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Steinberg (supermarché)

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Steinberg
logo de Steinberg (supermarché)

Création 1917
Disparition 1992
Forme juridique Compagnie
Siège social Montréal, Drapeau du Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
Activité Alimentation
Commerce de détail
Immobilier

Steinberg (Steinberg's jusqu'en 1961) est une entreprise québécoise en activité de 1917 à 1992 qui opère des supermarchés, des magasins à rayons et un parc immobilier.

Histoire

Les supermarchés Steinberg débutent par une épicerie en 1917 à Montréal par une immigrante juive-hongroise, Ida Steinberg. Ses cinq fils, menés par Samuel Steinberg, font évoluer la compagnie d'une minuscule épicerie sur le boulevard Saint-Laurent, à la plus grande et la plus populaire chaîne d'épiceries du Québec[1],[2].

Elle est la première à exploiter, dès 1934, le concept du supermarché au Québec, avec des expansions en Ontario (principalement dans la région d’Ottawa) et à certains endroits au Nouveau-Brunswick[3]. Steinberg s'intéresse par la suite au marché immobilier sous l’appellation Ivanhoe Investments et a été propriétaire de plusieurs centres commerciaux[4].

Conformément à la pression croissante de la langue française au Québec, Steinberg's abandonne les «s» possessifs de son nom pour devenir «Steinberg» en 1961. Cela est accompagné de l'introduction d'un nouveau logo comme indiqué au-dessus de cet article (le logo précédent était composé de la signature personnelle de Sam Steinberg). Malgré le changement, la chaîne a continue à être qualifiée de «Steinberg's» auprès du public anglophone et des médias tout au long de son histoire et au-delà[5].

De 1961 à 1992, Steinberg possède et gère également une chaîne de grands magasins à rabais, nommée Miracle Mart (dirigée par la fille de Samuel, Mitzi) et plus tard rebaptisée M.

Difficultés financières (années 1970–1989)

Pendant plusieurs décennies, et jusqu’à la fin des années 1980, Steinberg est la plus grande chaîne d'épiceries au Québec. On trouve des magasins dans presque tous les quartiers de l’île de Montréal et ses concurrents étaient par exemple Provigo et Métro. Samuel Steinberg est l’un des premiers employeurs à réclamer le bilinguisme anglais-français de tous ses employés, ce qui contribue à la suprématie de l'entreprise. La compagnie devient si populaire auprès des Québécois que l’expression « faire son Steinberg » devient synonyme de « faire ses courses », peu importe dans quelle chaîne d'épiceries[1],[2]. La chaîne se développe en Ontario, au-delà de la région d’Ottawa, utilisant généralement les enseignes Miracle Food Mart (en) et Ultra Food & Drug pour ses épiceries ontariennes ailleurs que dans l’est ontarien[6]. En 1961, la chaîne s'associe aux entreprises Woodward pour créer une chaîne de magasins à rayons bon marché. À cause d'un conflit dans les cultures des deux entreprises, Steinberg rompt le partenariat pour créer sa propre chaîne de magasins à rabais, Miracle Mart, qui deviendra « Les Magasins M » en 1985.

Sam Steinberg

Les problèmes commencent pour la compagnie après le décès de Samuel en 1978. Le laisser-aller des négociations avec le syndicat et l’absence de plan de succession marquent le début du déclin de la compagnie. Les choses s’enveniment rapidement quand une lutte de pouvoir s’engage entre la fille de Samuel, Mitzi, son mari Mel Dobrin, sa fille Marilyn Steinberg Cobrin et son autre fille Evelyn Steinberg[4].

Démantèlement et faillite (1989–1992)

À la fin des années 1980, l’augmentation des coûts et la concurrence de plus en plus féroce, particulièrement par Provigo et Metro, ont des conséquences néfastes. En 1988, Steinberg doit se restructurer et fermer bon nombre de magasins. Face aux faibles rendements de leurs placements, les sœurs Steinberg retirent leur capital de l'entreprise et celle-ci est finalement mise aux enchères en janvier 1988. La chaîne ontarienne Loblaws tente d’abord d’acquérir Steinberg, une tentative bloquée par le Gouvernement du Québec.

Le , la compagnie est rachetée par la Caisse de dépôt et placement du Québec et Socanav, une société d’expédition maritime n’ayant aucune expérience dans la grande distribution. Steinberg, dirigée par Socanav, sombre en quelques années et Loblaws tente d’acheter la chaîne de nouveau. L'entreprise ontarienne est déjouée une deuxième fois par le gouvernement québécois qui s’arrange pour que Steinberg soit rachetée par ses deux principaux concurrents : Métro Richelieu et Provigo. Pour éviter les accusations de monopole, Métro Richelieu et Provigo vendent quelques anciens magasins Steinberg à IGA (Hudon et Deaudelin). Les magasins ontariens The Miracle Food Mart et Ultra Food & Drug sont vendus à A&P Canada, qui les renomme Dominion Store (en) comme ses autres magasins. La chaîne Provigo est plus tard rachetée par Loblaws en 1998.

En mai 1992, Steinberg déclare faillite. Le mois suivant, le nom de l'entreprise et ceux de ses magasins dérivés (comme Miracle Mart) disparaissent et les magasins sont progressivement achetés et convertis par ses concurrents[7]. Bien qu'aujourd'hui l'empire de Sam Steinberg n'est plus qu'une chose du passé, deux de ses entreprises sont encore en opération aujourd'hui : Ivanhoe, achetée par la Caisse de dépôt et placement du Québec après la faillite, opérant maintenant sous le nom Ivanhoé Cambridge, et Pik-Nik, chaîne de restaurants créée en 1966[4].

Notes et références

  1. a et b Julie Noël, « Mme I. Steinberg, épicière », sur Mémoires des Montréalais, (consulté le 22 décembre 2020)
  2. a et b (en) Valérie Beauchemin, « Musée du Montréal juif », sur mimj.ca (consulté le 22 décembre 2020)
  3. Steinberg sur L'Encyclopédie canadienne
  4. a b et c Zone Économie ICI.Radio-Canada.ca, « Il y a 25 ans, Steinberg disparaissait », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 22 décembre 2020)
  5. « The Montreal Gazette - Google News Archive Search », sur news.google.com
  6. « La société Steinberg « Histoire du Québec », sur histoire-du-quebec.ca (consulté le 22 décembre 2020)
  7. « Vente de la chaîne de marchés d'alimentation Steinberg », sur bilan.usherbrooke.ca (consulté le 22 décembre 2020)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes