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Stalag 325

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Le Stalag 325 (en allemand : Kriegsgefangenen-Mannschafts-Stammlager  325; en russe : Шталаг 325) est un camp de représailles pour les prisonniers de guerre soviétiques, belges, français et serbes créé par le commandement militaire allemand, qui se trouvait à Lviv[1], ville de la région ukrainienne de Galicie, en république socialiste soviétique d'Ukraine, de à .

Le « Stalag 325 » se trouvait (d'avril à décembre 1942) à proximité de Rava-Rouska[2]. Ses camps satellites se trouvaient à Lemberg, Ternopil, Zolotchiv, Stryï, Zwierzyniec, Terebovlia et Skole. Il ouvre en avril 1942 à l'arrivée des premiers prisonniers français et belges et sera dissout en janvier 1944.

Entrée du camp.

De à , entre 18 000 et 24 000 prisonniers de guerre soviétiques sont détenus à Rava-Rouska et la plupart y trouveront la mort[3],[4]. En , un avis est apposé dans les stalags : sur ordre de l’OKW de Berlin, en date du , les prisonniers français et belges évadés récidivistes, ou coupables de sabotages ou de refus de travail réitérés, doivent être transférés sur Rawa-Ruska et ses sous-camps.

Rawa-Ruska devint ainsi le camp de « déportation » pour les récidivistes français et belges de l'évasion, jugés « irrécupérables » par l'occupant.

Le , le premier convoi de soldats français arrive au camp. Le convoi est parti le avec 2 000 prisonniers[5]. Environ 24 000 prisonniers français et quelques prisonniers belges y seront transférés

Le camp est créé en , les Allemands décidèrent de déporter les « irréductibles » des stalags de l'ouest dans la Judenkreiss, au sein du territoire administré par le Gouvernement général des territoires polonais occupés.

Il a été surnommé par Winston Churchill le « camp de la goutte d'eau et de la mort lente » : il n' eut en effet qu'un seul robinet d'eau non potable pour tout le camp d'avril à octobre 1942 jusqu’au passage de la Croix-Rouge internationale (CICR).

Un certain lieutenant-colonel Herr Borck aurait été le commandant du camp : dans une lettre qui aurait adressée été au procureur peu avant son exécution le , il revendique son action et affirme son intention d'anéantir tous les « terroristes » français[6]. Toutefois, aucune autre source ne permet de confirmer l'authenticité du document ainsi que l'existence de ce commandant. Les recherches modernes s'accordent pour démentir l'existence de ce personnage[7].

Le Stalag 325 était situé en Galicie polonaise, devenue ukrainienne en 1944 et donc ainsi terre soviétique

Rawa-Ruska, situé dans une région à climat continental, très froid et très long (cinq mois de gel de −20 °C à −30 °C), et très chaud l'été, est environné de marécages et de tourbières infestés de moustiques. Typhus, typhoïde, diphtérie, dysenterie bacillaire, diarrhée cholériforme y régnaient de façon endémique, conséquences de la sous-nutrition, des mauvais traitements et du logement dans d'anciennes écuries sans portes ni fenêtres..

Liens externes

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Références

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  1. (ukrainien : Львів, L'viv, [lʲviv] ; polonais : Lwów ; russe : Львов, Lvov : allemand : Lemberg).
  2. International Military Tribunal Series. Nuremberg War Crimes Trials IMT V 240. Paul Roser. Selected Extracts — January 1946(Sur le camp de Rawa Ruska).
  3. « Historique du camp de Rawa-Ruska », sur Ceux de Rawa-Ruska et leurs descendants (consulté le ) : « Quinze à vingt mille Russes y furent envoyés dans un premier temps. Quatre mille par la suite. En mars 1942, juste avant l’arrivée des premiers Français, seulement quatre cents subsistaient encore. Les autres étaient tous morts de faim, de maladies ou de mauvais traitements. ».
  4. Laurent Barcelo, « Rawa-Ruska, camp de la goutte d'eau et de la mort lente », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 202-203, no 2,‎ , p. 155 (ISSN 0984-2292 et 2101-0137, DOI 10.3917/gmcc.202.0155, lire en ligne, consulté le ) :

    « Du mois de juillet 1941 au mois d’avril 1942, plus de 18 000 prisonniers de guerre soviétiques sont détenus à Rawa-Ruska, où ils trouveront la mort. »

    .
  5. Pierre Gaudin, un Marseillais dans la tourmente de 39/45..
  6. « Lettre adressée au procureur général chargé du procès de Nuremberg par l'ancien responsable du camp de Rawa Ruska ».
  7. Martine Reymond-Vaudry, « Un point sur la Recherche historique », Envols, no 296,‎ (lire en ligne [PDF])
  8. « Dessins de Roger Maire ».

Articles8 connexes

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Bibliographie

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