Shar Pei

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Shar Pei
Femelle Shar-peï.
Femelle Shar-peï.
Région d’origine
Région Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Caractéristiques
Taille 44 à 51 cm
Poids 20 à 25 kg
Poil Court (1 à 2,5 cm), dur et hérissé, sans sous-poil
Robe Couleur uni (toutes sauf blanc), possibilité d’hétérogénéité de la teinte
Tête Tête en « hippopotame», chanfrein charnu
Yeux En amandes, avec une couleur foncée (variation de la teinte de l'iris possible)
Oreilles Triangulaire, tombante, très petite et épaisse ; implantation haute
Queue Ronde et épaisse ; incurvée, enroulée ou serrée ; implantation haute par rapport à l'anus
Caractère Enjoué, tranquille, fidèle, affectueux et propre.
Autre
Utilisation Vie de famille et garde[réf. nécessaire]
Nomenclature FCI
  • groupe 2
    • section 2.1
      • no 309

Le Shar Pei[1] (chinois : 沙皮 ; pinyin : shā pí ; cantonais Jyutping : saa1 pei4 ; litt. « peau de sable »), Shar-Pei[2] ou sharpeï[3] est un chien d'origine chinoise qui se caractérise par sa peau ample qui retombe en plis.

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines chinoises du Shar-peï sont certaines. La race aurait plus de 2 000 ans : en effet des statuettes anciennes de l'époque des Han (environ 200 av. J.-C. à 200 apr. J.-C.), retrouvées dans des fouilles, représentent des Shar-peï.

Le Shar-peï existe depuis plusieurs centaines d'années dans les régions côtières de la Chine du Sud ; il serait originaire de la province du Guangdong (dont la capitale est Canton (Guangzhou)). Il est en particulier très répandu dans la ville de Dah Let, dans cette même province du Guangdong.

« Shar-peï » en chinois veut dire « peau pliée », ce qui semble bien correspondre à la définition de la texture du pelage : sec et dur, presque urticant.

Le Shar-peï n'a jamais été un chien de luxe mais au contraire un chien rustique, utilisé par la classe paysanne pour la garde et la chasse. Son aptitude physique pour les combats l'a fait utiliser à cette fin, ce qui lui a valu son précédent nom de « chien de combat chinois ». En effet, les combats de chiens étaient un loisir très apprécié dans l'ancienne Chine, aussi bien à la campagne que dans les quartiers ouvriers de villes de province.

C'est à cette époque que certaines particularités de la race (la peau ample, les yeux enfoncés dans les plis de la face, les crocs incurvés) ont été sélectionnées pour donner plus de défenses à ces chiens lors des combats. Il est aussi rapporté qu'ils étaient drogués et abreuvés de vin pour leur donner l'agressivité qui leur fait naturellement défaut.

Au XIXe siècle, avec l'arrivée des occidentaux en Chine, de nouvelles races bien plus puissantes et combatives firent leur apparition, entre autres les bulldogs et les mastiffs. Croisés avec des races locales, ces chiens étaient des « machines de guerre » bien trop puissantes pour le Shar-peï . Ce dernier n'étant plus demandé, la race commença à s'éteindre, disparition accélérée par les lourdes taxes sur tous les chiens instaurées par le régime communiste vers 1950.

À la fin des années 1960, bien peu de spécimens survivaient encore à Hong Kong, Macao ou Taïwan, ou dans certaines provinces reculées. C'est alors que des éleveurs locaux passionnés par le Shar-peï , tels que M. Law (affixe « Down Homes ») et M. Chung (affixe « Jones »), alertèrent les Américains, afin que ces derniers recueillent la douzaine de chiens restante pour sauver la race de l'extinction.

Après une campagne de presse, plus de deux cents demandes d’adoption arrivèrent[réf. nécessaire]. Les premières naissances de shar-peï eurent lieu aux États-Unis et provoquèrent un certain engouement.

Description[modifier | modifier le code]

Le Shar-peï est un chien de taille moyenne (44 à 51 cm au garrot), de silhouette courte et compacte. Sa tête « en hippopotame», au chanfrein charnu, est plissée avec des yeux enfoncés et de petites oreilles portées haut et appliquées contre le crâne.

Son corps, également plissé, plonge légèrement vers l'avant. Toutes les couleurs unies, sauf le blanc, sont admises : noir et ses dérivés (marron, bleu), fauve et ses dérivés (sable, ivoire).

Avec sa gentillesse et sa douceur, il se montre sociable avec les gens et particulièrement avec les enfants. Il nous fait oublier qu’il est un excellent gardien. Le Shar-peï est d'une intelligence moyenne mais s'avère un chien de garde hors pair. Il a un sens de la propriété très développé ; qu'il s'agisse de la maison, de la voiture ou de son maitre, il défend son entourage avec ardeur et se montre très sociable avec les autres races canines.

