Transport en Nouvelle-Zélande

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Train, autoroute et ferry à Wellington.

Le transport en Nouvelle-Zélande prend place dans un espace insulaire montagneux faiblement peuplé, ce qui ne l'empêche de bénéficier d'une offre modale complète. Le territoire néo-zélandais est desservi par un réseau routier côtier appuyé par quelques lignes de chemin de fer. Il existe plusieurs aéroports permettant des vols internationaux et une desserte intérieure.

Contexte géographique[modifier | modifier le code]

Transport routier[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Une charrette dans la Canterbury vers 1880s. Les traces de leurs trajets ont formé les premières routes.

Avant l'arrivée des Européens, les Maoris se déplaçaient à pied ou au moyen de petites embarcations en bois le long des côtes. Les pistes utilisées par les Maoris préfigurent les premières routes du réseau néo-zélandais. Plusieurs axes maroris majeurs étaient connus, comme celui de la côte occidentale desservant l’ensemble de l'Île du Nord ou celui de la côte est, quittant le littoral près de Castlepoint (en) pour rallier Napier. Dans L'Île du Sud, un autre sentier majeur descendait la côte est[1] Les premières grandes routes comme la Grande route du Sud (en) ont été construites par l'Armée Britannique pour faciliter le déplacement de ses troupes[1].

Très tôt, l'élevage de mouton a requis l'usage de routes efficaces. Le développement de la production laitière et de ses dérivés à la fin du XIXe siècle a contribué à appuyer cette demande de réseau routier efficace. En effet, le transport de marchandises périssables entre les lieux de production et ceux de consommation ne pouvaient se satisfaire de longue durée d'acheminement[1]. Dans ce nombreux cas, les chemins parcourus à pied et en charrette ont été à la base des premières routes modernes[2]. Néanmoins, beaucoup de routes étaient contraintes par une topographie montagneuse, et le tracé suivant les déplacements à pied de l'époque était peu compatible avec l'usage par des véhicules motorisés : le tracé rarement rectiligne imposait une lenteur dans les déplacements, peu confortables, dans la première moitié du XXe siècle/[3]. Durant cette époque, la mise sur pied du réseau routier est à la fois aidée par l'existence du chemin de fer et concurrencée par ce mode de transport. En effet, les autorités étaient réticentes à investir des fonds importants sur des tronçons difficiles pour lesquels le rail pouvait prendre la place. Cependant, les routes ont toujours suivi plus ou moins rapidement les constructions de lignes ferroviaires[1].

Les autoroutes du pays ont été construites massivement après la Seconde Guerre mondiale. La première d'entre elles a été construite aux environs de Wellington, et ouverte à la circulation en 1950[4]. Les lourds investissement nationaux pour les programmes de développement routier ont contribué à un déclin des transports en commun à travers l'ensemble du pays. Cette transition a été décrite, dans le cas d'Auckland, comme « l'un des plus spectaculaire déclins des transports publics de toutes les villes développées du monde »[5]

Réseau[modifier | modifier le code]

La Nouvelle-Zélande a un réseau national de 10 895 km. L'Île du Nord est desservice par 5 974 km de route, alors que l'île du Sud, pourtant plus grande, mais moins peuplée, en a 4 921 km. Ce réseau comporte environ 170 km d'autoroute. Le réseau national est seconde d'un réseau de 82 000 km géré par les autorités locales, comportant des routes revêtues ou non.

Le nombre de routes à péages a diminué entre 2007 (421) et 2011 (284)[6].

Code de la route[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Zélande, la conduite à gauche est la règle. La limitation de vitesse est de 100 km/h hors agglomération et 50 km/h en zone urbaine. Des limites intermédiaires de 60, 70 et 80 sont parfois employées. Lors de travaux routiers, la limitation de vitesse descend souvent à 30 km/h.

Sécurité routière[modifier | modifier le code]

La mortalité routière en Nouvelle-Zélande entre dans les standards des pays développés. Les décès sur la route ont été chiffrées en 2010 à 375 morts. 14 031 blessés étaient à déplorer. Comme de nombreux pays occidentaux, les jeunes conducteurs représentant la tranche d'âge la plus à risque. Les principaux types d'accidents mortels sont les chocs frontaux et les pertes de contrôles du véhicule[7].

