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SN 1006

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Supernova de 1006

SN 1006
Image illustrative de l’article SN 1006
Restes de la supernova SN 1006 observés dans les rayons X par Chandra.
Données d’observation
(Époque J2000.0 – équinoxe 2000)
Constellation Centaure[1]
Ascension droite (α) 15h 02m 22,1s[2]
Déclinaison (δ) −42° 05′ 49″ [2]
Coordonnées galactiques = 327,410 9 · b = +14,467 4[2]
Magnitude apparente (V) -7,5 (estimée)[3]

Localisation dans la constellation : Loup

(Voir situation dans la constellation : Loup)

Localisation dans la constellation : Centaure

(Voir situation dans la constellation : Centaure)
Astrométrie
Distance 7 100 al
(2 176,9 pc)
Caractéristiques physiques
Type d'objet Supernova
Type de supernova Supernova de type Ia[2],[3],[4]
Type de rémanent Coquille
Galaxie hôte Voie lactée
Couleur (B-V) Couleur jaune d'après les témoignages historiques
Particularité(s) Supernova la plus brillante des temps historiques
Découverte
Date 30 avril 1006 (sans doute nombreuses personnes)
Désignation(s) AJG 37
1E 1459.6-4146
1ES 1500-41.5
GRS G327.60 +14.60
H 1506-42
1H 1458-416
KOHX 1
MRC 1459-417
MSH 14-4-15
1M 1457-416
PKS 1459-41
PKS 1459-419
PKS J1502-4205
SN 1006A
SN 1016
SNR G327.6+14.5
SNR G327.6+14.6
2U 1440-39
3U 1439-39
4U 1458-41
XSS J15031-4149
Liste des supernovas

La supernova de 1006 (en abrégé, SN 1006) est une supernova qui a été observée sur Terre en l'an , on l'appelle aussi Zhoubo de 1006 (terme d'astronomie chinoise pour désigner un nouvel évènement céleste).

Observée pendant 2 ans, il s'agit vraisemblablement de la supernova la plus brillante des temps historiques. Ce fut l'une des quatre supernovae qui ont pu être observées à l'œil nu au cours du précédent millénaire (en 1006, 1054, 1572 et 1604).

Description

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Sa magnitude apparente est difficile à estimer a posteriori, mais elle est plus fréquemment mentionnée dans les textes européens que la supernova de 1054, qui présentait pourtant des conditions d'observation nettement plus favorables depuis l'Europe. La luminosité apparente de SN 1006 était probablement très élevée. Sa magnitude apparente a parfois été estimée à -9, soit l'équivalent d'un quartier de Lune (plus de 60 fois la luminosité apparente de Vénus[réf. souhaitée]), mais la théorie des supernovas et le réexamen des textes historiques suggère qu'elle a plutôt été de l'ordre de -7,5. Cela en fait sans doute la seule étoile à l'exception du Soleil à avoir produit des ombres à la surface de la Terre (depuis au moins l'Antiquité).

Selon des chercheurs de l'université de Barcelone et de l'Institut d'astrophysique des Canaries, SN 1006 résulterait de la « collision de deux étoiles naines blanches, et non de l'explosion d'une naine blanche “gavée” de la matière d'une étoile géante voisine (une classique supernova de type Ia)[5]. »

Observations historiques

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La supernova a été observée pendant deux ans.

La supernova aurait été observée pour la première fois dans le sud-ouest de la péninsule Arabique (actuel Yémen) le 15 rajab 396 AH ( ± 2 EC)[6]. Elle a surtout été observée à partir du [7].

Selon les témoignages, pendant quelques jours, la brillance de la nouvelle étoile augmenta, devenant supérieure à celle de Vénus, et atteignant un éclat comparable « au quart de la pleine lune », donc visible en plein jour. Puis l'éclat se mit à diminuer, mais l'étoile resta observable pendant plus de deux ans.

Une multitude de textes crédibles relatent l'apparition et l'observation de cette étoile nouvelle en l'an 1006. Or, curieusement, elle n'est généralement attestée en Europe qu'en 1066, sauf dans le manuscrit Cod. Sang. 915 de l'abbaye de Saint-Gall, en Suisse[8].

