Tartarie

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 Ne pas confondre avec la Tatarie ou Tatarstan.
Carte de l'Asie du XVIIIe siècle désignant la « Grande Tartarie », incluant la Tartarie moscovite, la Tartarie indépendante et la Tartarie Chinoise qui inclut elle-même la Tartartie occidentale. La Petite Tartarie est quant à elle juste au-dessus de la mer Noire.

La Tartarie ou Grande Tartarie, en latin : Tataria ou Tataria Magna, était le nom donné par les Européens du Moyen Âge au XXe siècle à la partie de l'Asie centrale et septentrionale s'étendant de la mer Caspienne et de l'Oural à l'océan Pacifique, et peuplée par les « Tartares », nom générique donné aux peuples turco-mongols[1]. Cette aire couvre la Sibérie, le Turkestan, la Mongolie, la Mandchourie et quelquefois le Tibet. La Tartarie désignait également, au XVIIe siècle, l'Empire mongol[2]. Le nom provient du peuple des Tatars et a été appliqué à l'ensemble des peuples turcs[3].

À cette époque, les occidentaux distinguaient généralement :

Athanasius Kircher parle également dans son ouvrage La Chine illustrée de Tartarie cistérieure et de Tartarie majeure[7].

Tartarie chinoise[modifier | modifier le code]

Carte de la Tartarie indépendante (en jaune) et de la Tartarie chinoise (en violet), en 1806 par le cartographe britannique, John Cary.

En 1806, sur la carte de J.Cary de la Tartarie indépendante et de la Tartarie chinoise, on peut noter que :

  • La ville de Xining (notée Siningeci sur la carte, en chinois : 西宁市, xīníngshì) sur la carte, actuelle capitale de la province de Qinghai, n'était pas considéré comme partie de la tartarie chinoise ni du Qinghai. Le Qinghai était encore appelé de son nom en mongol « kokonor » (Khökh nuur), nom donné par les mongols au lac Qinghai et alors intégré à la Tartarie chinoise.
  • Le Népal (« Napaul » sur la carte) et le Bhoutan (« Bootan » sur la carte) sont inclus dans la région du Tibet (« Thibet »).
  • Le Ladakh également sous le nom de « Petit Tibet » (« Little Tibet » en anglais, LIT. THIBET sur la carte).
Magni lama, Père céleste adoré des rois de Tartarie Pour Kircher

Athanasius Kircher, dans son ouvrage La Chine illustrée, explique que dans la grande monarchie Tanguthe[8], le royaume de Barantola, ou royaume de laſſa[9] adorent plusieurs idoles parmi lesquelles celle qu'on appelle Menipe et répètent plusieurs fois O Manipe mi hum[10]. Y vivent deux rois, l'un appelé Deva qui fait régner la justice, un autre qui vit oisivement dans son palais, adoré des habitants comme une divinité et dont tous les autres rois de la Tartarie sont sujet, entreprennent des pèlerinages pour le couvrir de dons, qu'ils appellent Père éternel et céleste, couvert d'or, d'argent et de pierreries, élevé sur un lieu éminent et qui est assis sur un duvet[11].

Tartarie indépendante[modifier | modifier le code]

Dans la Tartarie indépendante étaient inclus les actuels Kirghizstan (« Kirgees great horde » sur la carte), Ouzbékistan (« Bucharia » sur la carte), Boukhara est une de ses principales villes actuelles, ainsi qu'une partie des actuels Kazakhstan et Afghanistan.

Armoiries de la Tartarie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Maury, « : La Terre et l'Homme, ou Aperçu historique de géologie, de géographie et d'ethnologie générales, pour servir d'introduction à l'histoire universelle — Race jaune, page 452 », sur Gallica
  2. Athanasius Kircher, La Chine illustrée, , 124 p. (lire en ligne) « […]s'en alla luy meſme trouver le grand Cham de Tartarie, (que Paul Venitien appelle Cublai, à cauſe de Cingiſcan qui eſtoit le premier Roy des Tartares, lequel regnoit en Cathaye & en Tartarie)[…] »
  3. Abel-Rémusat 1820, p. 233.
  4. a et b Fichier:1806 Cary Map of Tartary or Central Asia - Geographicus - Tartary-cary-1806.jpg Map of Tartary or Central Asia - Geographicus, Cary, 1806
  5. L'asie, Deslile, 1700
  6. (mn-Mong) « Carte chorographique de la Tartarie chinoise comprenant la Mongolie et la Mandchourie depuis la Dzoungarie jusqu'à l'ile de Sakhaline », sur Gallica.bnf.fr, 1720~1729
  7. Athanasius Kircher, La Chine illustrée, , 17124 p. (lire en ligne) « […]car non seulement la Palaſtine, la Tartarie ciſterieure, comme aussi tous les royaumes de l'Armenie, de Colchide, de Turcie, de Babilone, de Syrie, receurent les lumieres de la foy par le zele d'Haoloin[…]Mais il arriva que auſſi tout ceux de la Tartarie majeure, & des païs qui font aux extremités du royaume de Cathaie[…] »
  8. Nom donné au Khanat qoshot, situé à l'emplacement de l'ancien pays des Tangoutes
  9. La Chine illustrée, 95 p. (lire en ligne)
  10. La Chine illustrée, 96 p. (lire en ligne)
  11. La Chine illustrée, 97 p. (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]