Statistiquement, la mortalité rapportée à la population place District de Waitomo (12,8 morts/1 000 habitants) en tête du classement, devant District de Mackenzie (11 morts pour/1 000 habitants). Globalement, les grandes villes sont moins dangereuses[8]. La conduite sous l'emprise de l'alcool est une cause importante des accidents chez les jeunes. Et paradoxalement, la loi est assez tolérante à ce égard.

La Nouvelle-Zélande est aussi parcourue par un nombre important de conducteur étranger (touristes, hommes d'affaires et immigrants) louant ou achetant des van ou des camping car. Les statistiques montre que ceux-ci sont plus souvent impliqués dans des accidents[9].

Parc automobile[modifier | modifier le code]

Stockage de voitures importées à Auckland

L'une des premières statistiques/estimations du nombre de véhicules motorisés remonte à 1935, où le chiffre de 82 000 était avancé. Ce chiffre passe à 170 000 au début de la Seconde Guerre mondiale, franchit la barre des 425 000 en 1953 et dépasse le million en 1971[10]. De nos jours, le parc automobile néo-zélandais est stabilisé autour de trois millions de véhicules (3,24 en 2011). Il se décompose en 2,6 millions de voitures individuelles, 380 000 véhicules commerciaux, 110 000 camions, 80 000 bus et 110 000 deux roues. L'âge moyen des véhicules était fin 2011 de 13,2 ans[11].

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Les déplacements en bus forment la composante principale du transport public routier. Il se décline en réseau urbain, en lignes de car de longue distance ou au moyen d'autres solutions.

Déplacement à vélo[modifier | modifier le code]

Alors que l'usage du vélo est très populaire dans sa dimension récréative, son usage est très marginal en tant que moyen de transport. Il semble que cet sous-utilisation repose sur un sentiment d'insécurité de la part des utilisateurs. Les autorités régionales en charge du transport à Auckland rapportent que « plus de la moitié des habitants d'Auckland se sentent occasionnellement ou en permanence en danger en roulant à vélo »[12]

Ce risque des cyclistes repose sur plusieurs facteurs. Les automobilistes tendent à avoir une attitude peu amicale envers les deux roues[13]. Par ailleurs, les vélos sont considérés d'un point de vue législatif comme des véhicules, et par conséquent ont l'obligation de circuler sur la route. Seuls les facteurs sont autorisés à circuler sur le trottoir[14]. Enfin, le manque de pistes cyclables et d'infrastructures réservées aux vélos n'arrangent pas la situation, d'autant plus que les autorités ne mettent que peu de fonds à profit des utilisateurs de vélo[15]

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Carte du réseau ferré en 2005.

Réseau[modifier | modifier le code]

Le réseau ferroviaire irrigue la Nouvelle-Zélande de 3 898 km de voies ferrées à écartement étroit (1 067 mm). 506 km de ce réseau sont électrifiés. Ces infrastructures sont la propriété de KiwiRailNetworune (en), une division de la New Zealand Railways Corporation (en), une entreprise publique. Le réseau néo-zélandais repose sur trois tronçons principaux, sept lignes secondaires, et à son apogée dans les années 1950, près de 19 lignes auxiliaires. Nombre d'entre elles ont fermé au fil des restructurations face au système "tout-auto".

Le Transport Licensing Act (en) de 1931, bloquant le marché à un monopole d'État pour une durée de 50 ans ayant pris fin, le secteur a été déréglementé en 1983. Au cours de cette décennie, le secteur ferroviaire a subi une privatisation progressive, qui au nom de la rentabilité n'a conservé que les lignes les plus lucratives.

Jusqu'en 2003, le réseau national était détenu par Tranz Rail (en), auparavant New Zealand Rail Limited. Le gouvernement a repris le contrôle du réseau national lors du rachat de Tranz Rail par l'australien Toll Holdings. En mai 2008, le gouvernement reprenait les activités rail et ferry de TOLL pour 665 millions de dollars[16]. La compagnie a été rebaptisée KiwiRail.

Acteurs et services[modifier | modifier le code]

Le transport de marchandise en vrac est l'activité dominance du chemin de fer en Nouvelle-Zélande. Le fret ainsi pris en charge se composé de charbon, de grumes et de bois, de lait et produit laitier, d'engrais, de conteneur, d'acier et de voiture.

