Saint Miliau

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Miliaw de Cornouailles
Image illustrative de l'article Saint Miliau
Guimiliau : le retable de saint Miliau.
Saint, Roi
Naissance 470
Autres noms Miliaw, Meliau, Méliau, Milio, Meliaw, Miliav
Nationalité Cornovii, Celte
Fête 27 octobre ou 5 novembre
Miliaw Ier de Cornouailles
Titre
Roi de Cornouailles
v. 510
Prédécesseur Budik Ier de Cornouailles
Successeur Budik II de Cornouailles
Biographie
Nom de naissance Miliaw de Cornouailles
Date de naissance (1546 ans)
Lieu de décès Cornouailles
Nature du décès Fratricide
Sépulture Nord des Cornouailles
Nationalité Cornovii
Père Budik de Cornouailles
Mère Eilëen de Gwent
Fratrie Rivod, Derwela, Amwn, Umbrafel, Iawn
Conjoint Awrilia de Domnonée
Enfants Méloir
Profession Monarque, Chef de guerre, Guerrier
Religion Celtique
Résidence Cornouailles

Saint Miliau
Roi de Cornouailles


Saint Miliau « de Cornouailles », Miliaw en langue Cornique, qu'on rencontre aussi sous de multiples formes comme Milliau, Meliau, Méliau, Milio, Meliaw, Miliav, est un ancien roi guerrier celte légendaire de Grande-Bretagne. On le retrouve cependant dans nombre de toponymes et de légendes corniques et bretonnes.

Biographie légendaire[modifier | modifier le code]

Selon la généalogie de la « Vie de Saint Mélar » connu par un manuscrit du XIIe siècle[1]. Miliaw naît dans une fratrie de 6 enfants. En effet, Derwela, Miliaw, Riwod, Amwn, Umbrafel & Iawn sont enfants d'un certain Budik. Miliaw est le père de Mélar [2].

Avant d'être Roi, alors Prince de Cornouailles sous le règne de son père Budik, il est le chef de guerre des celtes de Cornouailles. Ainsi, bien qu'il sera dit de lui plus tard qu'il est un Roi diplomate et bon pour son peuple, il fut un guerrier celte redoutable, stratège peu commun, ayant perdu peu de bataille, que les autres roi celtes et chefs de clans craignaient d'affronter.

Bien des siècles plus tard, on compare la rage guerrière de ce roi, force de la nature, à un lion.

Son prénom signifie soldat, ou guerrier.

Lors de ses 35 premières années, et après avoir grandit avec ses 5 frères et soeurs, il est réputé pour avoir courtisé toutes les filles du village. Aucune ne semblait résister au charme du grand et beau prince aux cheveux blonds, si bien qu'il eut probablement moult d'enfants illégitimes (ne se mariant qu'à ses 35 ans).

En 505, 5 ans avant sa mort (et l'accession de Miliaw au titre de roi), son père Budik, se sentant vieillir, décide de le marier à la fille du roi de Domnonée, Awrilia. Celle-ci a 16 ans et Miliaw 35 ans. De cette union, naît probablement plusieurs enfants, mais un seul passe à la postérité que l'on connaîtra sous le nom francisé de Saint Meloir.

Il est le seul de sa fratrie à ne pas épouser une fille de Gwent (pays éponyme aujourd'hui situé au sud du Pays de Galles), dynastie à laquelle sa famille est très liée (de par leur mère). Derwela, l'aînée de la fratrie, en deviendra Reine en épousant Ynir de Gwent. Probablement afin de lier le royaume de Cornouailles à un autre (celui de Domnonée), le lien avec celui de Gwent étant déjà établi.

Héritier du titre de Roi en 510, il envoie la même année son plus jeune frère Iawn emmener des volontaires du peuple Cornovii pour coloniser des terres sauvages d'Armorique que l'on connaît aujourd'hui comme la Bretagne actuelle, dans sa politique d'expansion territoriale pour le territoire de Cornouailles (un comté du même nom sera dirigé par Iawn, le "s" en moins puisqu'il ne s'agira qu'un petit rattachement et non le royaume en lui-même) mais surtout pour garantir la subsistance du peuple celte Cornovii, craignant une invasion de Kernow par les barbares (malgré la promesse de ceux-ci de ne pas y toucher, permettant aux celtes des pays voisins de s'y réfugier). La souveraineté du roi Miliaw s'étend alors également sur ces terres, son frère cadet le prince Iawn en devenant l'équivalent d'un gouverneur.

Miliaw est dès lors Roi de Cornouailles ainsi que de Bretagne.

Parallèlement, avec sa soeur aînée Derwela régnant sur un royaume celte, ses deux petits frères Amwn et Umbrafel partis de leur côté en conquête (Amwn sera surnommé "Le Noir") et son plus jeune frère colonisant ce qui deviendra la Bretagne, il ne reste à Miliaw que son petit frère le plus âgé, Riwod avec qui il entretient une relation privilégiée, les deux frères se ressemblant. Riwod, bien qu'aimant Miliaw, grandit dans l'ombre de son grand frère et convoite dès le plus jeune âge l'attention que son père lui porte mais aussi le titre de Roi. Il occupe auprès de Miliaw un rôle équivalent à un proche conseiller, chef de guerre ou premier ministre (bien que ce genre de statuts n'existait pas dans ce sens auprès des peuples celtiques). Au fil des années, les deux frères entrent de plus en plus souvent en conflit sur les décisions à prendre, et Riwod n'en convoite que plus le pouvoir de Miliaw afin de pouvoir agir à sa guise et entrer en guerre à tout va.

Alors qu'il est roi de Cornouailles, Miliaw est tué par son frère Rivod (Riwod) en 531 qui veut régner sans partage[3].

Leur sœur Derwela aurait dès lors, face à la lèse majesté et au meurtre de son frère préféré, vouée une haine féroce à Riwod.

Sa reine Awrilia serait retournée dans son pays natal, la Domnonée, après la mort de Miliaw.

Après avoir tué son frère aîné, le fils de celui-ci et avoir effectué une régence de 13 ans, Riwod pris conscience de ses actes et mourut en 544.

Leur cousin Budik II succèda à Miliaw en tant que Roi de Cornouailles, la bretagne se détachant et prenant Iawn pour roi.

La Vie de saint Méloir[modifier | modifier le code]

Selon Arthur de la Borderie les deux versions de la « Vie de saint Méloir »[4] rédigées au XIIe siècle indiquent clairement que Méliau et son frère Rivod sont les fils d'un comte de Cornouaille nommé Budic fils de Daniel et petit-fils de Iaun Reith. Après le meurtre de Méliau par son frère Rivod, son héritier le jeune Meloir ou Melar est mutilé par ordre de son oncle qui lui fait couper le pied gauche et la main droite pour l'écarter du trône. Le jeune prince est confié à un certain Kerialtan qui stipendié par Rivod exile le jeune prince chez Conomor époux d'une fille de Budic qui règne en Domnomée où Kerialtan décapite Melar pendant son sommeil[5]

Dans l'église de Guimiliau, un retable qui daterait du XVIe siècle le représente avec une couronne et une épée, entouré de dix scènes retraçant sa vie. Un calvaire lui est aussi dédié.

Culte[modifier | modifier le code]

Calvaire de l'enclos dédié à saint Miliau (Guimiliau, Finistère).

De nombreuses dates se font concurrences quant à la fête de Saint Miliau. Le calendrier des saints bretons donne le 27 octobre, le diocèse de Quimper donne le 5 novembre[6].

Saint éponyme de Guimiliau (29), Ploumilliau (22), et Plumeliau (56), il est aussi le saint-patron de Plonévez-Porzay. Mais s'agit-il vraiment du même saint ? Selon d'autres théories, ce seraient deux moines immigrés au VIe siècle qui auraient donné leur nom à la commune du Finistère et à celle du Trégor. Dans ce dernier cas, il s'agirait de l'ermite ayant aussi laissé son nom à l'île Milliau.

Ses traces dans la Bretagne actuelle[modifier | modifier le code]

De nombreux toponymes évoquent saint Miliau et des lieux de culte lui sont consacrés :


Article lié[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chédeville Hubert Guillotel La Bretagne des Saints et des rois Ve-Xe siècle Ouest-France Université Rennes (1984) (ISBN 2858826137) p. 79
  2. Étymologie et histoire de Guimiliau sur infobretagne.com.
  3. René Largillière, Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne, J. Plihon et L. Hommay, Rennes, 1925, p. 52 (consulter in ligne).
  4. Selon Léon Fleuriot, « il périt victime des luttes sauvages de succession dans la dynastie de Cornouaille. Grégoire de Tours en eut vent. » Dans Les origines de la Bretagne, Payot, Paris, 1980, (ISBN 2228127108), p. 282.
  5. Arthur de la Borderie, Histoire de la Bretagne, tome premier, p.  373-380 & p. 401-403.
  6. « Saint Miliau » (consulté le 23 août 2017)
  7. René Largillière, "Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", J. Plihon et L. Hommais, 1925, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f59.image.pagination.r=Locronan.langFR