Ils savent se faire apprécier par leur loyauté à sa famille ; attention le Shar-peï est un chien qui se laisse dépérir si son maître l'abandonne. Il est sensible aux réprimandes, surtout lorsqu'il estime ne pas l'avoir mérité, il peut bouder pendant un moment. Lors d'une première rencontre il est rare que le chien laisse le nouvel arrivant le caresser.

Problèmes de santé[modifier | modifier le code]

Tête plissée d'un Shar-peï très typé, voire hypertypé, avec la lèvre inférieure enroulée sur elle-même.

Le Shar-peï est victime de nombreux problèmes de santé liés aux plis de sa peau (dermatoses), qui n'existent que chez cette race d'après un article de médecine vétérinaire publié en 1990[4]. La mucinose cutanée, l'une de ces maladies de peau propres aux Shar-peï, est due à un dépôt d'acide hyaluronique[5].

La race est souvent victime d'entropion des paupières supérieures et inférieures, qui demande un traitement chirurgical[6]. Chez certains chiots Shar-peï, la lèvre inférieure s'enroule sur la mandibule, provoquant le déplacement lingual des incisives et des canines, avec un risque d’interférence sur la croissance naturelle de la mandibule. Une correction chirurgicale peut permettre à la mandibule de se développer normalement[7].

L'amylose est également courante chez le Shar-peï[8].

La carence en cobalamine est soupçonnée d'être héréditaire chez le Shar-peï. Les causes héréditaires de la carence en cobalamine peuvent en affecter le traitement cellulaire[9]. Les Shar-peï présentent une prévalence élevée de carence en cobalamine par rapport aux autres races de chiens, et les Shar-peï non-malades peuvent néanmoins présenter une carence subclinique en cobalamine[10].

Il existe une forte occurrence des tumeurs mastocytaires canines chez les jeunes Shar-peï[11].

Galerie photos[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Société centrale canine, « Shar Pei », sur ssc.asso.fr, Société centrale canine
  2. Fédération cynologique internationale, Shar-Pei : Standard FCI no 309, Thuin (Belgique), FCI, (présentation en ligne, lire en ligne [PDF])
  3. Le Petit Robert de la langue française, Paris, Le Robert, (ISBN 9782321008583).
  4. (en) George H. Mutter, « Skin Diseases of the Chinese Shar-Pei », Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice, vol. 20, no 6,‎ , p. 1655–1670 (ISSN 0195-5616, DOI 10.1016/S0195-5616(90)50166-7, lire en ligne, consulté le ).
  5. (en) G. Zanna, D. Fondevila, M. Bardagí et M. J. Docampo, « Cutaneous mucinosis in shar-pei dogs is due to hyaluronic acid deposition and is associated with high levels of hyaluronic acid in serum », Veterinary Dermatology, vol. 19, no 5,‎ , p. 314–318 (DOI 10.1111/j.1365-3164.2008.00703.x, lire en ligne, consulté le ).
  6. M Asti, S Nardi et G Barsotti, « Surgical management of bilateral, upper and lower eyelid entropion in 27 Shar Pei dogs, using the Stades forced granulation procedure of the upper eyelid only », New Zealand Veterinary Journal, vol. 68, no 2,‎ , p. 112–118 (ISSN 0048-0169, PMID 31738860, DOI 10.1080/00480169.2019.1694457, lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) Donald E. McCoy, « Surgical Management of the Tight Lip Syndrome in the Shar Pei Dog », Journal of Veterinary Dentistry, vol. 14, no 3,‎ , p. 95–96 (ISSN 0898-7564 et 2470-4083, DOI 10.1177/089875649701400304, lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) Kenneth H. Johnson, Knute Sletten, David W. Hayden et Timothy D. O'brien, « AA amyloidosis in Chinese Shar-pei dogs: Immunohistochemical and amino acid sequence analyses », Amyloid, vol. 2, no 2,‎ , p. 92–99 (ISSN 1350-6129, DOI 10.3109/13506129509031893, lire en ligne, consulté le ).
  9. (en) Niels Grützner, Romy M. Heilmann, Kenneth C. Stupka et Venkat R. Rangachari, « Serum homocysteine and methylmalonic acid concentrations in Chinese Shar-Pei dogs with cobalamin deficiency », The Veterinary Journal, vol. 197, no 2,‎ , p. 420–426 (ISSN 1090-0233, DOI 10.1016/j.tvjl.2013.02.002, lire en ligne, consulté le ).
  10. (en) Micah A. Bishop, Panagiotis G. Xenoulis, Nora Berghoff et Niels Grützner, « Partial characterization of cobalamin deficiency in Chinese Shar Peis », The Veterinary Journal, vol. 191, no 1,‎ , p. 41–45 (ISSN 1090-0233, DOI 10.1016/j.tvjl.2011.05.008, lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) Doris M. Miller, « The Occurrence of Mast Cell Tumors in Young Shar-Peis », Journal of Veterinary Diagnostic Investigation, vol. 7, no 3,‎ , p. 360–363 (ISSN 1040-6387 et 1943-4936, DOI 10.1177/104063879500700311, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]