U (film)

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U
Réalisation Serge Élissalde, Grégoire Solotareff
Scénario Grégoire Solotareff
Sociétés de production Prima Linea Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre animation
Durée 75 minutes
Sortie 2006

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

U est un film d'animation français réalisé par Serge Élissalde et Grégoire Solotareff, sorti en 2006. C'est une comédie sentimentale évoquant l'adolescence, les relations humaines, l'amitié et la découverte de l'amour. Le film emploie la technique du dessin animé avec des décors à l'aquarelle. Il est ponctué de quelques chansons de Sanseverino.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un monde imaginaire peuplé d'animaux anthropomorphes, une jeune chienne adolescente nommée "princesse Mona" vit chez ses parents adoptifs, Goomi et Monseigneur, une vieille rat femelle et son fils, un rat mâle ventru, tous deux aigris et méchants. Ils habitent dans un vieux manoir taillée dans la pierre, sur une falaise au bord de la mer, à proximité d'une forêt luxuriante et multicolore. Lassée par ces parents peu amènes, Mona, qui ne rêve que d'amis et d'amours, dépérit. Un jour, elle voit apparaître dans sa demeure une petite licorne blanche aux yeux bleus prénommée U, qui vient pour l'aider. U devient la première amie de Mona, qui lui confie ses questionnements plus ou moins profonds ou futiles sur son corps, sa beauté, l'amour, l'avenir...

Quelque temps après, U et Mona rencontrent les Wéwés, une famille de musiciens venue s'installer dans les environs. Ils sont menés par Baba et Mama, un couple de lapins, mais le groupe comprend également Lazare (un lézard vert courtaud au nez énorme), Rouge (un loup violoniste), Mimi (une souris) et un chat guitariste mélancolique dénommé Kulka. Dès lors, U encourage Mona à s'épanouir en se liant d'amitié avec les nouveaux venus, tandis que Monseigneur et surtout Goomi les considèrent avec méfiance. Un jeu complexe de relations se met alors en branle. Mona est vite attirée par Kulka, mais ce dernier ne laisse pas U indifférente non plus, alors même que la jeune licorne s'est vite liée d'amitié avec Lazare. Monseigneur, de son côté, se met à fréquenter les artistes et commence vite à flirter avec Mama, mais celle-ci est déjà mariée. L'affection soudaine de Monseigneur pour des étrangers a le don d'agacer prodigieusement Goomi, car son fils semble échapper peu à peu à son contrôle, et elle ne tarde pas à commencer à comploter pour chasser les Wéwés. Le bouillonnement des sentiments au sein du petit groupe est l'occasion pour plusieurs des personnages adolescents de découvrir des sentiments nouveaux ainsi que la sensualité. L'amitié entre Mona et U n'est pas seulement menacée par leur possible rivalité, mais aussi par le fait qu'U n'est présente aux côtés de la jeune chienne que pour un temps limité : dès lors que Mona se sent plus épanouie, il est temps pour U de repartir.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sanseverino (ici en concert en 2008) signe la musique et les chansons du film.

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix originales[modifier | modifier le code]

Conception du film[modifier | modifier le code]

Pour la musique du film, les deux réalisateurs contactent le studio de production pour évoquer le sujet et mentionnent Sanseverino dont ils apprécient la musique. L'artiste n'est contacté au départ que pour composer une chanson originale ; il répond ne pas avoir le temps et se contente dans un premier temps de modifier l'une de ses chansons, le Swing du nul, pour l'adapter au film. Cependant, au fil des discussions, Sanseverino s'intéresse de plus en plus au projet. Il accepte de composer des morceaux instrumentaux que joueront les personnages musiciens du film. Mais il commence aussi à noter des idées de compositions qui pourraient intégrer la musique "off" (la bande originale du film non jouée par des personnages visibles à l'écran). Il demande finalement aux réalisateurs de le laisser composer toute la musique du film et les premières images qu'il en voit achèvent de le convaincre. Sanseverino compose ainsi finalement toute la musique du film, et assure en plus la voix de doublage française du personnage de Koulka[1].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en France, U reçoit un excellent accueil dans la presse. Le site Allociné confère au film une note moyenne de 4,3 sur 5, fondée sur 20 critiques parues dans la presse généraliste ou spécialisée[2].

