Husky de Sibérie

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Husky de Sibérie
Deux Husky sibériens.
Deux Husky sibériens.
Région d’origine
Région Drapeau de la Russie Sibérie
Caractéristiques
Taille mâles de 53,5 à 60 cm

femelles de 50,5 à 56 cm

Poids mâles de 20,5 à 28 kg

femelles de 15,5 à 23 kg

Poil Doux, lisse et de longueur moyenne, mais très épais avec un sous-poil dense[1]
Robe Toutes les couleurs sont admises, du noir au blanc pur en passant par le cuivre ou le chocolat, le gris ou le sable[1]. On rencontre communément diverses marques sur la tête, comprenant de nombreux motifs typiques à la race.
Tête Ronde, avec un stop assez marqué et un museau assez fin[1]. Le corps est très compact, musclé et Dégage une impression de robustesse en gardant une ligne élégante[1].
Yeux En forme d'amande, noirs, marrons, bleus ou vairons
Oreilles Triangulaires, dressées, attachées haut, l'extrémité arrondie pointe vers le ciel[1]
Queue Moyenne, légèrement recourbée[1], fournie en poil
Caractère Doux, gentil, sociable, sportif et déterminé
Autre
Utilisation Chien d'attelage, chien de compagnie
Nomenclature FCI
  • groupe 5
    • section 1
      • no 270

Le husky de Sibérie ou husky sibérien ou tout simplement husky est une race de chien originaire de Sibérie orientale où il est traditionnellement élevé comme chien d'attelage.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Dans la langue des Tchouktches, husky signifie « enroué », caractéristique de l'aboiement de ce chien[réf. nécessaire].

Deux pluriels existent pour ce mot : « huskys » (pluriel conforme à l'orthographe française) ou « huskies » (anglicisme).

Historique[modifier | modifier le code]

Originaire de Sibérie orientale, le husky sibérien apparut autour de 2 000 ans av. J-C, auprès des Tchouktches, peuple à la langue d’origine paléosibérienne. Au Kamtchatka, le peuple tchouktche vivait autour du bassin de la rivière Kolyma. L'isolement de la tribu et un système méthodique d'élevage ont conduit à une amélioration continuelle de la race : les Tchouktches, en éliminant systématiquement les chiens agressifs, ont réussi à produire un chien de trait adéquat pour le traîneau mais aussi comme gardien des biens et compagnon pour les enfants. Chez eux, les chiens faisaient partie de la famille et partageaient souvent l'habitation.

La légende tchouktche veut que le husky soit né de l'amour d'un loup et de la lune : le husky a l'apparence du loup et porte la queue en croissant de lune. Selon la légende, les soirs de pleine lune, huskys et loups hurlent pour appeler la lune afin qu'elle redescende à nouveau[2].

En 1909, neuf chiens sont amenés en Alaska par un marchand de fourrure russe pour participer à la course All Alaska Sweepstakes[2], longue de 653 km. Ce premier attelage, malgré la taille plus petite des chiens, se classe troisième. Un Écossais, impressionné par l'extraordinaire résistance de ces chiens, en importa 61 autres pour se constituer trois attelages au All Alaska Sweepstakes de 1910, ils terminèrent premier, deuxième et quatrième.

Lors de l'hiver 1925, lorsqu'une épidémie de diphtérie frappe le village de Nome en Alaska, c'est un relais d'attelages de huskys, menés par les chiens Balto et Togo qui permit de livrer le sérum. Cette prouesse valut à ces chiens et à leurs maîtres une notoriété nationale[2].

