Tangoutes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple tangoute. Pour la langue tangoute, voir Tangoute.
Tangout priant

Les Tangoutes ou Tangouts (du mongol : ᠲᠠᠩᠭᠤᠳ, romanisation : tangγud (pluriel mongol de tang[1]) ; mongol cyrillique : тангад, romanisation Tangad ; en chinois simplifié : 党项 ; chinois traditionnel : 党項 ; pinyin : dǎngxiàng ; appelés en tibétain : མི་ཉག་, Wylie : mi nyak) sont un peuple d'Asie, dont l'histoire remonte à la dynastie Tang, et qui ont formé un empire connu sous le nom de Xia occidentaux (du chinois : 西夏 ; pinyin : xī xià) entre 1036 et 1227. Leur langue, le tangoute, est une des rares langues tibéto-birmanes à avoir disposé d'une écriture indigène.

L'écriture tangoute, logographique, aurait été créée par Yeli Renrong (野利仁荣), entre 1036 et 1038 d'après « L'histoire des Song » (1346)[2]. Elle ressemble graphiquement à l'écriture han, son écriture sigillaire utilise également la même graphie que la graphie Han, mais la construction des caractères diffère. Un nombre important de documents bouddhiques, d'origine chinoise ou tibétaine ont été traduits en tangout et imprimés en xylographie[3].

Certains pensent qu'ils sont d'origine tibétaine, mais on a tendance à penser aujourd'hui qui sont d'origine turque[4]

Au VIIe siècle, les Tangoutes vivaient sur le Plateau Tibétain, et au XIIIe siècle, ils avaient émigré dans le corridor de Gansu[réf. nécessaire]. Là, ils avaient fondé un royaume dirigé par la dynastie des Xia occidentaux.

Ce fut le premier pays conquis par les Mongols, alors dirigés par Gengis Khan. Après avoir perdu une première guerre, les Tangoutes refusèrent de fournir des troupes au Khan[5],[6].Furieux, ce dernier lança une expédition punitive contre eux[7]. Les mongols durent lutter contre les places fortifiées des tangoutes de 1205 à 1209 pour arriver à leur fins[8].Irrité par cette résistance, Gengis Khan ordonna la destruction complète du royaume Tangoute[9],[10].

Les Qiang, minorité ethnique du Sichuan, se considèrent aujourd'hui comme les descendants des Tangoutes[11].

Culture moderne[modifier | modifier le code]

Dans le film Mongol (2007), retraçant la vie de Genghis Khan, une ville tangoute, où Genghis Khan est emprisonné, et leur mode de vie sont mis en scène. Toutefois, la représentation n'est pas tout à fait historique, les Tangoutes y parlent mandarin. Cette langue était probablement la langue diplomatique de l'Asie, mais a priori pas la langue vernaculaire de cet État[réf. nécessaire].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Drège, « Le livre imprimé sino-tangout », in Journal asiatique, vol. 294, no 2, 2006, p. 343-371
  • (en) Ruth W. Dunnell, Tanguts and the Tangut State of Ta Hsia, Princeton University, 1983, 796 p. (thèse)
  • Guillaume Jacques, Textes tangoutes. Nouveau recueil sur l'amour parental et la piété filiale, Lincom Europa, München, 2007, 168 p. (ISBN 9783895867668)
  • (en) Evgeniĭ Ivanovich Kychanov, On the problem of Tangut ethnogenesis : (Topa-Weimin Wamo), Naouka, Moscou, 1964, 14 p.
  • (de) E. I. Kyčanov et Herbert Franke, Tangutische und chinesische Quellen zur Militärgesetzgebung des 11. bis 13. Jahrhunderts, Verl. der Bayerischen Akademie der Wissenschaften in Kommission bei der C. H. Bech'schen Verlagsbuchhandlung, München, 1990, 84 p. + pl. (contient la traduction allemande par H. Franke de textes chinois et tangout, réalisée d'après la traduction russe de E. I. Kyčanov ; contient la reprod. en fac-sim. du texte d'un incunable conservé à l'Académie des sciences d'URSS sous la cote Tang 59) (ISBN 3-7696-0099-1)
  • Henri Cordier, Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers : depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie Mandchoue, vol. Tome 2, Paris, P. Geuthner, 1920-1921 (notice BnF no FRBNF37453441, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Cordier « Histoire générale de la Chine » 1920~1921, p.199
  2. « 《宋史‧卷四百八十五‧列传第二百四十四‧外国一‧夏国上》 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 16 mai 2017)
  3. (zh) 徐庄,« 《略谈西夏雕版印刷在中国出版史中的地位》 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 16 mai 2017),出版学术网
  4. (en) T'oung Pao – The Structure of the Tangut [Hsi Hsia] Characters de Luc Kwanten
  5. (en) George C. Kohn, Dictionary of Wars, New York City, Infobase Publishing, (ISBN 9781438129167, lire en ligne), p. 205
  6. (en) John Man, Genghis Khan: Life, Death, and Resurrection, New York City, St. Martin's Press, (ISBN 9780312366247, lire en ligne), p. 160
  7. (en) James B. Emmons, Genghis Khan, Santa Barbara, California, ABC-CLIO, (ISBN 9781598844153, lire en ligne), p. 139
  8. Stephen R. Turnbull, Genghis Khan & the Mongol Conquests 1190-1400 (lire en ligne)
  9. (en) Frederick W. Mote, Imperial China: 900-1800, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press, , 255–256 p. (ISBN 0674012127)
  10. Une histoire du Tibet : Conversations avec le dalaï lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, (ISBN 2-259-19891-0)
  11. Jean Sellier, Atlas des peuples d'Asie méridionale et orientale, La Découverte, Paris, 2008, p. 141.