Dans Le Monde[3], Jacques Mandelbaum voit dans le film « un mélange particulièrement enlevé, et donc particulièrement rare, d'intelligence, de sensibilité et de drôlerie ». Il en apprécie l'univers « totalement original », le ton « résolument poétique » et la façon dont l'ensemble élabore « un conte qui se fixe à lui-même ses propres lois et n'en rend compte devant le spectateur qu'au titre de la joie et de la liberté d'inventer ». Pour Ouest France[2], le film est « à la fois magique et intelligent, original et malin, inventif et drôle ». Dans L'Humanité[2], Vincent Ostria est convaincu en particulier par « le naturel des dialogues, qui détonent par rapport aux habitudes du genre ». Dans Télérama[4], Cécile Mury estime que « tous ces héros sonnent juste parce que le dessin est habité par de vrais comédiens, très inspirés » et que l'ensemble forme « une fable d'une grande richesse » qui évoque « la fin de l'enfance, le deuil d'une partie de soi, l'éveil de la sexualité, la capacité de s'ouvrir à l'autre » avec « ce qu'il faut de gravité et d'humour ».

Les revues de cinéma sont tout aussi convaincues. Dans la revue Positif, Gilles Clément donne un avis très favorable sur U[5], qu'il considère comme une « évocation de l’adolescence, aussi profonde que poétique et imagée » et comme un film « remarquable dans tous les compartiments de la création ». Il apprécie l'originalité du scénario, qui prend le parti de la comédie de situation plutôt que de l'aventure, et la façon dont l'intrigue « explore la psychologie individuelle d’une incroyable galerie de personnages tous profondément originaux, et dépeint des sentiments bien plus complexes que ceux qui s’annoncent au premier abord (éveil de l’amour, jalousie, abandon…) ». C'est aussi l'originalité qui le marque dans l'univers visuel, composé de « splendides aquarelles où évoluent des personnages très touchants malgré leurs physiques parfois ingrats » et dont il estime qu'il peut plaire à la fois aux enfants par ses couleurs chatoyantes et aux adultes par ses allusions subtiles à des peintres fameux ou à des classiques du cinéma. La musique, les chansons et le voix de doublage lui semblent également réussies. Dans Les Cahiers du cinéma[2], Elisabeth Lequeret indique que le film impressionne par « la tenue de son scénario, qui multiplie en tous sens les agencements ». Dans le magazine Première[6], Isabelle Daniel apprécie « une histoire universelle, poétique et intelligente », la délicatesse et la fantaisie déployées dans le traitement des thèmes abordés, ainsi que la créativité de l'ensemble.

Box office[modifier | modifier le code]

Au cours de sa première semaine d'exploitation en France en octobre 2006, U rassemble environ 42 900 entrées, puis un peu plus de 37 600 entrées en deuxième semaine[7]. Vers la mi-décembre, il dépasse les 230 000 entrées[7]. Au total, U rassemble un peu plus de 386 700 entrées au cours de son exploitation en salles en France[8].

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

Livre[modifier | modifier le code]

Une adaptation du film sous la forme d'un livre illustré pour la jeunesse est publié par Serge Elissalde et Grégoire Solotareff chez L'École des loisirs, dans la collection « Albums », fin septembre 2006[9].

Éditions en vidéo et bande originale du film[modifier | modifier le code]

La bande originale du film reste inédite en CD, mais un CD de la bande originale est fourni dans une édition collector du film en deux DVD parue chez Wild Side Vidéo en octobre 2007[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "U" : rencontre avec Sanseverino, article sur Allociné le 11 octobre 2006. Propos recueillis par Peggy Rolland à Paris le 9 octobre 2006. Page consultée le 15 août 2016.
  2. a, b, c et d Page "Critiques de presse" du film sur Allociné. Page consultée le 14 août 2016.
  3. "U" : la jeune fille et la licorne, article de Jacques Mandelbaum dans Le Monde le 10 octobre 2006. Page consultée le 14 août 2016.
  4. Critique de U par Cécile Mury dans Télérama le 7 novembre 2015. Page consultée le 14 août 2016.
  5. I love U, article de Gilles Clément, Positif, n°548, octobre 2006. Article mis en ligne sur le site personnel de Gilles Clément. Page consultée le 14 août 2016.
  6. Critique de U, article d'Isabelle Daniel dans Première en 2006. Page consultée le 14 août 2016.
  7. a et b Box office du film sur Allociné. Page consultée le 14 août 2016.
  8. Fche de U (2006) sur JP's Box Office. Page consultée le 14 août 2016.
  9. Fiche du livre sur le site de l'éditeur. Page consultée le 15 août 2016.
  10. Fiche de U (dvd) (2006), article de Sylvain Rivaut sur Cinézik fin octobre 2007. Page consultée le 15 août 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]