Ryū Murakami

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Ryū Murakami
Description de cette image, également commentée ci-après
Ryū Murakami en 2005
Nom de naissance Ryūnosuke Murakami (村上 龍之助, Murakami Ryūnosuke?)
Naissance (66 ans)
Sasebo (Préfecture de Nagasaki), Drapeau du Japon Japon
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Japonais
Genres
Roman

Œuvres principales

Ryū Murakami (村上 龍, Murakami Ryū?), de son vrai nom Ryūnosuke Murakami (村上 龍之助, Murakami Ryūnosuke?), né le à Sasebo (Préfecture de Nagasaki) est un écrivain, scénariste et réalisateur japonais (sans lien de parenté avec son contemporain Haruki Murakami).

Ses romans les plus célèbres sont Bleu presque transparent (prix Akutagawa en 1976, vendu au Japon à un million d'exemplaires en six mois), qui retrace quelques jours de la vie d'un groupe d'adolescents, entre sexe, drogue et rock, et Les Bébés de la consigne automatique (1980). Il a également reçu le prix Yomiuri en 1998 pour Miso Soup.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ryū Murakami passe son enfance dans une ville portuaire abritant une base navale des forces armées des États-Unis où il subit très tôt l'influence de la culture occidentale[1].

En 1968, alors qu'il est étudiant à l'école secondaire de la préfecture de Sasebo Kita, il assiste à la protestation des Zengakuren (Fédération japonaise des associations d'autogestion étudiantes) contre l'arrivée du porte-avions nucléaire américain Enterprise[1]. L'année suivante, il est suspendu de son école après avoir installé une barricade sur le toit de l'établissement en guise de protestation contre la présence de l'armée américaine[1]. Ce climat de tension d'après-guerre, ces années de jeunesse « corromp[ues] par l'Amérique »[1] imprégneront profondément l'imaginaire de l'écrivain.

Entre 1970 et 1972, Murakami s'installe à Tokyo dans la ville de Fussa où se situe la Yokota Air Base. Il étudie ensuite le design à l'université d'art de Musashino (武蔵野美術大学, Musashino bijutsu daigaku, préfecture de Tōkyō)[2]. En 1976, il publie son premier roman, Bleu presque transparent, qui obtient la même année le prestigieux Prix Akutagawa [2] et le Prix Gunzō du nouveau talent[1]. Ce premier roman donne le ton à son œuvre à venir : une jeunesse décadente immergée dans une culture du sexe, de la violence et du rock. Succès immédiat au Japon, ce roman s'est vendu à près d'un million d'exemplaires en six mois[2].

Le cinéaste Takashi Miike a adapté l'un de ses romans sous le titre Audition, film sorti en France en mars 2002 (Mention spéciale de l'International Fantasy Film - prix au Festival International de Rotterdam).

En 2003, il compte parmi les membres du jury qui attribue le prix Akutagawa à Hitomi Kanehara pour Serpents et Piercings et à Risa Wataya pour Appel du pied. Elles sont alors les plus jeunes lauréates à recevoir ce prix.

Œuvre[modifier | modifier le code]

À l'exception de son roman autobiographique, 1969, où il décrit avec humour le déroulement du Mai 68 japonais dans une ville moyenne flanquée d'une base américaine (Sasebo), l'œuvre de Murakami est extrêmement sombre et pessimiste. 1969, roman musical et souvent jouissif, est le livre des dix-sept ans de l'auteur. C'est le temps des premiers pas dans le monde adulte, un univers non moins difficile à décoder au Japon qu'ailleurs quand on refuse l'autorité et que l'on cherche la liberté du côté du rock et du cinéma, américains cela s'entend. Un American Graffiti nippon, tout aussi excentrique et douceâtre, avec un sentiment d'interdit plus fort.

Tout le reste de sa production, du moins celle accessible en français, renvoie le reflet d'une société japonaise fidèle à certaines caricatures qui peuvent sembler outrancières. Individus isolés, perdus dans le monde d'Internet (Parasites), enfants marginaux et abandonnés dans l'immensité inhumaine des métropoles (Les Bébés de la consigne automatique), exclus des mondes parallèles de la prostitution et des bars glauques (Miso Soup, Les Bébés...), cauchemars sectaires et terroristes (Les Bébés, Parasites, Chansons populaires de l'ère Showa).

Murakami analyse froidement son temps et revisite l'histoire, interdite, d'un Japon brutal et guerrier. Son Japon est celui du délire technologique, de la surconsommation, de la violence gratuite, de l'abandon lent et progressif des traditions, de la destruction des liens familiaux et collectifs développés par la société nippone autour d'un principe d'assujettissement absolu aux lois de la communauté. Dans l'univers du romancier, l'adolescent pseudo-révolutionnaire est devenu un adulte qui jette un regard sans concession sur ses congénères.

