Tony de Graaff

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Tony de Graaff
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Antoine De Graaff, dit Tony, alias Grammont, alias Maurice, né le , à Paris, mort le [1], est un résistant français et un agent des services spéciaux de la France libre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de banquiers juifs d'origine hollandaise. Son père Louis De Graaff et son oncle Pierre Wellhoff dirigent la banque familiale.

Drôle de Guerre et Débâcle[modifier | modifier le code]

Mobilisé sur place à la base aérienne de Saint-Cyr, en 1939, à la fin de son service militaire dans l'Armée de l'Air, De Graaff est sous les ordres du commandant Henri Manhès. Au moment de la débâcle, Tony organise, pour le compte de Manhès, le sabordage du dépôt de matériel militaire, après avoir réparti à des civils les autos du parc de la base, avec consigne de les conduire dans le Sud-Ouest.

En Zone Sud[modifier | modifier le code]

Démobilisé en août 1940, et toujours en relation avec Manhès, De Graaff cherche à contacter un cercle de résistants dans la région de Vichy. En , il milite au mouvement Compagnons de Clermont-Ferrand, qu'il quitte en décembre 1941, pour rejoindre sa famille repliée à Lyon.

En , par l'intermédiaire de Mahnès, De Graaff est mis en contact avec l'équipe de Jean Moulin alors délégué général du général de Gaulle en Zone Libre. Il assure la liaison avec son père chargé de convertir en Francs les Dollars et les Sterlings envoyés par Londres. De Graaff héberge parfois Moulin lors de ses séjours à Lyon.

En mars 1943, le général de Gaulle étend la mission de Moulin à la Zone Nord. Moulin, ayant chargé Daniel Cordier d'organiser à Paris le nouveau commissariat central, nomme à sa place Tony De Graaff pour diriger à Lyon le secrétariat de la Zone Sud. De l'équipe de Cordier, De Graaff garde Hélène Vernay (secrétariat) et Laurent Girard (courrier).

De Graaff reste à ce poste jusqu'en , quand ses camarades le persuadent de partir pour la Grande-Bretagne, après le coup de filet de Caluire. Depuis août, sa tête est mise à prix (50 000 francs) par le Sipo-SD. Le , son père meurt subitement au moment de son arrestation. L'épouse de Tony est arrêtée puis relâchée. La mère, Suzanne, la tante Édith, l'oncle Pierre sont internés. Transféré de la prison Montluc, l'oncle Pierre disparaît.

À Londres, De Graaff est affecté au BCRA. Trois fois, il est parachuté en France. Après avoir participé au débarquement du , il est affecté au ministère des prisonniers, déportés et rapatriés d'Henri Frenay. En 1946, De Graaff retourne à la vie civile.

Après-Guerre[modifier | modifier le code]

En 1975, De Graaff, alors directeur commercial chez Matra, crée, avec l'appui du Rotary, une organisation humanitaire, Hôpital sans Frontières, afin d'apporter les infrastructures indispensables aux organisations telles que Médecins du monde. En 1977, De Graaff succède au professeur Debré à la présidence de cette association.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Cordier, Alias Caracalla, Gallimard, 2009.
  • Daniel Cordier, Jean Moulin, la République des catacombes, Gallimard, 1999.
  • François Berriot, Autour de Jean Moulin, L'Harmattan, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]