Ulric Guttinguer

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Ulric Guttinguer
Nom de naissance Jean Ulric Guttinguer
Naissance
Rouen
Décès (à 79 ans)
Paris
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français

Ulric Guttinguer[1], né le à Rouen et mort le à Paris[2], est un poète et romancier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le rôle véritable d’Ulric Guttinguer a été de montrer et d’éclairer les voies. Promoteur de la révolution romantique, il était, avec son compatriote Auguste Le Prévost, un des plus anciens amis littéraires de Victor Hugo, puis de Sainte-Beuve et de Musset.

Guttinguer avait publié avec l’approbation de Nodier, Nadir, histoire orientale en prose et en vers inspiré du Lalla Rookh de Thomas Moore. Paru en 1828, Amour et opinion, peinture de la société sous l’Empire, était, selon Sainte-Beuve, une « Élégie de fin d’empire, écrite par un ex-garde d’honneur où les personnages sont de beaux colonels et des généraux de vingt-neuf ans, de jeunes et belles comtesses de vingt-cinq ; où la scène se passe dans les châteaux et le long des parcs bordés d’arbres de Judée et de Sainte-Lucie. » Mais le chef-d’œuvre de Guttinguer est Arthur, ouvrage rédigé dans un chalet qu’il avait fait construire en pleine forêt, près de Honfleur, dont la prose se ressent de sa poésie est une chronique fine et intelligente des passions de tête et de cœur nées de l’oisiveté de la Restauration, des débats littéraires, des luttes autour du piano. L’homme du monde de la Restauration, des salons, le beau causeur, demi-héros y est étudié et parfois résumé d’un trait qui l’évoque et qui le fait vivre.

Ulric Guttinguer était rédacteur à La Muse française et fut président de l’Académie de Rouen où il s’efforça sans relâche, mais non sans mal, de convertir ses concitoyens au romantisme.

Il fit construire un chalet dans la forêt, à Saint-Gatien-des-Bois, où il écrivit certaines œuvres, notamment Arthur.

En 1838, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur[3].

Il est le fils de Jean Ulric Guttinguer.

Ulric, nul œil des mers n’a mesuré l’abîme,
Ni les hérons plongeurs, ni les vieux matelots.
Le soleil vient briser ses rayons sur leur cime,
Comme un soldat vaincu brise ses javelots.
Ainsi, nul œil, Ulric, n’a pénétré les ondes
De tes douleurs sans borne, ange du ciel tombé !
Tu portes dans ta tête et dans ton cœur deux mondes,
Quand le soir près de moi, tu vas triste et courbé.
Mais laisse-moi du moins regarder dans ton âme,
Comme un enfant craintif se penche sur les eaux,
Toi si plein, front pâli sous des baisers de femme,
Moi, si jeune, enviant ta blessure et tes maux.
Alfred de Musset, juillet 1829

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Amour et opinion : histoire contemporaine, Paris, Tenon, 1828 ; Genève, Slatkine Reprints, 1973
  • Arthur, Paris, Les Presses françaises 1925
  • Charles Sept à Jumièges : Edith : ou, Le Champ d'Hastings, poèmes, suivis de poésies, Paris, Sautelet, 1827
  • Discours prononcé à la fête de St. Jean d'hiver, célébrée le 13e jour du 11e mois de l'an de la V.L. 5813, Rouen, s.l., 1813
  • Dithyrambe sur la mort de Lord Byron, Paris, Ladvocat, 1824
  • Du Classique et du romantique : recueil de discours pour et contre, lus à l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen pendant l’année 1824, Rouen, Nicétas Périaux, 1826 ; Genève, Slatkine Reprints, 1973
  • Fables et méditations, Paris, Joubert, 1837
  • Jumièges, Rouen, Nicétas Périaux, 1839
  • La Poésie romantique, Paris, Garnier frères 1930
  • Le Bal : poème moderne, suivi de poésies, Paris, s.n., 1824
  • Les Deux Âges du poète, Paris, Fontaine et Dauvin, 1846 ; Genève, Slatkine Reprints, 1973
  • Les Funérailles de Charles Nodier, Paris, s.n., 1844
  • Les Lilas de Courcelles : poésies, Saint-Germain, De Beau, 1842
  • Mélanges poétiques, Paris, A. Boulland et Cie, 1824
  • Mémoires d'un soldat au Tonkin, Paris, 1902
  • Nadir : lettres orientales, Paris, Ladvocat, 1822
Œuvres en ligne

Musique[modifier | modifier le code]

  • 12 Lieder, Paris, A. Durand ; London, Pitt & Hatzfield, 1900-1992
  • Cours mon aiguille dans la laine Les noces de Jeannette ; Air du rossignol : Les Noces de Jeannette, Paris, Idéal, 1900-1999
  • Embarquez-vous !, New York, G. Schirmer, 1886
  • Emma : tyrolienne, Paris, Schonenberger, 1831
  • L’angélus de la mer, [S.l.], Lumen, 1900
  • Le bonheur de se revoir : tyrolienne, Paris, J. Meissonnier, 1840
  • Les p’tites vertus; vaudeville-opérette en trois actes, Paris, C. Joubert, 1920
  • L'hospitalité : romance à deux voix, Paris, Pacini, 1815
  • Marguerite : romance à deux voix, Paris, Gaveaux, 1820
  • Titin : opérette en 3 actes, Paris, Salabert, 1920
  • Visions d'Orient, Paris, Sam Fox, 1927

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quelquefois épelé incorrectement Guttinger
  2. Au no 6, rue Frochot.
  3. « Cote LH/1250/24 », base Léonore, ministère français de la Culture

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Henri Brémond, Le Roman et l'histoire d'une conversion. Ulric Guttinguer et Sainte-Beuve d’après des correspondances inédites, Paris, Plon-Nourrit, 1925
  • Ariane Charton, Alfred de Musset, Paris, Gallimard collection Folio biographie, 2010
  • Jacques Germain Chaudes-Aignes, Les Écrivains modernes de la France, Paris, Ch. Gosselin, 1841
  • Léon Séché, Sainte-Beuve : documents inédits, 1848-1914, Paris, 1904
  • Léon Séché, Études d'histoire romantique : La jeunesse dorée sous Louis-Philippe : Alfred de Musset, de Musard à la reine Pomaré, la president ; portraits d'Alfred Tattet, Alfred de Musset, Arvers, M. et Mme. Guttinguer, la reine Pomaré, la présidente, Paris, Mercure de France, 1910
  • Charles Asselineau, Théodore de Banville et Charles Baudelaire, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque romantique, Ill. Célestin Nanteuil, Paris, R. Pincebourde, 1866, p. 71, 83-6
  • Alfred Barbou, Victor Hugo et son temps, Paris, Charpentier, 1881, p. 211