Steve McCurry

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Steve McCurry
Image illustrative de l'article Steve McCurry
Steve McCurry lors d'une conférence à Kuala Lumpur en Malaisie.

Naissance
Philadelphie
Etat dePennsylvanie
Profession Photographe
Spécialité Photojournalisme
Récompenses World Press, POYi
Site internet Stevemccurry.com
Médias
Pays États-Unis

Steve McCurry, né le à Philadelphie, dans l'État de Pennsylvanie, États-Unis, est un photographe américain

Membre de l'Agence Magnum depuis 1986, à la recherche de ce qu'il appelle « l'inattendu, le moment du hasard maîtrisé, qui permet de découvrir par accident des choses intéressantes que l'on ne cherchait pas. » Il est très connu pour sa photographie en couleur très évocatrice, dans la tradition du reportage documentaire, et notamment le portrait emblématique de l'afghane Sharbat Gula prise pendant la guerre d'Afghanistan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Steve McCurry rêvait, étant jeune, de devenir un cinéaste documentaire. Il fit des études au Collège d'arts et d'architecture de l'université d'État de Pennsylvanie, où il a obtenu un diplôme avec félicitations. À dix-neuf ans, il passe une année à voyager en Europe, un peu partout, travaillant comme serveur dans un restaurant à Amsterdam, puis à Stockholm. Il est ensuite parti à la découverte de l'Amérique du Sud, puis de l'Afrique. « Je crois que j'ai toujours voulu voir le monde, explorer de nouvelles cultures », dit-il dans une interview publiée sur internet[réf. nécessaire] à l'occasion de la sortie de son livre « Sud Sud-Est», qui rassemble ses images de l'Asie du Sud et du Sud-Est.

McCurry a donc cherché une profession lui permettant de concrétiser cette envie. Il débuta sa carrière en travaillant deux ans comme photographe dans un journal, qu'il quitta pour partir en Inde, en 1978, comme photojournaliste pigiste. C'est là, qu'il a appris à observer la vie et à attendre. Il se rendit compte que lorsque l'on attend, « les gens oublient l'appareil et leur âme pénètre dans l'image. »

Sa carrière s'est trouvée lancée quand, déguisé avec une tenue indigène, il franchit la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan pour pénétrer dans les zones contrôlées par les moudjahiddins (« combattants d'Islam »), juste avant l'invasion soviétique. Quand il ressortit — il avait fait coudre les rouleaux de film à l'intérieur de ses vêtements — ses images furent publiées dans le monde entier et étaient parmi les premières qui montraient le conflit qui venait de débuter. Son reportage obtint le Prix Robert Capa Gold Medal pour le meilleur reportage photographique à l'étranger, une récompense consacrant les photographes ayant fait preuve d'un courage et d'un esprit d'initiative exceptionnels.

McCurry a couvert beaucoup de zones de conflits internationaux ou civils, parmi lesquels la Guerre Iran-Iraq, la guerre civile libanaise, le Cambodge, les Philippines, la Guerre du Golfe, l'éclatement de l'Ex-Yougoslavie et l'Afghanistan. Il s'est surtout intéressé aux conséquences humaines de la guerre.

En avril 2016, l'image du photojournaliste est écornée par le scandale des photos retouchées[1],[2],[3]. On découvre que de nombreuses photos ont été retouchées ou mises en scène. Son portrait de l'Afghane aux yeux verts ne fait pas exception[4].

