Shichirō Fukazawa

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Shichirō Fukazawa
Shichiro Fukazawa 01.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
Nom dans la langue maternelle
深沢七郎Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Distinctions

Shichirō Fukazawa (深沢 七郎, Fukazawa Shichirō?) est un écrivain et guitariste japonais né le à Isawa, dans la préfecture de Yamanashi[1], et mort le à Shōbu, dans la préfecture de Saitama[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il termine ses années de collège puis mène une vie de vagabond et devient guitariste. En 1954 il se produit au Nichigeki Music Hall (日劇ミュージックホール?)[1].

Sa première nouvelle, La Ballade de Narayama (楢山節考, Narayama bushiko?), gagne le prix de l'Homme nouveau du magazine Chūōkōron en 1956, et est deux fois adaptée au cinéma. D'abord par Keisuke Kinoshita en 1958 (La Ballade de Narayama), puis par Shôhei Imamura en 1983 (La Ballade de Narayama). Ce dernier remporte la Palme d'or au Festival de Cannes 1983.

L'affaire Shimanaka[modifier | modifier le code]

En décembre 1960, l'éditeur Chūōkōron Shinsha publie sa satire historique The Tale of the Elegant Dream (風流夢譚, Fūryū mutan?, aussi connu comme The Story of a Dream of Courtly Elegance)[3],[4], dans laquelle le narrateur rêve que la gauche a pris le pouvoir au palais impérial et a décapité le prince Akihito et la princesse Michiko devant une foule admirative. Cette fiction provoque la colère de l'Agence impériale, et les nationalistes japonais manifestent quotidiennement devant le siège de l'éditeur, réclamant l'exile de Fukazawa et la fermeture de Chūōkōron.

Le , Kazutaka Komori (小森 一孝, Komori Kazukata?), un adolescent de 17 ans membre de l'organisation d'extrême-droite Dai Nippon Aikokutō (大日本愛国党?, Great Japan Patriotic party, fondé en 1951 par Satoshi Akao), fils du député et procureur de Nagasaki, se présente au domicile du président de Chūōkōron Shinsha, Hōji Shimanaka (嶋中鵬二, Shimanaka Hōji?), et demande à le rencontrer. C'est sa domestique, Kane Maruyama (丸山かね, Maruyama Kane?), qui lui ouvre, mais Shimanaka est absent. Komori force alors le passage, tue Maruyama en la poignardant au cœur, et poignarde à plusieurs reprises l'épouse de l'éditeur, Masako Shimanaka, au sein et au bras gauche, lui infligeant une coupure longue de 30 cm et profonde de 7 cm. Avant de s'évanouir, Masako Shimanaka demande à son jeune fils d'appeler une ambulance. Tôt le lendemain, Komori se rend à la police et avoue avoir ciblé Hōji Shimanaka[3].

À la suite de ce meurtre, l'éditeur Hōji Shimanaka, au lieu de défendre la liberté d'expression, présente ses excuses de nombreuses fois. Chūōkōron Shinsha, jusque là pourtant fier de sa tradition de défenseur de la liberté d'expression, commence à s'auto-censurer, et annule la publication d'un numéro spécial sur le système impérial[3],[5]. Shichirō Fukazawa se cache pendant cinq ans à Hokkaidō — car c'est la seule région depuis laquelle il n'a reçu qu'une unique lettre de menaces[3] — et a ouvert un petit commerce d'imagawayaki[6]. Asahi Shinbun publie un éditorial où il conseille aux auteurs de ne pas risquer leur vie pour la liberté d'expression : It is too much for a writer to exercise his freedom of presentation to the extent where common sense is completely forgotten for the sake of art. This absurd style of writing has aroused such conduct. (« C'est dépasser la limite, pour un auteur, que d'exercer sa liberté d'expression jusqu'au point où le bon sens est oublié au nom de l'art. C'est ce style d'écriture absurde qui a suscité un tel comportement. »)[3].

Bien que Fūryū mutan ne soit pas la première fiction à critiquer l'empereur, c'est la première à avoir déclenché de telles réactions[3].

