Robert d'Eu

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Robert fournit une partie des nefs qui vont transporter les futurs vainqueurs de la bataille d'Hastings.

Robert d’Eu († 1091/1093[1]), comte d'Eu et seigneur d'Hastings (Angleterre), fut un baron anglo-normand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils aîné et successeur de Guillaume d’Eu, comte d'Eu. Il ne prend aucune part à la rébellion de son frère, et rentre en possession du château d'Eu.[réf. nécessaire]

Le roi Henri Ier de France, étant entré en Normandie en 1054 à la tête d'une grande armée, le duc Guillaume partage son armée, dont il envoie une partie contre le frère du roi sous la conduite de Robert d’Eu et de Gautier (I) Giffard. Il fait partie des commandants normands qui taillent en pièces l'armée française commandée par Eudes, le frère du roi de France.[réf. nécessaire]

Il participe pour 60 navires à la flotte qui permet le débarquement en Angleterre et la conquête normande de l'Angleterre[2]. Vers 1068-1070, Guillaume le Conquérant confie à Robert d'Eu, le rape d'Hastings avec le château et les territoires qui en dépendent, soit le cinquième du Sussex, après que Onfroy du Tilleul, le neveu d'Hugues de Grandmesnil, est rentré précipitamment en Normandie[3]. Le Domesday Book (1086) montre qu'en Angleterre, Robert et son fils Guillaume possèdent chacun des terres dans des comtés séparés. La somme des revenus annuels générés par les terres des deux hommes se monte à environ 690 livres sterling[4]. Ils ne sont donc pas dans le groupe de tête des barons anglais les plus riches, mais juste après[4].

En 1069, il est chargé par le roi avec Robert de Mortain de surveiller les Danois dont la flotte mouille dans l'embouchure de l'Humber, pendant que celui-ci va réprimer la révolte initiée par Eadric le Sauvage dans l'ouest[5]. Quand les Danois sortent de leur lieu de retraite pour piller le voisinage, les deux hommes et leur armée leur tombent dessus à l'improviste et les écrasent, les forçant à s'enfuir par la mer[6],[7].

Après la mort de Guillaume le Conquérant, le comte d'Eu suit quelque temps le parti du duc Robert Courteheuse. Mais rebuté par sa mollesse et de ses débauches, il se tourne, ainsi que plusieurs autres seigneurs normands, du côté de Guillaume le Roux, dont il reçoit les garnisons dans ses châteaux. Lors de la tentative d'intervention du roi anglais en Normandie (février 1091), il fait partie de ses soutiens[1]. Il meurt après cet épisode et avant 1093, lorsque son fils est au commande du comté[1].

Très pieux, il fait des dons toute sa vie à l'Église, notamment de terres à l'abbaye de la Sainte-Trinité de Rouen (1051) et est témoin d’une charte datée de 1053. Veuf, il se remarie avec Mathilde de Hauteville (1062-1094), fille de Roger Ier, comte de Sicile, et de Judith d'Évreux. Mais il la répudie et elle se remarie en 1080 avec Raymond IV de Saint-Gilles († 1105), comte de Toulouse et marquis de Provence.

Il est inhumé dans l’abbaye Saint-Michel du Tréport, qu'il avait fondé au Tréport, près de la ville d'Eu, entre 1057 et 1066, à la mémoire de sa première femme et par le conseil du duc Guillaume et de Maurille, archevêque de Rouen.[réf. nécessaire]

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Il a de sa première femme Béatrix de Falaise[8], peut-être sœur d’Arlette de Falaise :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Frank Barlow, William Rufus, Yale University Press, 2000, p. 273, 282.
  2. C. Warren Hollister, « The Greater Domesday Tenants-in-Chief », Domesday Studies, Éd. J.C. Holt (Woodbridge), 1987, p. 244.
  3. Eleanor M. Seale, « The Abbey of the Conquerors », Proceedings of the Battle Conference on Anglo-Norman Studies II, 1979: Proceedings of the Battle Conference 1979, Par Reginald Allen Brown, Publié par Boydell & Brewer, 1980, p. 157. (ISBN 0851151264)
  4. a et b C. Warren Hollister, « The Greater Domesday Tenants-in-Chief », Domesday Studies, Éd. J.C. Holt (Woodbridge), 1987, p. 226-227.
  5. Frank Stenton, Anglo-Saxon England, Oxford University Press, 3e édition, 1971, p. 604.
  6. Brian Golding, « Robert of Mortain », Anglo-Normans Studies : XIII. Proceedings of the Battle Conference, édité par Marjorie Chibnall, Boydell & Brewer Ltd, 1990, p. 120
  7. Orderic Vital, Histoire de Normandie, Éd. Guizot, 1826, tome 2, livre IV, p. 186.
  8. Tudor Place Jorge H. Castelli et Cokayne, George Edward, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct, or Dormant (London: St. Catherine Press, 1910.), 5:153, Los Angeles Public Library, 929.721 C682.

Sources[modifier | modifier le code]