New York, 11 septembre 2001[modifier | modifier le code]

Le , Steve McCurry était dans son bureau à New York, dans un immeuble près de Washington Square, lorsque les avions percutèrent les tours du World Trade Center. Il venait juste, la nuit précédente, de rentrer du Tibet, et était en train d'ouvrir son courrier. On l'appelle pour lui dire de regarder par la fenêtre. Lorsqu'il vit la fumée et les flammes, il saisit son appareil-photo et grimpa en courant jusqu'au toit de son immeuble, d'où il avait une vue dégagée sur tout le centre-ville. Entre le moment où il a commencé à photographier depuis son toit et l'écroulement de la première tour, il ne s'est écoulé que quarante minutes. Il s'est ensuite précipité sur place avec son assistant, et après avoir franchi les barrages de police, a pu photographier le chaos indescriptible qu'il avait sous les yeux, jusqu'à la tombée de la nuit. Il y est retourné le lendemain matin, très tôt, profitant de l'obscurité pour pénétrer dans la zone interdite, et est resté là à prendre des photos aussi longtemps qu'il put avant d'être refoulé du secteur. Dans son Journal, il note : « La tristesse était indescriptible. J'avais vu ces bâtiments chaque jour de ma fenêtre. Ils étaient, pour moi, encadrés avec la voûte de Washington Square », et encore : « J'ai essayé de traduire sur la pellicule ce que je ressentais, l'horreur et la perte. C'était totalement un autre niveau du mal. »

L'Afghane aux yeux verts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sharbat Gula.
Exposition de Steve McCurry à Rome

Parcourant le monde, Steve McCurry réalise de nombreuses photographies, dont le célèbre portrait d'une jeune afghane réfugiée au Pakistan, intitulé Afghan Girl. Le National Geographic Magazine, qui a publié plusieurs de ses clichés, en fait la couverture de son numéro de juin 1985. McCurry n'apprend son nom — Sharbat Gula — qu'en janvier 2002, avant de la photographier de nouveau[5],[6].

Qualifiée d'iconique, cette image devient la plus connue du magazine, qui la reprend comme couverture pour son ouvrage rétrospectif National Geographic 100 Best Pictures en 2002[6].

En avril 2016, McCurry admet que plusieurs photographies qu'il a réalisées ont été retouchées ou mises en scène, pour le National Geographic notamment4,5,6,7,8. Le portrait de l'Afghane ne fait pas exception, la photo de la couverture du National Geographic Magazine ayant été retouchée au niveau des yeux comme l'a démontré un photographe indépendant indien, Kshitij Nagart[7]. Si l'on fait fi des différences évidentes de la gestion de la couleur en raison de différents processus de numérisation / d'impression, on remarque néanmoins que certaines zones autour des yeux ont été retouchées : la chair autour de l'orbite de l’œil est moins creuse que la photo originale. Les yeux sont surtout plus propres : la saleté et la boue ont été effacées sur la couverture du National Geographic Magazine[8]. Dans les publications postérieures de Steve McCurry, la saleté sera de nouveau présente et le fond plus vert que nature.

Récompenses et autres travaux[modifier | modifier le code]

Ses reportages les plus récents ont conduit Steve McCurry à Angkor Vat, au Yémen, au Cachemire, en Inde, pour la célébration du cinquantième anniversaire de l'indépendance, en Birmanie, au Sri Lanka et à Bombay.

Il a reçu de nombreux prix, dont celui de « Photographe magazine de l'année », remis en 1984 par l' Association nationale des photographes de presse américaine. C'est cette même année qu'il a obtenu — fait sans précédent — quatre Premiers prix, lors du concours du World Press Photo. Il a également remporté à deux reprises le prix Olivier Rebbot.

En 2012, l'association Reporters sans frontières qui défend la liberté de l'information, publie l'album 100 photos de Steve McCurry pour la liberté de la presse[9].

Steve McCurry a reçu de nombreux prix, notamment de NPPA, World Press Photo et Pictures of the Year International (POYi)