Le transport de voyageurs sur de longues distances et restreint à trois lignes : la TranzAlpine (en), liant Christchurch à Greymouth, la TransCostal (en) connectant Christchurch à Picton et la Northern Explorer (en), ralliant Wellington à Auckland. Des services voyageurs existent aussi à une échelle urbaine pour ces deux villes. Enfin, deux courtes lignes interurbaines lient la capitale. la Capital Connection (en) part de Palmerston North tandis que la Wairarapa Connection (en) connecte Masterton. Wellington bénéficie quant à elle de son propre train de banlieue.

D'autres petites lignes privées ou touristiques existent localement.

Transports maritimes[modifier | modifier le code]

Le bateau à vapeur Mariposa quittant Auckland vers 1880.

Contexte[modifier | modifier le code]

La Nouvelle-Zélande a eu dès la première heure des relations maritimes internationales et côtières. Aussi bien les Maoris que les Européens sont arrivés par les mers, qui est devenue l'unique support des échange pendant une longue époque[17]. Comme le transport à l'intérieur des terres était chose compliquée, expliquant le centrage des échanges sur quelques points du littoral[1].

Autre fait majeur, la Nouvelle-Zélande est composée de deux îles principales, séparées par le Détroit de Cook. Sa longueur minimale est de 24 km, mais sa traversée nécessite une trajet de 70 km en ferry. Le ferry existe également pour rejoindre deux petites îles : l'île Stewart dans l'extrême sud et Great Barrier Island, au nord de l'Île du Nord.

Enfin, le territoire comporte 1 609 km de voies navigables.

Fret international[modifier | modifier le code]

Le commerce maritime remonte à l'arrivée des Européens qui échangeaient avec les autochtones. Par la suite, l'endroit est devenu un point de départ pour la chasse à la baleine. L'arrivée au XIXe siècle de bateaux frigorifiques a dopé le commerce intérieur et extérieur du pays, permettant entre autres l'exportation de la viande. En conséquence de cette ouverture de marché l'industrie agroalimentaire s'est développée.

Au cours du XIXe siècle, l'augmentation de la taille et du tonnage a nécessité le dragage des ports pour accueillir des bâtiments à plus fort tirant d'eau. C'est aussi l'arrivée des remorqueurs et des grues dans les ports. Néanmoins, cela n'a que peu affecté l'emploi des dockers qui conservaient de multiples moyens de pression syndicaux efficaces[18].

Les années 1970 sont marquées par le diffusion de la conteneurisation dans le transport maritime. L’agrandissement de certains ports, ainsi que leur mise à niveau fut l'objet de choix politiques difficiles. Seuls quelques ports ont été choisis pour bénéficier des programmes de modernisation pour accueillir des porte-conteneurs de grande taille. Le Port d'Auckland (en) est l'un des grands bénéficiaires de ces investissements. Des nouvelles grues et des cavaliers ont investi les docks, de plus puissants remorqueurs ont été mis à disposition, les chenaux d'accès ont été dragués. De nouveaux terminaux conteneurs ont été construits notamment en gagnant des terres sur la mer[19].

Cette expansion s'est toutefois faite à l'encontre des autres ports de taille inférieure, qui en ont souffert. Les ports fluviaux n'ont quant à eux pas tenu le choc, concurrencés par le rail et dont les trains traversent le détroit par ferrys[18],[19] Enfin, dans les années 1980, les dérégulations libérales ont restructuré l'organisation des ports, supprimant au passage un certain volume d'emploi.

Navigation côtière[modifier | modifier le code]

Ferrys[modifier | modifier le code]

Ferry de l'Interisland Line (en) dans les Marlborough Sounds (en) après la traversée du Détroit de Cook.

Des rouliers et ferrys font le lien quotidien entre l'Île du Nord et l'Île du Sud à partir de Wellington et Picton, service débuté en 1962[10]. Interisland Line (en), division de Kiwiralil (en), détient la majorité des activités de ferry.

