Syndrome d'hyperphagie incontrôlée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le syndrome d'hyperphagie incontrôlée ou hyperphagie boulimique, en anglais : Binge eating disorder[1]) est un trouble des conduites alimentaires. Il se distingue de la boulimie par l'absence de contrôle du poids et donc l'absence de vomissements, de prise de laxatifs ou de pratique sportive excessive[2]. L'évolution de cette variété est plus favorable en comparaison avec le trouble boulimique.

Les « crises » d'hyperphagie (hyperalimentation) sont caractérisées par la prise, en une courte période de temps (moins de deux heures), d'une quantité de nourriture dépassant ce que la plupart des individus mangent dans le même temps et les mêmes circonstances. La personne n'a pas l'impression d'avoir le contrôle de sa prise alimentaire ni la possibilité de s'arrêter[3].

Contrairement à la boulimie, l'hyperphagie est une prise d'aliments précis et choisis. S'ensuit un sentiment de dégoût, de honte, mais ces compulsions sont incontrôlables. Les crises d'hyperphagie sont souvent liées à un état dépressif, mais peuvent aussi être le signe d'un diabète de type 1.

Symptômes[modifier | modifier le code]

L'hyperphagie se caractérise les troubles suivants[4] :

  • l'ingestion d'une grande quantité de nourriture parfois sans sensation physique de faim en une courte période de temps, nettement plus rapide et volumineuse que la normale, s'accompagnant d'un sentiment de perte de contrôle ;
  • l'individu peut s'isoler pendant les crises pour cacher son comportement ;
  • une sensation de mal-être, de dégoût, des sentiments de culpabilité, ou de honte, après avoir mangé ;
  • ces crises ont lieu au moins une fois par semaine pendant 3 mois ;
  • une absence de comportements compensatoires comme la prise de laxatifs et les vomissements.

Causes[modifier | modifier le code]

Les troubles alimentaires comme l'hyperphagie boulimique se développent suite à la combinaison de plusieurs facteurs tels que les gènes, les émotions et le vécu[5].

Causes biologiques[modifier | modifier le code]

Des études démontrent que des anomalies biologiques peuvent contribuer au développement de l'hyperphagie boulimique, comme un dysfonctionnement de l'hypothalamus où les neurotransmetteurs intervenant dans le processus de régulation de l'appétit et de l'humeur[6][source insuffisante] n'enverraient pas des messages corrects à propos de la faim et du plaisir. Une mutation génétique qui pourrait causer une dépendance à la nourriture a également été trouvée par des chercheurs[réf. nécessaire]

La prise de certains médicaments comme les neuroleptiques peut également avoir une incidence sur les comportements alimentaires[réf. nécessaire].

Causes psychologiques[modifier | modifier le code]

Il existe une forte corrélation entre la dépression et l'hyperphagie. En effet, plus ou moins la moitié des hyperphages souffrent de dépression ou développent celle-ci par la suite[réf. nécessaire]. Certaines études montrent également que l'hyperphagie peut être engendrée par une faible estime de soi, une insatisfaction corporelle et la solitude[5]. La nourriture devient ainsi un refuge, une échappatoire pour ces individus.

Les événements de vie stressants et les traumatismes comme la perte d'un proche ou un abus sexuel peuvent également entraîner des troubles alimentaires [7],[8][6][source insuffisante].

Les causes socio-culturelles[modifier | modifier le code]

Actuellement, la société prône une image de la beauté qui pousse beaucoup de personnes à entamer un régime[réf. nécessaire]. Une accumulation de régimes amincissants chez des personnes vulnérables mène parfois à l'hyperphagie[9][source insuffisante].