  • 1984 : World Press 1er Prix [10]
  • 1985 : McCurry, National Geographic, Magazine Photographer of the Year [11]
  • 1991 : Steve McCurry, Individual awards, Children's Award [12]
  • 1991 : Steve McCurry, 1st prize, General News stories [13]
  • 1985 : McCurry, National Geographic, Magazine Photographer of the Year [11]
  • 2006 : Prix : Editing Division / Magazine Multiple Page Feature Story [14]
  • 2012 : Grand prix de reconnaissance spécial du jury du concours POYi [15],[16] pour "THE ICONIC PHOTOGRAPHS"', publié par Phaidon Press.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La plupart de mes images sont fondées sur les gens, et j'essaye de transmettre ce qu'il semble que ces personnes doivent être, des personnes saisies dans un paysage plus large, ce que l'on pourrait appeler la condition humaine. »
  • « De manière inconsciente, je crois, je guette un regard, une expression, des traits ou une nostalgie capable de résumer ou plus exactement de révéler une vie. »
  • « Je préfère prendre un risque plutôt que ne pas le prendre, après je me pose la question de savoir si j'aurai dû. Je pense que rien n'est pire que d'être timide. »
  • « Je crois que l'image doit refléter exactement ce que vous avez vu et vécu lorsque vous avez pris la photo. Je ne pense pas que vous devriez avoir à faire des ajustements avec Photoshop - pour obtenir couleurs de criardes. Je veux saisir tout simplement la vie telle qu'elle est, sans interférer et je veux qu'elle reflète la réalité, en fait. »[17]
  • « Je suis un conteur visuel, pas un photojournaliste. »[18]

Le scandale des photographies retouchées, 29 avril 2016[modifier | modifier le code]

Le 29 avril 2016, le photographe italien Paolo Viglione a découvert[19] que l'une des photos de Steve McCurry exposées au palais Venaria Reale à Turin avait été retouchée[20]. Paolo Viglione découvre un détail troublant à l’arrière-plan de la photo Cuba: un morceau de poteau de signalisation manquant traîne dans les pieds d’un piéton tout proche. Entre temps, différents blogs et de sites d'actualité reprennent l’information[1],[2],[3], mettant en avant cette « modification » de la réalité dans plusieurs photos de Steve McCurry[21]. Le 31 mai, face à la preuve incontestable de ses propres manipulations visuelles, McCurry a été contraint de redéfinir son statut de photographe : interviewé par le Time Magazine, Steve McCurry déclarera : « Je suis un conteur visuel, pas un photojournaliste. »[18]

À la suite d'une enquête, l'agence Magnum et le National Geographic ont retiré certaines photographies suspectées de manipulation de Steve McCurry de leurs sites web[22].

Les explications de Steve McCurry, se qualifiant de « conteur visuel », storyteller, et « non de photojournaliste »[18] n'ont pas convaincu le comité d'éthique du National Press Photographers Association (Association Nationale des Photographes de Presse : NPPA) des États-Unis, qui a publié un communiqué sévère à l'endroit du photographe, le 25 mai 2016[23]. « Se distancer du photojournalisme, sur lequel McCurry a bâti sa carrière, ne sera pas aussi facile que de diffuser un communiqué de presse et s'autoproclamer photographe artistique »[23], déclare l'association. « Nonobstant le titre que Steve mcCurry se donne aujourd'hui, il a la responsabilité de respecter les standards éthiques de ses pairs et du public, qui voit en lui un photojournaliste »[23], écrit le comité, qui conclut que « toute altération de la vérité constitue un manquement à l'éthique[23] ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Agenda, expositions[modifier | modifier le code]

  • Steve McCurry - Rétrospective - Théâtre de la Photographie et de l’Image[25] - Nice

-

  • Renaître à la vie - Agence Magnum - Musée de l'Homme - Palais de Chaillot - Paris - France

(2008-12-29 - 2008-12-30)

  • Jordan Festival - Contemporary ArtsJordan Festival - Jordan Tourism Board - Zara Centre - Jordan

(2008-07-08 - 2008-08-09)

  • Exposition de Steve McCurry - Ville de Rennes - Rennes - France

(2007-09-07 - 2007-10-07)

  • Steve McCurry Photographies - Galerie Frédéric Got Fine Art - (contact/organisation : Sébastien Pronovost) - Paris - France

(2007-07-01 - 2007-07-31)