La race est reconnue par l'American Kennel Club dès 1930 et le Siberian Husky Club of America est fondé en 1938. En France, les premiers huskys de Sibérie sont importés en 1970 et la première inscription au LOF a lieu en 1973. Faisant partie dans un premier temps au club « Réunion d'Amateurs de Samoyèdes et Chiens Nordiques », la race est à présent gérée par le club Siberian Husky France depuis le [2]. Le husky a été exterminé en URSS, peu ont survécu. Le Canada a toutefois préservé la race. Ils sont revenus en Russie en 1991, grace au spécimen : Nival du Loup Sibérien (Elevage Belge) qui fait partie encore aujourd’hui d’1/3 des pédigrées dans ce pays. Le nom “husky” a été proposé par Mme Tatiana Ochkova, ce qui a permis de mettre l’accent sur la différence entre les “Laika”, très proches de la race mais plutôt destinés à la chasse, et les Huskies qui gardent ça dans leurs gènes mais sont plutôt adeptes à traîner (d’où “chiens de traîneau”). Mme Tatiana Ochkova a monté en 1992 le premier club de Huskies russes, (depuis le retour de la race dans le pays d’origine) : “le Croc blanc”.

Contrairement au husky d'Alaska, il est classé à la section 1 du groupe 5 de la fédération cynologique internationale : chien nordique de traineau de type spitz.

Standard[modifier | modifier le code]

Un husky de Sibérie présenté à l'exposition canine de Katowice en Pologne.

Le husky de Sibérie est un chien de travail de taille moyenne. Le corps est modérément compact, ses proportions et sa forme dénotent un équilibre entre les qualités recherchées pour un chien de traîneau : la puissance, la rapidité et l’endurance. Le husky de Sibérie, en bonne condition, est doté d’une musculature ferme et bien développée sans poids superflu. La queue en brosse bien fournie évoque son hérédité nordique, elle est portée au-dessus du dos en forme de faucille[3].

Les oreilles de grandeur moyenne sont de forme triangulaire, rapprochées et attachées haut sur la tête. Elles sont garnies d’une bonne fourrure. L'extrémité légèrement arrondie pointe vers le haut. Les yeux sont en forme d'amande, moyennement espacés et disposés très légèrement en oblique. Ils peuvent être de couleur marron ou bleue. L'hétérochromie est acceptée[3].

Le poil est double et de longueur moyenne : il ne doit pas être long au point de cacher la silhouette du chien. Le sous-poil est dense et doux. Toutes les couleurs de robe sont admises. Les diverses sortes de marques sur la tête donnent au husky de Sibérie des masques typiques que l'on ne trouve pas dans d'autres races[3].

Races proches[modifier | modifier le code]

Les malamutes, samoyèdes et Chien du Groenland originaire d'Alaska et de Sibérie, sont proches du husky.

Caractère[modifier | modifier le code]

Le husky est affectueux et amical envers l'homme.
Le husky adore la neige.
Husky de Sibérie de 3 ans et demi, jamais rassasié de jouer.

Le husky de Sibérie est décrit dans le standard FCI comme d'un tempérament gentil et doux, éveillé et sociable, mais c'est un chien actif qui aime l'aventure. Il peut donc être amené à fuguer ou détruire comme tout chien dont les besoins ne sont pas respectés. Il n'est pas possessif et ne fait pas preuve de méfiance envers les étrangers ou les autres chiens[3]. C'est un chien qui aime beaucoup les enfants. Étant donné sa force brute et son énergie plus qu’abondante, il est toutefois souvent évité dans les milieux familiaux, malgré cet amour insatiable pour les enfants et le jeu. Le husky de Sibérie est donc souvent, à tort, considéré comme un chien agressif selon la croyance populaire. D’ailleurs, un sondage de 1996 sur les morsures de chiens à travers le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard montre que le husky sibérien ne se place pas du tout à l’avant-plan sur cet aspect[4]. Bien entendu, ce caractère doux et domestique est en grande partie dû à l’élevage intransigeant mis en place par les communautés Tchouktches, en Russie. La technique consistant en la suppression automatique de chiens montrant des signes d’agressivité, plusieurs générations plus tard, il ne restait donc que ceux dont les gênes ont été corrigés pour subvenir aux besoins des peuples qui les ont élevés et dressés, sans imposer les désavantages qu’imposait la gestion d’un chien agressif. Aujourd’hui, le husky sibérien est un chien de salon aussi bien qu’il peut être un chien de la nature, on en voit dans les villes, comme dans les pâturages, et comme son ADN l’a si bien fait dans les communautés Tchouktches, le husky de Sibérie, au fil des générations, s’est adapté à un mode de vie beaucoup moins rural. Certains husky vivent aujourd’hui dans des centres-villes, dans des appartements : ils y sont heureux tant que leurs besoins sont respectés. Ces chiens sont joviaux, requièrent beaucoup d’attention de la part de leur propriétaire, et ne connaissent aucune limite à leur terrain de jeu.

Entretien[modifier | modifier le code]

Les huskys muent 2 fois par an : ils changent complètement de fourrure, ce qui peut durer trois semaines ou plus. Le reste du temps, les huskys perdent relativement peu de poils.

Le toilettage est proscrit dans le standard de la race : il est seulement permis d'égaliser les moustaches et le poil qui pousse autour du pied et entre les doigts[3].

Troubles de santé[modifier | modifier le code]

Il est sujet aux parasites (tiques et puces).

Dysplasie de la hanche[modifier | modifier le code]

L'incidence de la dysplasie de la hanche est relativement faible. Toutefois, les chiens destinés à la reproduction devraient, entre autres, faire l'objet d'une certification de la « Fondation orthopédique animale » avant l'accouplement[réf. nécessaire]. Cette certification ne peut être obtenue avant l'âge de deux ans. Les efforts soutenus des éleveurs ont permis de maintenir l'incidence de ce problème à un faible niveau.

Problèmes oculaires[modifier | modifier le code]

Selon la Canine Eye Registry Foundation (CERF), l'incidence de cataractes chez les animaux vérifiés par l'American College of Veterinary Ophtalmologist est d'environ 15 à 18 %. L'incidence véritable est probablement plus élevée, étant donné que nombre d'éleveurs d'expérience peuvent découvrir l'anomalie précocement et ne font pas certifier les chiots. Typiquement, ces cataractes affectent peu la vision du chien qui peut quand même mener une vie heureuse et normale après stérilisation. Cependant, il existe une forme de cataractes plus agressive qui progresse rapidement et peut entraîner une cécité totale vers l'âge de deux ou trois ans.

Il existe également un problème de dystrophie de la cornée au sein de la race. Cette maladie cause une perte de vision diffuse et progressive à partir de l'âge moyen. Chez plusieurs races, dont le husky, on a noté l'apparition d'un problème d'atrophie progressive de la rétine et d'atrophie rétinienne centrale progressive. Ce sont des affections d'origine génétique et le dépistage chez les couples éventuels a permis d'en réduire sensiblement l'incidence au sein de la race. À l'heure actuelle, l'incidence de l'atrophie centrale de la rétine est relativement faible.

Le husky peut également être sujet au glaucome, notamment certaines lignées développées pour la course. Le glaucome cause généralement des douleurs et une perte de vision significatives avant que le problème ne soit détecté.

Pyodermites[modifier | modifier le code]

Cette race de chien est sujette aux pyodermites, des infections bactériennes de la peau[5]. Une pyodermite est susceptible d’apparaître à la suite d'une irritation, une allergie ou une piqûre d'insecte[5]. Il s'agit de petits boutons de pus parfois sous forme de tâches accompagnées de croûtes[5].

Utilité[modifier | modifier le code]

Le husky est un chien de traîneau sélectionné pour parcourir des distances importantes à une vitesse modérée, par grands froids. Son caractère confiant en fait un piètre chien de garde[3].

Huskys célèbres[modifier | modifier le code]

Balto et Togo sont célèbres pour leur participation à la course au sérum de 1925, à Nome (Alaska), afin de transporter un médicament anti-diphtérique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Dr Céline Lacourt (vétérinaire), « Le husky : un chien primitif, élégant, actif et robuste », télé Z,‎ , p. 9.
  2. a b c et d « Husky de Sibérie - Description », sur https://www.centrale-canine.fr/, Société centrale canine (consulté le 25 janvier 2020).
  3. a b c d e et f « Standard FCI N°270 », sur http://www.fci.be, Fédération cynologique internationale, (consulté le 7 novembre 2013).
  4. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0168159101001538 (Guy, 2001)
  5. a b et c « Le Husky sibérien : maladie de la race », sur www.toutsurleschiens.com (consulté le 6 octobre 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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