Deux des trois ferrys sont en effet utilisés par l'Interliner. L'Arahura et le DEV Aratere (en) sont des ferrys spécialement équipés pour transporter les trains entre les deux îles. Le MV Kaitaki (en) est le plus gros ferry en service, arrivé en septembre 2005. Un service alternatif est proposé par Strait Shipping Ltd (en) employant un ancien ferry français (MS Santa Regina (en) et danois MV Straitsman (en). Ce service prend le nom de lang)en (en).

La traversée du détroit de Cook nécessite entre 3h et 3h20. Une alternative est le ferry-catamaran rapide par Tranz Rail (en), dont les points de départs et d'arrivée sont différents. Mais ce service est suspendu depuis 2003, quand Toll Holdings a repris les activités.

De plus petits ferrys opèrent également dans la Baie des Îles, à Rawene (en), Auckland, Tauranga, Wellington, Lyttelton et entre Bluff et Galfmoon Bay (en), sur l'île Stewart.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Port Chalmers, petite infrastructure portuaire dans l'Île du Sud.
Réseau et hiérarchie des aéroports

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Catégorie associée : Aéroport en Nouvelle-Zélande.

Le territoire néo-zélandais comporte une centaine d'aéroports. Les aéroports sont le seul point d'entrée des passagers pour la Nouvelle-Zélande, l'île n'ayant pas de lignes de paquebot international. L'aéroport d'Auckland recevait ainsi 11 millions de passagers alors que la population du pays avoisine les quatre millions d'habitants. L'aéroport international de Christchurch accueille plus de cinq millions et demie de voyageur, légèrement moins pour celui de Wellington

Ces aéroports sont desservis par Air New Zealand et de multiples autres compagnies étrangères. Certaines îles mineures éloignées des îles principales reposent sur l'avion pour s'y rendre.

Politique publique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Roads – Development (from Te Ara Encyclopedia of New Zealand, 1966 Edition. Retrieved 19 July 2008.)
  2. Why does Transit build roads where it does? (from the Transit New Zealand website. Retrieved 7 June 2008.)
  3. Road Engineering – Design of Highways (from Te Ara Encyclopedia of New Zealand, 1966 Edition. Retrieved 7 June 2008.)
  4. When did New Zealand first have a motorway? (from the Transit New Zealand website)
  5. Mees, P. and Dodson, J. (2001) The American heresy: half a century of transport planning in Auckland, in: P. Holland, F. Stephenson and A. Wearing (Eds) Geography: A Spatial Odyssey: Proceedings of The Third Joint Conference of the New Zealand Geographical Society and the Institute of Australian Geographers, p. 279–287. Hamilton: Brebner Print.
  6. http://www.transport.govt.nz/research/Road-Toll/
  7. Motor Vehicle Crashes 2010 section 2 casualties and crashes (PDF) (from the New Zealand Ministry of Transport)
  8. Motor Vehicle Crashes 2010 Section 7 local body casualties and crashes 2010 (PDF) (from the New Zealand Ministry of Transport)
  9. Tourist Crash Statistics (NZ)
  10. a et b .A Wheel on Each Corner, The History of the IPENZ Transportation Group 1956–2006 – Douglass, Malcolm; IPENZ Transportation Group, 2006, Page 12
  11. New Zealand Fleet Statistics (from the New Zealand Ministry of Transport website)
  12. Bean, C. E., Kearns, R. & Collins, D., 2008, Exploring Social Mobilities: Narratives of Walking and Driving in Auckland, New Zealand, Urban Studies 45(13), p. 2829–2848.
  13. Milnr, Rebecca, « Cyclists fear the bash », The New Zealand Herald,‎ (lire en ligne)
  14. Rules for cycling in the Road Code Accessed 20 December 2009
  15. http://can.org.nz/media/2009/cyclists-angered-by-funding-cuts Press release on funding levels
  16. « Rail buy back marks new sustainable transport era »,‎ (consulté le 5 mai 2008)
  17. New Zealand's Burning: Overview of coastal shipping 1885 – Arnold, Rollo, Victoria Press, Victoria University of Wellington, 1994
  18. a et b « Ports and harbours – The Victorian era to 1960 », Te Ara Encyclopedia of New Zealand (consulté le 18 mars 2010)
  19. a et b « Ports and harbours – The Modern Era », Te Ara Encyclopedia of New Zealand (consulté le 18 mars 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]