La date de 1066 coïncide avec l'année de la conquête de l'Angleterre par Guillaume de Normandie ; une telle étoile figure d'ailleurs sur la tapisserie de Bayeux qui relate cet évènement historique. Les supernovae de 1006 et 1054 étant récentes, celle de 1066 fut peut-être inventée pour fournir — a posteriori ou pas — un signe divin à l'entreprise de Guillaume le Conquérant. Néanmoins, d'après les témoignages de l'époque, il semble plus vraisemblable que la tapisserie de Bayeux fait référence à la comète de Halley[9].

On en trouve également mention en Chine, au Japon, en Égypte, en Irak ou en Amérique du Nord, sur une pierre gravée par les Amérindiens Hohokams et découverte en dans le parc régional de White Tank Mountain (en) en Arizona[10][réf. obsolète].

Son rémanent identifié

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Une petite partie du rémanent de SN 1006.

La supernova a été observée au voisinage de l'étoile β Lupi, dans la constellation du Loup. Le reste de la supernova n'a été identifié qu'en avec la mise en évidence par les radioastronomes Francis F. Gardner et Douglas K. Milne que la radiosource PKS 1459-41, proche de β Lupi, a la forme d'une coquille circulaire de 30 minutes d'arc de diamètre[11]. Sa distance est estimée à environ 7 100 années-lumière[12]. Il a également été beaucoup étudié dans le domaine des rayons X et des rayons gamma, notamment pour mieux comprendre certains des mécanismes d'accélération des rayons cosmiques[13].

Références

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  1. (en) Résultats pour « SN 1006 » [html] sur l'application Compute constellation name from position de VizieR (consulté le 4 janvier 2016).
  2. a b c et d (en) Lupus SN sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg. (consulté le 4 janvier 2016).
  3. a et b (en) P. Frank Winkler, Gaurav Gupta et Knox S. Long, « The SN 1006 Remnant: Optical Proper Motions, Deep Imaging, Distance, and Brightness at Maximum », The Astrophysical Journal, vol. 585,‎ , p. 324–335 (DOI 10.1086/345985, lire en ligne).
  4. (en) K. M. Schure et A. R. Bell, « Cosmic ray acceleration in young supernova remnants », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 435, no 2,‎ , p. 1174-1185 (DOI 10.1093/mnras/stt1371, Bibcode 2013MNRAS.435.1174S, arXiv 1307.6575, résumé, lire en ligne [PDF], consulté le ).
  5. Emilie Martin, « La supernova de 1006 résultait d’une collision d’étoiles », sur cieletespace.fr, (consulté le ).
  6. (en) Wafiq Rada et Ralph Neuhäuser, « Supernova SN 1006 in two historic Yemeni reports », Astronomische Nachrichten, vol. 336, no 3,‎ , p. 249-257 (DOI 10.1002/asna.201412152, Bibcode 2015AN....336..249R, arXiv 1508.06126, résumé, lire en ligne [PDF], consulté le ).
  7. Les supernovas de 1006 et 827 Auteur: Meeus, J. Journal: L'Astronomie, Vol. 79, p. 336
  8. Manuscrit scanné
  9. [PDF] « Document de l'observatoire astronomique de Strasbourg »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  10. Myriam Détruy, « Supernova de 1006 : l'Amérique apporte sa pierre », Ciel et Espace, no 435 « La nuit, c'est magique ! »,‎ (lire en ligne [html], consulté le ).
  11. (en) Francis F. Gardner et Douglas K. Milne, « The supernova of A.D. 1006 », The Astronomical Journal, vol. 70, no 9,‎ , p. 754 (DOI 10.1086/109813, Bibcode 1965AJ.....70..754G, lire en ligne [PDF], consulté le )
    L'article a été reçu par la revue The Astronomical Journal le .
  12. SN 1006 : l'explosion de la plus brillante des supernovas enfin élucidée Publié par Émeline Ferard, le 01 octobre 2012
  13. (en) F. Acero, « First detection of VHE γ-rays from SN 1006 by HESS », Astronomy and Astrophysics, vol. 516,‎ , A62 (DOI 10.1051/0004-6361/200913916, lire en ligne)

Liens externes

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