Sean O'Malley

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Sean Patrick O'Malley
Image illustrative de l'article Sean O'Malley
Sean O'Malley, le 14 mars 2004.
Biographie
Naissance 29 juin 1944 (70 ans)
à Lakewood (Ohio, États-Unis)
Ordination sacerdotale 29 août 1970
par Mgr John McDowell
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
24 mars 2006 par le
pape Benoît XVI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria della Vittoria
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 2 août 1984
par Mgr Edward Harper
Dernier titre ou fonction Archevêque de Boston (Massachusetts, États-Unis)
Archevêque de Boston (Massachusetts)
Depuis le 1er juillet 2003
Précédent Bernard Law
Évêque de Palm Beach (Floride)
3 septembre 2002 – 1er juillet 2003
Évêque de Fall River (Massachusetts)
16 juin 1992 – 3 septembre 2002
Évêque de Saint-Thomas (Îles Vierges)
16 octobre 1985 – 16 juin 1992
Évêque coadjuteur de Saint-Thomas (Îles Vierges américaines)
30 mai 1984 – 16 octobre 1985

Blason
« Quodcumque Dixerit Facite » (Jn 2,5)
« Faites tout ce qu'Il dira »
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Sean Patrick O'Malley, né le 29 juin 1944 à Lakewood dans l'Ohio, est un cardinal américain, capucin et archevêque de Boston depuis 2003.

Biographie[modifier | modifier le code]

Prêtre[modifier | modifier le code]

Sean O'Malley fait sa profession en 1965 dans l'ordre des frères mineurs capucins. Il est ordonné prêtre en 1970, avant d'être envoyé auprès de communautés hispanophones dès 1973.

Évêque[modifier | modifier le code]

Nommé évêque coadjuteur de Saint-Thomas, qui comprend en particulier les îles Vierges le 30 mai 1984, il est consacré le 2 août suivant et devient effectivement évêque de ce diocèse le 16 octobre 1985. Il s'y engage auprès des sans-abri et des malades du SIDA.

Le 16 juin 1992, il est nommé évêque du diocèse de Fall River dans le Massachusetts, pour gérer les conséquences de l'affaire James Porter, prêtre accusé d'abus sexuels sur des mineurs. Il mène dans ce diocèse une politique de tolérance zéro vis-à-vis de ces délits[1].

Le 3 septembre 2002, il est nommé évêque de Palm Beach en Floride, où ses deux prédécesseurs immédiats avaient donné leur démission après avoir été impliqués dans des affaires d'abus sexuels[1].

Le 1er juillet 2003, il est transféré à Boston où il remplace le cardinal Bernard Law, démissionnaire face à l'immense scandale soulevé par la gestion désastreuse de nombreux cas d'abus sexuels sur des mineurs. Sean O'Malley négocie un accord de dédommagement de 90 millions de dollars pour plus de 500 victimes. Pour cela, il vend l'archevêché et ferme 65 des 357 paroisses de son diocèse.

Cardinal[modifier | modifier le code]

Il est créé cardinal par le pape Benoît XVI lors du consistoire du 24 mars 2006 avec le titre de cardinal-prêtre de Santa Maria della Vittoria.

Dans son diocèse de Boston, il poursuit sa politique de résolution de la crise des abus sexuels en mettant en place des politiques appropriées. Le journaliste spécialiste des questions de religion John Allen le considère comme la personnalité de l'ensemble de la hiérarchie catholique ayant eu l'action la plus efficace dans ce domaine[1]. Le cardinal O'Malley fait publier en 2011 une liste des membres du clergé diocésain qui ont été reconnus coupables d'abus sexuels, ou qui ont fait l'objet d'accusations. Il publie également une seconde liste, pour ceux qui ont été lavés d'une telle accusation. Plusieurs observateurs saluent aussi bien la publication de cette liste que les modalités choisies, et la lettre d'accompagnement, relevant la délicatesse des choix qui ont été faits et le désir de les faire comprendre au public[1],[2].

En 2012, il intervient dans les Rencontres mondiales de la famille.

Il participe au conclave de 2013 qui élit le pape François. Le 13 avril 2013, le nouveau pape constitue un groupe de neuf prélats issus de tous les continents, chargés de l'épauler dans la réforme de la Curie romaine et la révision de la constitution apostolique Pastor Bonus. Pour l'Amérique du Nord, c'est Sean O'Malley qui est choisi[3].

Cardinal Sean Harvard.jpg

Le 22 mars 2014, il est nommé membre de la nouvelle commission pontificale pour la protection des mineurs, composée de 8 personnes, avec pour mission principale de rédiger les statuts de la commission[4].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Sur l'avortement[modifier | modifier le code]

Participant chaque année à des marches organisées par des mouvements pro-vie, le cardinal O'Malley considère que l'avortement est, sur le plan moral, la question la plus importante en matière de choix politiques. Il se félicite en 2007 que la conférence des évêques ait clairement mis l'accent sur le rejet de l'avortement dans son document soulignant les éléments à prendre en compte lors des élections. Il déclare en outre que le soutien de catholiques au Parti démocrate « frise le scandale », dans la mesure où ce parti a toujours été hostile aux positions anti-avortement. Il enjoint les catholiques votant pour ce parti à montrer clairement leur désaccord pour faire changer les choses [5].

Néanmoins, le cardinal archevêque de Boston insiste sur la nécessité d'apaiser le débat sur l'avortement, et se déclare convaincu que pour pouvoir changer la loi, il faut d'abord changer les cœurs, ce qui exclut de se montrer sermonneur, vindicatif ou hargneux. Il se démarque de certains évêques qui veulent priver de communion des politiciens favorables à l'avortement ; il choisit aussi malgré les critiques de présider aux funérailles du sénateur Ted Kennedy[6].

Autres sujets[modifier | modifier le code]

Le cardinal O'Malley s'est opposé, avec plusieurs évêques américains, à l'introduction du Contraceptive mandate (en) par lequel le gouvernement fédéral américain entend imposer aux employeurs d'inclure la contraception dans les contrats d'assurance maladie proposés aux employés. Tout en saluant l'extension du nombre de personnes couvertes par des contrats d'assurance, et en appelant même à aller au-delà, notamment pour que les migrants soient protégés, le cardinal dénonce l'obligation de financement des contraceptifs comme une violation de la liberté religieuse[7].

Sean O'Malley est également intervenu publiquement pour s'opposer à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe ; il a aussi participé à des meetings pour défendre les droits des immigrés[5].

Début avril 2014, il effectue une marche dans le désert avec 8 autres prélats américains, le long de la frontière séparant les États-Unis avec le Mexique, afin de dénoncer la politique actuelle du gouvernement américain sur le dossier de l'immigration[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) John Allen, “O'Malley puts down a new marker on abuse crisis”, National Catholic Reporter, 26 août 2011
  2. (en) Michael Sean Winters, “Thoughts on Boston archdiocese's decision to name accused priests”, National Catholic Reporter, 25 août 2011
  3. Jean Mercier, Le pape François lance la réforme de la Curie, La Vie, 13 avril 2013
  4. (en) Salle de presse du Saint-Siège, « COMUNICATO DELLA SALA STAMPA: ISTITUZIONE DELLA PONTIFICIA COMMISSIONE PER LA TUTELA DEI MINORI », sur press.vatican.va,‎ 22 mars 2014 (consulté le 20 mars 2014)
  5. a et b (en) Michael Paulson, “O'Malley draws line with Democrats”, The Boston Globe, 15 novembre 2007
  6. (en) Michael Paulson, “O'Malley defends Kennedy funeral role”, The Boston Globe, 3 septembre 2009
  7. Michael Potemra, Cardinal O’Malley and the HHS Mandate, National Review Online, 7 juillet 2012
  8. L'Osservatore Romano, « Nous ne les avons pas oubliés Le pèlerinage des prélats des Etats-Unis à la frontière mexicaine », sur news.va,‎ 2 avril 2014 (consulté le 2 avril 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]