Unidata

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Unidata était destiné à créer dans les années 1970 une puissante gamme de produits d'informatique européenne, à l'identique d'Airbus dans l'aéronautique.

Une première tentative européenne avait pris la forme de Multinational Data, fondée en novembre 1970 avec un capital de six millions de francs, et regroupant trois constructeurs informatiques alors en forte croissance, l'anglais ICL, la startup américaine Control Data et la Compagnie internationale pour l'informatique, mais ICL en avait limité la portée.

Dirigée par un entrepreneur français, Jean Gaudfernau, Unidata s'appuyait sur les points forts des trois associés, issus de trois pays :

Une utilisation ingénieuse de la microprogrammation devait permettre à cette gamme de machines de fonctionner avec les instructions machine de la série P1000 Philips, des machines Siemens compatibles IBM 360, et des Iris 80 de CII[1]. Au même moment le MITI japonais lançait un plan similaire, avec des choix techniques très proches[1].

Lancé en 1973, ce projet européen a été stoppé par la France après seulement deux ans.

Valéry Giscard d'Estaing, élu président en 1974, mit fin au projet en 1975 : la France dénonça unilatéralement l'accord Unidata[2]. Valéry Giscard d'Estaing décida de fusionner la Compagnie internationale pour l'informatique avec Honeywell-Bull, contre la volonté de son patron et de ses personnels mais à la demande d'un de ses actionnaires, la CGE.

Le succès d'Unidata et sa croissance attendue pouvait induire éventuellement des aides publiques importantes, ce qui était le cas au Japon.

Au même moment naît aux États-Unis le système universel Unix : en 1973, Ken Thompson et Dennis Ritchie présentent le premier article sur Unix au Symposium on Operating Systems Principles à l'Université de Purdue[3]. Immédiatement intéressé, le professeur Bob Fabry de l'université de Californie Berkeley (UCB), fait installer la Version 4 sur bande magnétique.

La création Unidata et son ambition dans les réseaux à base de datagramme ne faisait pas l'affaire de la CGE, grand fournisseur des PTT et dont le patron, Ambroise Roux, craignait ce nouveau concurrent qu'il a souhaité voir disparaitre[4]. Le capital de la CII était détenu à 70 % par Thomson-CSF et la CGE, via un holding commun baptisé Fininfor, dont 52 % appartenait à Thomson-CSF, qui avait imposé son homme à la tête de la CII, Michel Barré.

Dates clefs[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c "Histoire, épistémologie de l'informatique et Révolution technologique" Résumés du cours de Gérard VERROUST de 199 à 1997 Maîtrise Sciences & Techniques Hypermédia - 2e année, Université Paris VIII [1]
  2. Cécile Ducourtieux, « Les erreurs du Plan calcul », Le Monde Informatique, no 834,‎ , p. 92
  3. Eugene H. Spafford, « Unix and Security: The Influences of History », Université de Purdue, p. 4
  4. a, b et c "Histoire d'un pionnier de l'informatique: 40 ans de recherche à l'Inria", Par Alain Beltran,Pascal Griset, page 129 [2]