Gautier Ier Giffard

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Gautier Ier Giffard
Biographie
Décès
Enfants

Gautier Ier Giffard († vers 1084) est un seigneur normand puis anglo-normand, contemporain de Guillaume le Conquérant. Sa biographie n'est pas facile à établir en raison de la confusion avec celle de son fils du même nom[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Gautier est lié à la famille ducale de Normandie, puisqu'il est un neveu de Gunnor[2]. C'est un seigneur cauchois : il possède Bolbec, puis, après 1055, acquiert Longueville, qui devient le chef-mois[3] de la seigneurie.

Sa première apparition dans l'historiographie normande est en liaison avec la révolte du comte Guillaume d'Arques, en 1053. Ce dernier est alors en rébellion contre son seigneur et neveu Guillaume le Bâtard. Le duc de Normandie l'assiège dans le château d'Arques, puis, selon le chroniqueur Guillaume de Poitiers, confie la poursuite du siège à Gautier Giffard. Le seigneur cauchois remplit sa mission, puisque le rebelle finit par se rendre, après l'échec d'une armée venue le secourir. On retrouve peu après Gautier à la bataille de Mortemer, en 1054. Il fait partie des commandants normands qui taillent en pièces l'armée française commandée par Eudes, le frère du roi de France[4]. Gautier joue donc un rôle important à deux moments-clés du règne du jeune duc Guillaume. Les services rendus expliquent probablement la cession par le futur Conquérant du fief de Longueville à son fidèle guerrier après 1055[5].

Lors de la préparation de la conquête de l'Angleterre, Gautier fournit 30 navires et 100 chevaliers, ce qui atteste de sa puissance[6]. C’est l’un des conseillers proches de Guillaume le Conquérant[7]. Il participe assurément à la bataille d'Hastings. Un chroniqueur tardif raconte que, lors du combat, il tomba de son destrier, mais que le duc lui-même vint à son secours pour le sortir de cette mauvaise situation[8].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Parents : Osbern de Bolbec et une sœur de Gunnor[9] dont le nom est Wevie.[10]

Épouse : Ermengarde, fille de Gérard Flaitel, un seigneur du Talou.

Frère : Godefroi, père de Guillaume d'Arques.

Enfants :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orderic Vital évoque un Gautier Giffard surnommée le Vieux. Ce surnom pourrait indiquer que le moine parle de Gautier Ier. Toutefois, dans ce passage, Gautier paraît un proche du duc Robert Courteheuse. Présenté ainsi, il s'agirait plutôt de Gautier II. Orderic Vital, Histoire de Normandie, Tome 3, livre VI, éd. Guizot, 1825, p. 31 (traduction française de Historia ecclesiastica terminée vers 1142)
  2. Il est précisément le fils d'une sœur de Gunnor.
  3. Définition de chef-mois, ou chef-mets, dans l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert.
  4. Guillaume de Poitiers, Vie de Guillaume le Conquérant, éd. Guizot, Mancel, 1826, p. 363-364 (traduction française de Gesta Guillelmi ducis Normannorum et regis Anglorum, écrite vers 1073-1074).
  5. Pierre Bauduin, La première Normandie (Xe – XIe siècles), Presses Universitaires de Caen, 2004, p. 311 et Jacques Le Maho, « L’apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l'époque ducale », Archéologie médiévale, tome VI, 1976, p. 51-55.
  6. François Neveux, la Normandie des ducs aux rois (Xe – XIIe siècle), Rennes, Ouest-France, 1998, p. 151
  7. David Douglas, William the Conqueror, 1964, p. 144.
  8. Benoît de Saint-Maure, Chronique des ducs de Normandie, cité par Peter Damian-Grint, « Research and invention in Benoît de Saint-Maure’s, Chronique des ducs de Normandie », Anglo-Norman studies, 1998, no 21, p. 21.
  9. Guillaume de Jumièges, Histoire des ducs de Normandie, éd. Guizot, Mancel, 1826, avec interpolations d'Orderic Vital et Robert de Thorigny, livre VIII, p. 301-302 (traduction française de Gesta Normannorum Ducum écrit vers 1070).
  10. Davy, André, 1940-, La véritable histoire des ducs de Normandie (ISBN 9782355931444, OCLC 743277575, lire en ligne)
  11. Jacques Le Maho, « L'apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l'époque ducale », Archéologie médiévale, tome VI, 1976, p. 34-35.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Guillaume de Poitiers, Vie de Guillaume le Conquérant, éd. Guizot, Mancel, 1826, (traduction française de Gesta Guillelmi ducis Normannorum et regis Anglorum écrit vers 1073-1074).
  • Guillaume de Jumièges, Histoire des ducs de Normandie, éd. Guizot, Mancel, 1826, avec interpolations d'Orderic Vital et Robert de Thorigni, livre VIII, p. 301-302 (traduction française de Gesta Normannorum Ducum écrit vers 1070).
  • Jacques Le Maho, « L'apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l’époque ducale », Archéologie médiévale, tome VI, 1976, p. 5-148.
  • Jacques Le Maho, « Autour des origines d'un grand lignage normand, la motte des Giffard à Montivilliers (XIe – XIIe siècles) », Recueil des publications de la Société havraise d'études diverses, no 147, 1979, p. 11-16.