Sharbat Gula

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Sharbat Gula
Guernica - 06.JPG
Graffiti inspiré par le portrait photographique de Steve Mc Curry
Biographie
Naissance
Nationalité
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Religion
Affiche à l'effigie de Sharbat Gula pour informer le public sur l’exposition The World of Steve McCurry au palais de la Bourse à Bruxelles, mai 2017.

Sharbat Gula, ou Sharbat Bibi, aussi appelée la « jeune fille afghane » ou « l'Afghane aux yeux verts », est une Afghane de l'ethnie pachtoune née en 1972. Durant la guerre d'Afghanistan, elle a été forcée de quitter le pays et c'est dans un camp de réfugiés au Pakistan que le journaliste Steve McCurry l'a photographiée en 1984. Son visage est devenu célèbre lorsqu'il a fait la couverture du magazine National Geographic en juin 1985. Sharbat Gula était connue de par le monde simplement par ses surnoms avant d'être retrouvée en 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

Exil[modifier | modifier le code]

Sharbat est devenue orpheline à la suite de l'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques, ce qui l'obligea à s'enfuir au Pakistan en 1984. Son village a été attaqué par des hélicoptères soviétiques au début des années 1980. L'attaque soviétique a tué ses parents et l'a forcée, avec ses frères et sœurs ainsi que sa grand-mère, à franchir les montagnes pour rejoindre le camp de réfugiés Nasir Bagh au Pakistan.

Elle s'est mariée avec Rahmat Gul à la fin des années 1980. Sharbat Gula a eu quatre filles : Robina, Zahida, Alia, et une autre morte durant sa petite enfance. Elle a exprimé l'espoir que ses filles puissent être instruites et recevoir l'éducation qu'elle n'a pas eu la chance d'avoir.

En 2015, elle resurgit dans l'actualité lorsque sa carte d'identité pakistanaise se révèle illégale. Elle se fait appeler à cette époque Sharbat Bibi, du nom de son mari[1].

Retour dans son pays natal[modifier | modifier le code]

Après son arrestation en octobre 2016 par les autorités pakistanaises et 15 jours d'emprisonnement, un représentant du consulat afghan à Peshawar annonce avoir payé l'amende de cent dix mille roupies (950 euros) de sa condamnation pour fraude et confirme son retour en Afghanistan. Après son expulsion du Pakistan, où elle avait fui la guerre plus de 30 ans auparavant, elle a été accueillie le 9 novembre dans son pays par le président Ashraf Ghani en personne qui a organisé une cérémonie en son honneur[2],[3].

Elle avait confié à l'AFP « avoir le cœur brisé de devoir retourner dans son pays d'origine, où les talibans sont à l'offensive face à un gouvernement affaibli. L'Afghanistan n'est que mon lieu de naissance, mais le Pakistan était ma patrie et je l'ai toujours considéré comme mon propre pays » , avait-elle confié à l'AFP depuis son lit d'hôpital à Peshawar, où elle était traitée pour une hépatite C. « J'avais décidé de vivre et de mourir au Pakistan mais ils m'ont fait la pire des choses. Ce n'est pas ma faute si je suis née là-bas (en Afghanistan). Je suis déprimée. Je n'ai pas d'autre choix que de partir. », avait-elle ajouté[3].

Portrait par McCurry[modifier | modifier le code]

La photographie de la jeune Sharbat Gula a été prise au camp de réfugiés de Nasir Bagh en 1984 par le photographe Steve McCurry pour le National Geographic[4] sur un film couleur Kodachrome. Elle étudiait alors à l'école du camp de réfugiés. McCurry, qui avait rarement l'occasion de photographier une Afghane, a saisi l'occasion et capturé son image alors qu'elle avait approximativement 13 ans.

Bien que son nom ne fût pas connu, sa photo, intitulée Afghan girl, en français « la jeune fille afghane », aussi surnommée « la Mona Lisa du tiers monde »[1], a fait la couverture du National Geographic en juin 1985. L'image de son visage, avec son écharpe rouge par-dessus sa tête et ses yeux immenses et verts au regard expressif fixant l'objectif de l'appareil photo, est devenue, dans les années 1980, à la fois le symbole du conflit en Afghanistan et celui de la situation de tous les réfugiés à travers le monde. L'image fut elle-même qualifiée de « photographie la plus reconnue » dans l'histoire du magazine[5].

Le photographe, qui n'avait pas noté son nom, retrouve sa trace en Afghanistan en 2002[4].

Controverse autour du portrait[modifier | modifier le code]

En avril 2016, McCurry admet que plusieurs de ses photographies ont été retouchées ou mises en scène, pour le National Geographic notamment[6],[7],[8],[9],[10]. Le portrait de la jeune Afghane ne fait pas exception, la photo de la couverture du National Geographic Magazine ayant été retouchée au niveau des yeux comme l'a démontré un photographe indépendant indien, Kshitij Nagart[6]. Si l'on fait fi des différences évidentes de la gestion de la couleur en raison de différents processus de numérisation / d'impression, on remarque néanmoins que certaines zones autour des yeux ont été retouchées : la chair autour de l'orbite de l’œil est moins creuse que la photo originale. Les yeux sont surtout plus propres : la saleté et la boue ont été effacées sur la couverture du National Geographic Magazine[6]. Dans les publications postérieures de Steve McCurry, la saleté sera de nouveau présente et le fond plus vert que nature.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sylvie Braibant, « Sharbat Gula, Mona Lisa afghane et icône déchue au Pakistan - 30 ans d'histoire », (consulté le 14 juin 2016).
  2. L'Afghane aux yeux verts du National Geographic expulsée du Pakistan. L'Express (consulté le 4 novembre 2016)
  3. a et b L'Afghane aux yeux verts accueillie avec les honneurs au pays. 7sur7.be (Consulté, le 10 novembre 2016)
  4. a et b Olivier Liffran, « La jeune Afghane aux yeux verts refait parler d’elle », (consulté le 14 juin 2016).
  5. Helen Rowe, « Steve McCurry révèle l'histoire de l'Afghane aux yeux verts », sur lapresse.ca, (consulté le 14 juin 2016).
  6. a b et c « Eyes of the Afghan Girl: A Critical Take on the 'Steve McCurry Scandal' », sur PetaPixel, (consulté le 14 juin 2016)
  7. (it) « Quando steve McCurry etc etc - paolo viglione fotografo di matrimonio a cuneo e dronero », sur paolo viglione fotografo di matrimonio a cuneo e dronero, (consulté le 30 mai 2016)
  8. « Botched Steve McCurry Print Leads to Photoshop Scandal », sur PetaPixel, (consulté le 30 mai 2016)
  9. Emmanuelle Jardonnet, « Le photojournaliste Steve McCurry tombe dans un panneau cubain », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 30 mai 2016)
  10. Peter van Agtmael, « Why Facts Aren't Always Truths in Photography », sur TIME.com (consulté le 30 mai 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]