Cette affaire, connue sous le nom de Shimanaka jiken (嶋中事件?), est un tournant dans la liberté d'expression au Japon[6] : depuis février 1961, il n'y a plus eu aucune œuvre (autre qu'underground) présentant un point de vue anti-impérial. On parle du « tabou du chrysanthème », en référence au sceau impérial du Japon[3].

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1956 : Prix de l'Homme Nouveau du magazine Chūōkōron pour Narayama (楢山節考, Narayama bushiko?)
  • 1981 : Prix Tanizaki pour Michinoku no ningyotachi (みちのくの人形たち?)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Une partie des œuvres de Shichirō Fukazawa[7] :

  • La Ballade de Narayama (楢山節考, Narayama bushikō?), Chūōkōron puis Arata Bunko,‎
  • Tōhoku no Zunmu-tachi (東北の神武たち?)[8],‎
  • Fuefukigawa (笛吹川?), Chūōkōron,‎
  • Iwanakereba yokatta noni nikki (言わなければよかったのに日記?), Chūōkōron,‎
  • Tōkyō no prinsu-tachi (東京のプリンスたち?), Chūōkōron,‎
  • The Tale of the Elegant Dream (風流夢譚, Fūryū mutan?, aussi connu comme The Story of a Dream of Courtly Elegance), Chūōkōron,‎
  • Senshūraku (千秋楽?), Kawade shobō shinsha,‎
  • Kōshū komariuta (甲州子守唄?), Kodansha,‎
  • Ningen metsubō no uta (人間滅亡の唄?), Tokuma Shoten,‎
  • Rurō no shuki (流浪の手記?), Tokuma Shoten,‎
  • Hyakushō shigan: tokai wo hanareta jiyūjin no nikki (百姓志願 : 都会を離れた自由人の日記?), Mainichi Shinbun,‎
  • Shomin retsuden (庶民烈伝?), Shinchōsha,‎
  • Kagerōbayashi (かげろう囃子?), Yomiuri Shinbun,‎
  • Makuragyō (枕経?), Yomiuri Shinbun,‎
  • Bonsai rōjin to sono shūhen (盆栽老人とその周辺?), Bungeishunjū,‎
  • Mumyōki (無妙記?), Kawade shobō shinsha,‎
  • Yōboku inu zanshō (妖木犬山椒?), Chūōkōron,‎
  • Michi noku no ningyō-tachi (みちのくの人形たち?), Chūōkōron,‎
  • Chotto ippuku meidō no michikusa (ちょっと一服冥土の道草?), Bungeishunjū,‎
  • Gokuraku makura otoshi zu (極楽まくらおとし図?), Shueisha,‎
  • Yoroku no jinsei (余禄の人生?), Bungeishunjū,‎
  • Yume jiten (夢辞典?), Bungeishunjū,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ja) « 深沢七郎 », sur Kotobank
  2. Journal de l'année, Éditions Larousse, (lire en ligne), p. 506 : « [Nécrologie] Shichiro Fukuzawa[sic] (73 ans), écrivain japonais ; Shobu-machi, préfecture de Saitama, le 18.VIII.87. »
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) John Whittier Treat, Beheaded Emperors and the Absent Figure in Contemporary Japanese Literature [« Empereurs décapités et la grande absence dans la littérature japonaise contemporaine »], vol. 109, t. 1, Modern Language Association, (JSTOR 463014)
  4. Traduction de Fūryū mutan du japonais à l'anglais, sur le site HelloDamage
  5. (en) « Nous ne sommes pas Charlie: Voices that mock authority in Japan muzzled », sur The Japan Times, (consulté le 17 juillet 2016)
  6. a et b (en) « Hirohito and the Making of Modern Japan », JPRI Occasional Paper No. 17, sur Japan Policy Research Institute, (consulté le 17 juillet 2016) : « the mass media stopped publishing articles that could be construed as critical or demeaning of Hirohito and the imperial house »
  7. « Liste des œuvres attribuées à 深沢七郎 », sur CiNii
  8. La lecture normale de 神武 est Jinmu, mais les furiganas officiels sont Zunmu, pour s'approcher au plus près de la prononciation du nord-est, le tōhoku-ben. « 東北の神武(ずんむ)たち », sur Toho (consulté le 29 juillet 2016)