Tomomi Inada

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Tomomi Inada
稲田 朋美
Tomomi Inada en 2016.
Tomomi Inada en 2016.
Fonctions
Ministre japonaise de la Défense
En fonction depuis le
Premier ministre Shinzo Abe
Gouvernement 97e Cabinet
Prédécesseur Gen Nakatani
Biographie
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Imadate (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Parti politique PLD
Diplômé de Université Waseda
Profession Avocate

Tomomi Inada (稲田 朋美, Inada Tomomi?), née à Imadate, dans la préfecture de Fukui, le ) est une avocate et femme politique japonaise, membre du Parti libéral démocrate, actuellement ministre de la Défense depuis le 3 août 2016[1]. Elle en est à son quatrième mandat à la Chambre des représentants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tomomi Inada a étudié le droit à l’université Waseda et est devenue avocate en 1985. Après avoir appartenu au barreau d’Osaka, elle a rejoint le barreau de Fukui en 2008.

Elle a représenté le gouvernement lors d’un procès relatif à la visite d’un Premier ministre au sanctuaire Yasukuni[2], les familles des auteurs du Concours de décapitation de 100 personnes lors d’un procès en diffamation[3], ainsi que les plaignants lors d’un autre procès en diffamation contre Kenzaburō Ōe et la maison d’édition Iwanami Shoten[4].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Tomomi Inada a été élue pour la première fois le 11 septembre 2005 dans le premier district de la Préfecture de Fukui. Elle faisait partie du groupe dit des « Enfants de Koizumi ». Elle a été réélue en 2009 et 2012.

En août 2011, avec d’autres parlementaires nationalistes du PLD, elle essaya en vain d’entrer en Corée pour mettre le pied sur l’île Ulleungdo, la base de contrôle de l’archipel Dokdo (Takeshima pour les Japonais), après que la Corée avait interdit cette visite[5].

Le 26 décembre 2012, elle est nommée ministre d'État chargée de la Réforme règlementaire, également chargée de la Réforme administrative, de la Réforme de la fonction publique, de la Stratégie Cool Japan et de Challenge Again dans le Gouvernement Abe II[6], jusqu'en octobre 2015.

Puis elle est présidente du Conseil de recherche politique du Parti libéral-démocrate, jusqu'au 3 août 2016 où elle est nommée deuxième femme Mmnistre de la Défense du Japon, après Yuriko Koike.

Idées politiques et idéologie[modifier | modifier le code]

Révisionnisme[modifier | modifier le code]

Affiliée au lobby Nippon Kaigi[7], Tomomi Inada a exprimé ses vues dans plusieurs livres, par exemple dans l'ouvrage collectif 『日本を弑(しい)する人々』  (Nihon wo shii suru hitobito, Les assassins du Japon, PHP, 2008)(ISBN 9784569696683), où est défendue l'idée que l'âme, la souveraineté, l'intégrité nationale et l'identité du Japon sont sans cesse menacées par des influences extérieures, particulièrement depuis la défaite et l'occupation de 1945. Pour en revenir à la pureté du Japon, il faudrait se débarrasser de ces apports étrangers, qui se marquent notamment dans les traités internationaux signés par le Japon[8].

Tomomi Inada considère que le massacre de Nankin est une invention. Elle a aidé le film révisionniste de Satoru Mizushima : The Truth About Nanjing[9]. Inversement, elle a fortement et publiquement critiqué le film « Yasukuni » de Li Ying et déploré qu’il ait reçu un subside de l’État japonais[10].

Dans le même esprit, Inada nie l’implication de l’armée japonaise dans le cas des femmes de confort[4].

Tomomi Inada souhaiterait que l’empereur du Japon lui-même puisse venir se recueillir au sanctuaire Yasukuni. Elle-même s'y rendit publiquement alors qu'elle était ministre en avril 2013[11].

Prises de positions diverses[modifier | modifier le code]

Tomomi Inada est opposée à l’octroi du droit de vote aux résidents permanents[12].

Tomomi Inada considère que les deux membres d’un couple marié doivent adopter le même nom[6], ce qui, généralement, signifie que les femmes ne peuvent garder leur nom de jeune fille après leur mariage[13].

Elle a posé souriant aux côtés de Kazunari Yamada, leader du parti nazi japonais (NSJAP), qui a fait l'éloge d'Adolf Hitler et des attentats du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center[14]. Cependant, après que la photo a été publiée par la presse, elle déclara publiquement ne pas être au courant de sa carrière. Un membre de l'équipe de Sanae Takaichi, ministre des Affaires intérieures, avec qui elle était à ce moment-là, déclara qu'il s'agissait d'un assistant d'un journaliste, et « Nous ne savions pas qui il était à ce moment-là, mais il a demandé une photo »[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Vaulerin, « Faucon nationaliste et négationniste, Tomomi Inada prend la Défense du Japon », sur Libération,‎ (consulté le 5 août 2016)
  2. Tomomi Inada, LDP Member of the House of Representatives, Foreign Correspondents Club of Japan 28/3/2008.
  3. Y. Wijers-Hasegawa, Wartime killing contest trial starts, Japan Times 8/7/2003.
  4. a et b D. Mc Neill, Dancing with the devil over 'Yasukuni'. Blame the politicians who flirt with fascists for the debacle over Li's documentary, Japan Times 8/4/2008
  5. Seoul entry ban on Diet members sparks anger, Kyodo (Japan Times) 31/7/2001; South Korea bars three lawmakers. Opposition politicians turned away at Gimpo, thwarting bid to visit base of Japan-claimed isles, Kyodo (Japan Times), 2/8/2011; T. Inada, Japan, S. Korea Should Discuss Takeshima Issue, Speaking Out #101 8/8/2011.
  6. a et b Cabinet Profiles, Japan Times 26/12/2012
  7. Site officiel de Nippon Kaigi
  8. M. Penney, Introduction, Opposition to the Japanese Government’s “Ceremony to Commemorate the Anniversary of Japan's Restoration of Sovereignty”, Japan Focus 6/5/2013.
  9. D. Mc Neill, NANJING MASSACRE 70TH ANNIVERSARY. Look back in anger, Japan Times 6/12/2007.
  10. D. Mc Neill, Dancing with the devil over 'Yasukuni'. Blame the politicians who flirt with fascists for the debacle over Li's documentary, Japan Times 8/4/2008; voir R. Pulvers, Japan's media plays nursemaid to nation's immature democracy, Japan Times 4/5/2008.
  11. Inada now fourth Cabinet minister to visit Yasukuni, Kyodo (Japan Times 29/4/2013).
  12. K. Takahara, LDP pressures Kan for Ozawa Diet testimony, Japan Times 7/10/2010.
  13. Voir Y. Miyamoto, « The Family and Individual Rights », in Miyamoto Yuki, Ninomiya Shuhei, and Shin Ki-young, The Family, Koseki, and the Individual: Japanese and Korean Experiences, The Asia-Pacific Journal Vol 9, Issue 36 no 1, 5 septembre 2011.
  14. "Neo-Nazi photos pose headache for Shinzo Abe" - The Guardian - Sep 9, 2014
  15. "Two of Abe’s new picks deny neo-Nazi links, Japan Times 8/9/2014.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]