Mais c'est peut-être Parasites qui résume à lui seul toute l'œuvre de Murakami. Un jeune homme, un de ceux qui sont en complète rupture avec école et famille et qui ne communiquent plus qu'à travers Internet, est persuadé qu'un ver est entré dans son corps. Il prend contact avec une organisation qui va le pousser à commettre des meurtres. Internet isole mais entraîne aussi vers l'autre, y compris pour le détruire. Le ver parasite est en chacun de nous, comme une présence d'étrangeté et d'horreur qui saurait tous nous pénétrer, menant à la recherche (inquiétante et malsaine) de soi dans la mort de l'autre à travers la technologie, la théorie du complot, etc.

Liste des œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Bleu presque transparent (限りなく透明に近いブルー), traduit par Guy Morel et Georges Belmont, Robert Laffont, 1978 ; Picquier Poche, 1997.
  • 1977 : La Guerre commence au-delà de la mer (海の向こうで戦争が始まる), traduit par Claude Okamoto, Robert Laffont, 1981 ; Picquier poche, 1997.
  • 1980 : Les Bébés de la consigne automatique (コインロッカー・ベイビーズ), traduit par Corinne Atlan, Philippe Picquier, 1996 ; Picquier poche, 1998 ; J'ai lu, 1999.
  • 1987 : 1969 (69 sixty nine), traduit par Jean-Christian Bouvier, Philippe Picquier, 1995 ; Picquier poche, 2004.
  • 1988 : Topaze et autres nouvelles (トパーズ), traduit par Sylvain Cardonnel, Inventaire-invention, 2005.
  • 1989 : Raffles Hotel (ラッフルズホテル), traduit par Corinne Atlan, Philippe Picquier, 1998 ; Picquier poche, 2002.
  • 1993 : Ecstasy (エクスタシー), traduit par Sylvain Cardonnel, Philippe Picquier, 2003 ; Picquier poche, 2006.
  • 1994 : Chansons populaires de l'ère Showa (昭和歌謡大全集), traduit par Sylvain Cardonnel, Philippe Picquier, 2011 ; Picquier poche, 2013.
  • 1995 : Kyoko (KYOKO), traduit par Corinne Atlan, Philippe Picquier, 1997; Picquier poche, 2000.
  • 1996 : Melancholia (メランコリア), traduit par Sylvain Cardonnel, Philippe Picquier 2003 ; Picquier poche, 2007.
  • 1996 : Love & Pop (ラブ&ポップ トパーズII), traduit par Sylvain Cardonnel, Philippe Picquier 2009 ; Picquier poche, 2011.
  • 1997 : Miso Soup (イン ザ・ミソスープ), traduit par Corinne Atlan, 1999 ; Picquier poche, 2003.
  • 1998 : Lignes (ライン), traduit par Sylvain Cardonnel, Philippe Picquier 2000 ; Picquier poche, 2003.
  • 2000 : Parasites (共生虫), traduit par Sylvain Cardonnel, Philippe Picquier 2002 ; Picquier poche, 2005.
  • 2001 : Thanatos (タナトス), traduit par Patrick Honnoré, Philippe Picquier 2005 ; Picquier poche, 2009.

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Bleu presque transparent (Kagirinaku toumei ni chikai blue)
  • 1983 : All Right, My Friend (Daijōbu, mai furendo)
  • 1989 : Raffles Hotel
  • 1992 : Tokyo décadence (Topâzu, aka Topaz, aka Sex Dreams of Topaz, titre de la version hong-kongaise, classée X)
  • 2000 : Because of You (Kyoko)

Scénariste[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Bleu presque transparent (Kagirinaku toumei ni chikai blue)
  • 1983 : All Right, My Friend (Daijōbu, mai furendo)
  • 1989 : Raffles Hotel
  • 1992 : Tokyo décadence (Topâzu, alias Topaz, alias Sex Dreams of Topaz, titre de la version hong-kongaise, classée X )
  • 1998 : Love and Pop
  • 1999 : Audition (Ōdishon)
  • 2000 : Because of You (Kyoko)
  • 2001 : Hashire! Ishiro
  • 2003 : Shōwa kayō daizenshū
  • 2004 : 69
  • 2008 : Coin Locker Babies

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Ryu Murakami: Enfant terrible of literature », entretien avec Sayuri Saito, The Daily Yomiuri on line, 23 février 1999.
  2. a, b et c « Notice biographique », site des Éditions Philippe Picquier, consulté en mars 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]