Trio avec piano n° 7 de Beethoven

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'archiduc Rodolphe d'Autriche, dédicataire du Trio no 7

Le Trio avec piano no 7 en si bémol majeur, opus 97 de Ludwig van Beethoven, est un trio pour piano, violon et violoncelle en quatre mouvements composé en 1811[1],[2] et publié en 1816[1],[2] avec une dédicace à l'Archiduc Rodolphe d'Autriche, d'où son appellation courante de Trio à l'Archiduc.

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'Archiduc Rodolphe était le plus jeune fils de l'empereur Léopold II d'Autriche. Il fut l'élève de Beethoven dont il resta un ami et protecteur fidèle, l'invitant notamment à rester à Vienne en 1809 alors que le compositeur envisageait de partir à la cour de Westphalie.

Le Trio à l'Archiduc est le plus célèbre des trios de Beethoven. Sa composition, postérieure de deux ans à celle du Trio n° 6 opus 70, fut contemporaine de celle de la Septième symphonie. Il a été écrit en moins d'un mois, en mars 1811. Sa création le [1],[2], avec Schuppanzigh[3] au violon et Linke[3] au violoncelle, donna lieu à l'une des dernières apparitions publiques de Beethoven comme interprète (au piano), alors que sa surdité était presque totale.

Le trio fut publié chez Steiner à Vienne en décembre 1816[1],[2].

Les thèmes initiaux des deux premiers mouvements sont très proches de ceux déjà utilisés par Beethoven dans les mouvements correspondants de son Septième Quatuor opus 59 n° 1.

Il comporte quatre mouvements :

  1. Allegro moderato, 4/4, si bémol majeur (287 mesures)[4]
  2. Scherzo Allegro, 3/4, si bémol majeur (443 mesures)[4]
  3. Andante cantabile, 3/4, ré majeur (194 mesures)[4]
  4. Allegro moderato, 2/4, si bémol majeur (410 mesures)[4]

Sa durée d’exécution est d'environ 40 minutes[5].

Réception[modifier | modifier le code]

Le violoniste et compositeur Louis Spohr, ayant assisté à une répétition de l’œuvre, a écrit ces mots : « En raison de sa surdité, il ne restait que très peu de la virtuosité de l’artiste que nous avions tant admiré auparavant. Dans les passages forte, le pauvre sourd martelait les touches si fort que les cordes sautillaient bruyamment, et dans les passages piano, il jouait si doux que des groupes de notes entiers étaient imperceptibles; la musique était donc inintelligible à moins d’avoir sous les yeux la partition de pianoforte. Je fus profondément attristé par le tragique sort de Beethoven. »[6]

Le pianiste et compositeur Ignaz Moscheles a pour sa part assisté à la création de l’œuvre : « Dans le monde de la composition, le mot "nouveau" est si souvent lancé à tort et à travers! Toutefois, cela n’est jamais le cas lorsque l’on parle de Beethoven, et c’est encore moins le cas ici : cette œuvre est pleine d’originalité. Sa technique, mis à part l’élément intellectuel, m’a moins plu, manquant de clarté et de précision; j’ai cependant observé beaucoup de vestiges du style grandiose que j’ai longtemps reconnu dans ses compositions. »[7]

Repères discographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Barry Cooper (trad. de l'anglais par Denis Collins), Dictionnaire Beethoven [« Beethoven compendium »], Lattès, coll. « Musiques et musiciens », 1991, 614 p. (ISBN 978-2-7096-1081-0, OCLC 25167179), p. 376.
  2. a, b, c et d Jean et Brigitte Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967 (1re éd. 1955), 845 p. (ISBN 978-2-213-00348-1), p. 671.
  3. a et b Elisabeth Brisson, Guide de la musique de Beethoven, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 878 p. (ISBN 9 782213 624341 et 2213624348), p. 536
  4. a, b, c et d Toutes les indications de tonalité, nuances, mesure ont été relevées sur l'édition originale visible sur [1], consultées le 19 octobre 2012
  5. Durée moyenne basée sur les enregistrements discographiques cités
  6. Traduction libre d'un extrait de : Beethoven: Illustrated Lives Of The Great Composers, par Ates Orga accédé le 17 avril 2014
  7. Traduction libre d'un extrait de : Historically Informed Performances: “Archduke” and “Ghost” Trios, par John Moran bf.press.illinois.edu, accédé le 17 avril 2014
  8. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 348 du mois d'avril 1989 et n° 503 du mois de mai 2003 (réédition Naxos)
  9. « Le son d'une autre époque ? Peut-être. Mais son génie aussi. La poésie, l'élan improvisateur de ces interprétations n'ont jamais été dépassés ». Le guide 1996 du CD : Tome 1, Répertoire Classique, Marabout, (ISBN 978-2-5010-2361-0), p. 88
  10. Enregistrement salué par la note de 5 diapasons dans la revue Diapason (octobre 2008) et par la note de 5 étoiles dans la revue Le Monde de la musique (octobre 2008)
  11. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 487 du mois de décembre 2001
  12. « La vision apollinienne du Beaux Arts Trio, dans leur meilleure intégrale, est restituée dans une superbe prise de son, charnue et parfaitement définie ». La Discothèque idéale : sous la direction de Bertrand Dermoncourt, Actes Sud, (ISBN 978-2-3300-0216-9), p. 42
  13. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 603 du mois de juin 2012
  14. « Kempff, Szerning et Fournier donnent la primauté au plus grand nombre des nuances, à la sensualité sonore ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont, (ISBN 978-2-2215-0233-4), p. 129.

Liens externes[modifier | modifier le code]