René Julliard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

René Henri Julliard, né le 22 novembre 1900 à Genève et mort le 1er juillet 1962 à Paris 7e, est un éditeur français, fondateur des Éditions Julliard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts et la guerre[modifier | modifier le code]

René Julliard se lance dans l'édition en 1923 en inventant une sorte de club du livre, Séquana, qui fait choisir ses ouvrages à publier par un comité de lecteurs prestigieux et les vend sur abonnement à des abonnés de la revue.

Dans les années 1930, sa maison d'édition mise aussi sur "les coups" et la publicité. La Seconde Guerre Mondiale éclate.

Pétainiste convaincu il adhère en 1940 à la « Révolution Nationale » du maréchal Pétain et installe Séquana à Vichy, où il édite des ouvrages dans la ligne maréchaliste, mais, prudent, il publie aussi sous pseudonyme des romans de Jean Zay, ministre du Front populaire, vilipendé par les "collabos".

Ayant habilement "joué sur deux tableaux" en 1945 René Julliard n'est pas victime de l'épuration; il publie d'ailleurs aussitôt des textes d'Éluard et d'Aragon. Sous sa sobre couverture blanche et verte dessinée par Marcel Jacno, il édite Joseph Kessel, Maurice Druon, Witold Gombrowicz, Albert Cossery, Michel Droit, Arthur Conte.

Les succès d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Performance : il obtient les Prix Goncourt des années 1946, 1947 et 1948, qui assurent son succès et la bonne marche de ses affaires; il s'agit de Jean-Jacques Gautier (Histoire d'un fait divers, prix Goncourt 1946), Jean-Louis Curtis (Les forêts de la nuit, prix Goncourt 1947 et Maurice Druon (Les Grandes Familles, prix Goncourt 1948).

D'autres titres emportent également d'immenses succès, comme les poésies de Minou Drouet et certains deviennent des films à très grand public : Le Salaire de la peur, de Georges Arnaud, Le Pont de la rivière Kwaï, de Pierre Boulle

En 1954 le premier livre de Françoise Sagan Bonjour tristesse fait un triomphe immédiat et il est d'emblée l'objet de 21 traductions et sera lui aussi porté au cinéma par Otto Preminger. En 1959, c'est Le Lieu du supplice, de Vladimir Pozner, chroniques de la guerre d'Algérie rapidement interdites par les autorités militaires et qui vaudront à leur auteur un attentat de l'O.A.S. en février 1962.

Après lui[modifier | modifier le code]

Julliard meurt en 1962 ; sa veuve, née Gisèle d'Assailly, prend la relève avec Christian Bourgois, qui était directeur de l'entreprise, mais en 1965, la maison d'édition est absorbée par le puissant groupe des Presses de la Cité.

Christian Bourgois crée alors sa propre maison d'édition. Parmi les auteurs publiés par Julliard figurent d'autres découvertes : Michel Del Castillo, Françoise Mallet-Joris, Italo Calvino, Vladimir Nabokov, Alexandre Soljenitsyne, Volkoff, Zinoviev

Les éditions Julliard appartiennent aujourd'hui au groupe Robert Laffont.


Bibliographie[modifier | modifier le code]