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Unification de l'Arabie saoudite

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Unification de l'Arabie saoudite
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de l'Arabie saoudite moderne.
Informations générales
Date 1902-1932
Lieu Arabie, Irak, Transjordanie et Koweït
Issue Fin de la dynastie Al Rachid et du Royaume du Hedjaz
Fin de l'emprise ottomane sur la péninsule arabique en 1920
Établissement de l'Arabie saoudite en 1932
Belligérants
Royaume du Hedjaz Sultanat de Nejd Empire ottoman
Émirat de Haïl
Commandants
Hussein ben Ali
Ali ben Hussein
Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud Drapeau de l'Empire ottoman Fahreddin Pacha
Abdelaziz ben Moutaïb Al Rachid
Forces en présence
38 000 hommes 77 000 hommes 23 000 hommes
Pertes

8 000 tués au total

L'unification de l'Arabie saoudite est la période durant laquelle Ibn Séoud a conquis une grande partie des tribus et émirats de la péninsule arabique entre 1902 et 1932. À cette date est proclamé le royaume d'Arabie saoudite, quatrième incarnation, après l'émirat du Nedjd et du Hassa, le sultanat du Nedjd et le royaume du Nejd et du Hedjaz, du troisième État saoudien, l'émirat de Dariya et l'émirat du Nejd ayant été respectivement le premier et le deuxième État.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le fondateur du troisième État saoudien le roi Ibn Saoud rencontre le président américain Roosevelt au milieu du canal de Suez, à bord de le croiseur USS Quincy revenant de la Conférence de Yalta le 14 février 1945 (« pacte du Quincy »)

Les Al Saoud étaient en exil au Koweït depuis 1893 à la suite de la chute de l'émirat du Nejd et la montée de l'émirat de Haïl de la dynastie Al Rachid.

Conquêtes saoudiennes[modifier | modifier le code]

Au XVIIIème siècle, la tribu de bédouins, les Saoud, s’allie à la secte des wahhabites et se révolte contre l’Empire ottoman. Les Saoud parviennent à créer un royaume au Hedjaz, la région de la péninsule arabique comprenant les villes saintes de l’islam Médine et La Mecque. Mais les Saoud sont bientôt réprimés par les Ottomans.

Au début du XIXème siècle, un survivant de la tribu des Saoud lève une nouvelle révolte. Cependant sa famille s’entre-déchire et perd à nouveau.

En définitive, au XXème siècle, les Britanniques misent sur les Saoud pour renverser l’Empire ottoman et exploiter le pétrole de la péninsule arabique. Le projet du Foreign Office était que les Saoud et les wahhabites soient détestés par leurs serfs et incapables de s'entendre avec leurs voisins. Compte tenu de la disproportion des forces militaires entre leurs sabres et les armes modernes britanniques, cette famille ne pourrait jamais se rebeller contre ses maîtres occidentaux. Avec l’aide l’agent secret Lawrence d’Arabie, ils fondent le royaume actuel, le troisième de la tribu. En 1902, les Saoud reprennent Riyad, l'ancienne capitale de la dynastie. Le Nejd, Al-Hassa, l'Asir et le Hedjaz tomberont progressivement sous leur contrôle entre 1913 et 1926. Par le traité de Sèvres en 1920, ratifié après la fin de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman est dépossédé de ses territoires arabes (Syrie, Palestine, Liban, Irak, Arabie). Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (dit Ibn Séoud) se proclame sultan du Nejd en 1921, résultant de la transformation de l'émirat du Nedjd et du Hassa.

L'Ikwan, l’armée de Ibn Séoud

En , les Hachémites du chérif Hussein sont défaits par les partisans d'Ibn Séoud, à la bataille de La Mecque. Le , Ibn Séoud entre à La Mecque vêtu en pèlerin (sans revendiquer, contrairement à Hussein, le titre de calife ; le titre de gardien des deux sanctuaires pris par les souverains saoudiens ne remonte qu'aux années 1980). La conquête du Hedjaz s'achève en 1925 avec la prise de Médine et de Djeddah.

Le , les Al Saoud et les Britanniques signent le traité de Hadda, destiné à délimiter les frontières entre le domaine des Saoud et la toute nouvelle Transjordanie, protectorat du Royaume-Uni instauré par la Société des Nations.

La dernière grande conquête a lieu en 1926 avec la prise de l'Asir, du Jizan et du Najran, régions historiquement yéménites et plus tard annexées par la dynastie saoudienne. Le royaume du Nejd et du Hedjaz, fusion des deux États, est établi en 1927, remplaçant le sultanat de Nedjd, avant de prendre le nom de royaume d'Arabie saoudite moderne avec les annexions d'Al-Hassa et de Qatif en 1932.

Conséquences et conflit avec le Yémen[modifier | modifier le code]

L'unification de la péninsule arabique mène à une brève guerre en 1934 entre le royaume du Yémen et l'Arabie saoudite à propos de la province d'Asir.

Le roi yéménite Yahya Muhammad Hamid ed-Din voit en effet l'instauration de l'Arabie saoudite comme une menace pour son pays. Le conflit provoque au total la mort de 2 100 soldats et civils, les deux camps confondus. Le bilan est officiel, le nombre de morts étant certainement sous-évalué.

La ville de Najran, prise en 1926 au Yémen, est annexée en 1934 par les Saoud.

Conséquences de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis profitèrent de l’affaiblissement des Britanniques. Le président Franklin Roosevelt conclut avec le fondateur du royaume le pacte du Quincy. Les États-Unis s’engageaient à protéger la famille des Saoud en échange de leurs hydrocarbures. Les pétroliers américains s'approprier les gisements de la péninsule. En échange, le président américain apporte au roi Ibn Saoud des crédits et surtout garantit sa protection contre des rivaux tant intérieurs qu'extérieurs. Cette alliance ne se démentira pas jusqu'au début du XXIe siècle[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Larané, « Le « pacte du Quincy », une alliance contre nature », herodote.net, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]