Conséquences et complications[modifier | modifier le code]

L'hyperphagie boulimique peut mener à différents problèmes physiques et psychologiques. L'ingestion d'autant de nourriture provoque généralement un gain de poids pouvant aller jusqu'à l'obésité[2][10][source insuffisante], ce qui augmente le risque de ces problèmes de santé :

Les personnes hyperphagiques souffrent aussi souvent de ces affections mentales[réf. nécessaire] :

Traitements[modifier | modifier le code]

La psychothérapie, par exemple, les thérapies cognitivo-comportementales[13], permet à l'individu de renouer un contact sain avec la nourriture[14], se réconcilier avec les aliments, ce qui lui permettra surtout d'arrêter de manger quand arrive la satiété.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) R L Spitzer, S Yanovski, T Wadden, R Wing, M D Marcus, A Stunkard, M Devlin, J Mitchell, D Hasin, R L Horne, « Binge eating disorder: its further validation in a multisite study », The International journal of eating disorders, vol. 13, no 2,‎ , p. 137-153 (ISSN 0276-3478, PMID 8477283).
  2. a et b Editions Médecine & Hygiène, « Obésité et troubles du comportement alimentaire : comment faire ? - revmed », sur www.revmed.ch (consulté le 26 mai 2016)
  3. (en) Susan L. Colles, John B. Dixon, Paul E. O'Brien, « Loss of Control Is Central to Psychological Disturbance Associated With Binge Eating Disorder », Obesity, vol. 16, no 3,‎ , p. 608-614 (ISSN 1930-7381, PMID 18239550, DOI 10.1038/oby.2007.99, lire en ligne).
  4. (en) APA, DSM 5, http://www.dsm5.org/
  5. a et b « Troubles du comportement alimentaire : Hyperphagie », sur www.psyris.be, .
  6. a et b « D'où vient l'hyperphagie ? »
  7. (en) Kathleen M. Pike, Denise Wilfley, Anja Hilbert et Christopher G. Fairburn, « Antecedent life events of binge-eating disorder », Psychiatry Research, vol. 142,‎ , p. 19–29 (ISSN 0165-1781 et 1872-7123, PMID 16713629, PMCID 2778794, DOI 10.1016/j.psychres.2005.10.006, lire en ligne, consulté le 26 mai 2016)
  8. (en) Karen S. Mitchell, Suzanne E. Mazzeo, Michelle R. Schlesinger et Timothy D. Brewerton, « Comorbidity of partial and subthreshold ptsd among men and women with eating disorders in the national comorbidity survey-replication study », International Journal of Eating Disorders, vol. 45,‎ , p. 307–315 (ISSN 1098-108X, PMID 22009722, PMCID 3297686, DOI 10.1002/eat.20965, lire en ligne, consulté le 26 mai 2016)
  9. « Hyperphagie. Quelles causes ? », sur sante.lefigaro.fr
  10. « Hyperphagie. Quelles complications ? », sur sante.lefigaro.fr
  11. http://www.psyris.be/articles-thematiques/35-psychologie/82-troubles-du-comportement-alimentaire-hyperphagie
  12. http://cliniquemedecine.com/hyperphagie-boulimique.html
  13. http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/poids/articles/10633-hyperphagie-binge-eating.htm
  14. http://sante.lefigaro.fr/mieux-etre/nutrition-pratique/hyperphagie/quel-traitement

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Christopher G. Fairburn, Zafra Cooper, Helen A. Doll, Patricia Norman, et Marianne O'Connor. « The Natural Course of Bulimia Nervosa and Binge Eating Disorder in Young Women » Arch Gen Psychiatry juillet 2000;57:659-65.
  • (en) Carlos M. Grilo et Robin M. Masheb « Childhood Psychological, Physical, and Sexual Maltreatment in Outpatients with Binge Eating Disorder: Frequency and Associations with Gender, Obesity, and Eating-Related Psychopathology » Obes. Res. mai 2001 ; 9: 320-5.
  • (en) Ruth H. Striegel-Moore, Faith-Anne Dohm, Kathleen M. Pike, Denise E. Wilfley, et Christopher G. Fairburn « Abuse, Bullying, and Discrimination as Risk Factors for Binge Eating Disorder » Am J Psychiatry novembre 2002;159:1902-7.
  • François Faucon, Hyperphagie. L'obsession de manger, Éditions du Cygne, 2008 (OCLC 471034307)