Street medics

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Street medics à Bordeaux en février 2019.

Les street medics (en français « soigneur ou secouriste de rues ») sont des volontaires qui fournissent des soins médicaux, comme les premiers secours, lors de manifestations. Contrairement aux ambulanciers ou aux ambulanciers paramédicaux, qui travaillent pour des institutions plus établies, les street medics opèrent généralement de manière moins formelle[1] et n'ont pas toujours bénéficié d'une formation médicale[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Le mouvement des street medics naît aux États-Unis avec le mouvement afro-américain des droits civiques et le mouvement anti-guerre (en) dans les années 1960[3]. Ils conçoivent la médecine comme de l'auto-défense, et apportent un soutien médical à l'American Indian Movement, aux Vietnam Veterans Against the War (en), aux Young Lords, au Black Panther Party et à d'autres formations révolutionnaires des années 1960 et 1970[4].

Dans les années 1990, les street medics accompagnent l'essor des mouvements altermondialistes. On peut les retrouver aussi en Palestine pendant la Seconde intifada, lors des printemps arabes ou des mouvements sociaux récents en Grèce et en Espagne[5].

En France, l'enclave pionnière fut celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes[5]. Dans l'Hexagone et en Belgique, ils ont surtout été popularisés dans les médias par leurs actions pendant les mouvements des Gilets jaunes en 2018 et 2019[6],[7]. Amnesty International France dénonce fin 2018 les fouilles abusives des forces de l'ordre, qui confisquent matériels de protection et de soin des secouristes[8].

Profils[modifier | modifier le code]

Parmi les street medics, il n'y a pas que des professionnels, il y a aussi des bénévoles. En France, ces bénévoles n'ont que le diplôme du PSC1 (premier secours), parmi les professionnels on peut trouver des infirmiers, des médecins, des ambulanciers et même d'anciens sapeurs pompiers. On peut les reconnaître grâce à leur tenue (t-shirt blanc avec une croix rouge ou bleue)[9].

Pour se protéger, ils utilisent des casques de skate, des masques à gaz et des lunettes de ski. Chaque street medics emporte avec lui un sac contenant : des compresses, des pansements, du désinfectant, des pansements compressifs, des sprays de refroidissement, du sérum physiologique, des bandages et un peu d'eau sucrée en cas de malaise. Pour se procurer leur matériel, les street medics font appel à des dons à travers une cagnotte ou l'achètent eux-mêmes[9].

Quand un manifestant est blessé, la foule crie « medics ! » et une équipe intervient. L'équipe se compose d'un binôme ou d'un trinôme. En cas de doute sur le diagnostic médical ou en cas de blessure grave, ils font appel aux secours. Certains street medics refusent de soigner les forces de l'ordre car ils sont soit anarchistes, soit contre l'armement de la police et contre l'autoritarisme[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Medic! », .
  2. Antoine Hasday, « Pourquoi les « street medics » sont devenus indispensables dans les manifestations », sur Slate, (consulté le 20 janvier 2019).
  3. [PDF] (en) Cynthia K. Buccini, Street Medicine, Université de Boston, , 6 p. (lire en ligne)
  4. (en) Gerald Nicosia, Home to war : a history of the Vietnam veterans' movement, Crown Publishing Group (en), (ISBN 0-8129-9103-6)
  5. a et b Morgane Rubetti, « Qui sont les « street medics », ces soignants des manifs ? », sur Les Inrocks, (consulté le 5 avril 2019).
  6. Lucie Bras, « Les street medic viennent en aide aux blessés dans les manifestations », sur 20 minutes, (consulté le 5 mars 2019).
  7. Eva Fonteneau, « Gilets jaunes : les Street Medics « en première ligne face aux violences » », sur Libération, (consulté le 5 mars 2019).
  8. « Gilets jaunes : usage excessif de la force par la police », sur Amnesty International France, (consulté le 30 mars 2019).
  9. a b et c « Apolitiques ou anarchistes, les « street medics » portent secours aux « gilets jaunes » », sur Le Figaro, (consulté le 5 avril 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]