  • Magnum à l'affiche - Une expo dans la rue

(2007-07-05 - 2007-07-25)

  • Exposition de Steve McCurry - Fahey Klein Gallery - CA 90036 Los Angeles - États-Unis

(2007-05-03 - 2007-06-23)

  • Sojourn: Narratives of Asia - ModenArte - Modena - Italie

(2006-11-25 - 2007-01-27)

  • Paris Photo 2005 - Carrousel du Louvre - Paris - France

(2005-11-17 - 2005-11-20)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Emmanuelle Jardonnet, « Le photojournaliste Steve McCurry tombe dans un panneau cubain », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  2. a et b Peter van Agtmael, « Why Facts Aren't Always Truths in Photography », sur TIME.com (consulté le 30 mai 2016)
  3. a et b Peter van Agtmael, « Why Facts Aren't Always Truths in Photography », sur TIME.com (consulté le 30 mai 2016)
  4. « Eyes of the Afghan Girl: A Critical Take on the 'Steve McCurry Scandal' », sur PetaPixel,‎ (consulté le 14 juin 2016)
  5. (en) Cathy Newman, « A life revealed », sur nationalgeographic.com,‎
  6. a et b Helen Rowe, « Steve McCurry révèle l'histoire de l'Afghane aux yeux verts », sur lapresse.ca,‎ .
  7. « Eyes of the Afghan Girl: A Critical Take on the 'Steve McCurry Scandal' », sur PetaPixel,‎ (consulté le 14 juin 2016)
  8. « Eyes of the Afghan Girl: A Critical Take on the 'Steve McCurry Scandal' », sur PetaPixel,‎ (consulté le 14 juin 2016)
  9. 100 photos de Steve McCurry pour la liberté de la presse
  10. http://www.archive.worldpressphoto.org/search/layout/result/form/wpp/q/ishoofdafbeelding/true/trefwoord/photographer_formal/McCurry%2C%20Steven
  11. a et b https://nppa.org/page/3041
  12. http://www.archive.worldpressphoto.org/search/layout/result/indeling/detailwpp/form/wpp/q/ishoofdafbeelding/true/trefwoord/photographer_formal/McCurry%2C%20Steven/trefwoord/year/1991
  13. http://www.archive.worldpressphoto.org/search/layout/result/indeling/detailwpp/form/wpp/start/1/q/ishoofdafbeelding/true/trefwoord/photographer_formal/McCurry%2C%20Steven/trefwoord/year/1991
  14. http://www.poyi.org/63/winnerslist.html
  15. https://www.magnumphotos.com/C.aspx?VP3=SearchResult&ALID=2K7O3RKG9JUM
  16. http://poyi.org/69/69winnerslistl.html
  17. « Interview de Steve McCurry lors du TEDxAmsterdamWomen », sur ted.com,‎
  18. a, b et c Olivier Laurent, « Steve McCurry: I'm Not a Photojournalist », sur TIME.com (consulté le 30 mai 2016)
  19. (it) « Quando steve McCurry etc etc - paolo viglione fotografo di matrimonio a cuneo e dronero », sur paolo viglione fotografo di matrimonio a cuneo e dronero,‎ (consulté le 30 mai 2016)
  20. « Botched Steve McCurry Print Leads to Photoshop Scandal », sur PetaPixel,‎ (consulté le 30 mai 2016)
  21. « More Photoshopped Photos Emerge in the Steve McCurry Scandal », sur PetaPixel,‎ (consulté le 30 mai 2016)
  22. (fr) « Un célèbre photographe américain rattrapé par la controverse | Laura-Julie Perreault | Médias », sur La Presse (consulté le 31 mai 2016)
  23. a, b, c et d « News | NPPA », sur nppa.org (consulté le 31 mai 2016)
  24. http://boutique.rsf.org/products/100-photos-de-steve-mccurry-pour-la-liberte-de-la-presse
  25. Rétrospective à Nice

Liens externes[modifier | modifier le code]