Ils contiennent des discussions à propos de beaucoup de compositions de Tormis, l'historique de l'Estonie et des regilaul (la chanson runique balto-finnoise sur laquelle beaucoup de musiques de Tormis sont fondées), des traductions de plusieurs articles et entrevues importantes, des analyses de travaux choraux majeurs et représentatifs, et une information biographique copieuse. Y sont également inclus un glossaire, une discographie annotée, une bibliographie, une liste alphabétique complète de ses travaux (que l'on trouve nulle part ailleurs en anglais), et un CD avec plusieurs exemples musicaux pertinents.
  3. cf. Préface de l'édition musicale de "Raua Needmine" chez Fennica Gehrman (Helsinki) ISMN 979-0-55009-097-2
  4. (en) Jonathan D. Kremer, « Chostakovitch, Symphonie no 10, Tormis, Ouverture no 2 (Paavo Järvi, Orchestre de Cincinnati) », CD-80702, p. 4-5, Telarc, 2008.
  5. Cité par Thierry Clermont, Répertoire no 97, novembre 1996, lors de la critique du disque intitulé Casting a spell… chez Virgin Classics 5 45185-2 dirigé par Tõnu Kaljuste.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]