Radio Carbone 14

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Radio Carbone 14

Présentation
Pays Drapeau de la France France
Siège social Avant 1983 : 21, rue Paul-Fort, 75014 Paris
Slogan La radio qui vous encule par les oreilles
Langue Français
Statut Radio Associative
Historique
Création 1981
Disparition 1983
Diffusion
AM  Non
FM  Non
Numérique  Non
Numérique terrestre  Non
Satellite  Non
ADSL  Non
Streaming  Non
Podcasting  Non

Carbone 14 était une radio libre en France du début des années 1980, lancée le et démantelée le . Le ton était débridé et libertaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

La station est montée à la fin de l'été 1981 par le publicitaire parisien et ancien militant socialiste d'origine corse Dominique Fenu. Au début, la radio devait servir aux intérêts du député socialiste du 14e arrondissement de Paris[1]. Les premiers animateurs sont bénévoles et recrutés via une annonce diffusée dans le journal Libération[2].

Elle commence à émettre le 14 décembre 1981, équipée d'un émetteur de puissance supérieure à la moyenne des radios[2].

L'âge d'or[modifier | modifier le code]

La radio Carbone 14 adopte des slogans tels que « la radio qui vous encule par les oreilles » ou « la radio des cons, faite pour des cons et par des cons ». La ligne éditoriale, vague au départ, prend une dominante provoc' suite aux émissions décalées animées par le premier directeur d'antenne Michel Fiszbin (alias Robert Lehaineux), Jean-Yves Lambert (futur Lafesse) et Jean-François Gallotte (alias David Grossexe). L'équipe réalise par exemple un canular sur la mort de Mick Jagger qui est relayé par l'AFP[1], un autre sur l'enlèvement de Jean-Edern Hallier[3]. Catherine Pelletier (alias Supernana) et Lafesse animent une émission sur la sexualité, abordent les sujets de manière crue, et font preuve de franc-parler avec les auditeurs qui passent à l'antenne, cassant radicalement les codes de la radio traditionnelle[2],[3].

Un film sur Carbone 14 est réalisé en 1982 par Jean-François Gallotte, et sélectionné dans la catégorie perspectives du cinéma français au festival de Cannes 1983[4]. Sa réalisation est précipitée par Michel Fiszbin et Jean-François Gallotte qui veulent absolument garder un souvenir de l'esprit Carbone 14, et volent une caméra et des bobines pour la capture vidéo. Le tout a été filmé en une prise[3].

Régulation et disparition[modifier | modifier le code]

Sa ligne éditoriale ne répondant pas aux exigences de la nouvelle Haute Autorité de la communication audiovisuelle, la radio est retirée de la liste des stations autorisées du Journal officiel en mai 1983. Radio Carbone 14 continue cependant d'émettre, ce qui pousse les forces de l'ordre à saisir son matériel le [2],[5].

Le , la fréquence historique de Carbone 14 (97,2 MHz FM Stéréo) est réattribuée à la radio Fréquence Gaie qui vient d'être autorisée par le gouvernement. Carbone 14 prend l'antenne sur son ex-fréquence, dans les locaux de Fréquence Gaie pour un temps de parole de minuit à 6 heures du matin pendant quelques jours. La dernière émission de Carbone 14 est diffusée le .

Brève résurgence[modifier | modifier le code]

Carbone 14 a ré-émis de février à juillet 1986 avec une partie de la même équipe dont Supernana, entourée de Philip de la Croix et de Rémi Bouton qui lui ont apporté leurs fréquences (Pluriel FM et Radio Gulliver). On y retrouvait des anciens, comme Madame Globo et des tout nouveaux, dont notamment le Sergent Vaché alias Arthur qui a fait ses premiers pas radiophoniques en présentant le flash d'infos quotidien à l'antenne (après avoir quitté la fréquence 95,2[6]). Cependant, la radio est basée dans une zone de bande FM saturée par plusieurs puissants émetteurs (à Cachan), ce qui empêche Carbone 14 de se remettre dans les rails. Son propriétaire Dominique Fenu la déplace en Corse pour finalement la céder au réseau Europe 2[2].

La fermeture définitive de Carbone 14, après les élections législatives de 1986 marque la fin de la période "pionnière" des radios libres dans le sens où il n'était dès lors plus imaginable de faire exister une radio "pirate" sans autorisation publique de la Haute Autorité de l'audiovisuel, remplacée par la suite par la CNCL puis par le CSA. Elle marque aussi le début de la consolidation de la FM en réseaux commerciaux, parfois appuyés sur des grands groupes radiophoniques.

Émissions phares[modifier | modifier le code]

  • La morale a Bonux
  • Poubelle night[5], présenté par Supernana avec des intervenants ponctuels tels que David Grossexe, Jean-Yves Lafesse, José Lopez
  • Lafesse merci[5], présenté par Jean-Yves Lafesse
  • Vive la guerre, présenté par José Lopez et Robert Le Haineux
  • 50 millions de voleurs[5]
  • Le diable au corps
  • T’auras du boudin show[5]

Ancienne fréquence[modifier | modifier le code]

  • Paris : 97,2 MHz

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Daniel Lesueur, RADIOS PIRATES De Radio Caroline à la bande FM, Camion Blanc (ISBN 9782357795464)
  2. a, b, c, d et e Laurence Le Saux, « Carbone 14 grésille encore », sur Telerama.fr, (consulté le 18 septembre 2016)
  3. a, b et c Martine Delahaye, « Trois jours de délires à Carbone 14, il y a trente ans », sur Lemonde.fr, (consulté le 18 septembre 2016)
  4. « Carbone 14, le film », sur Lesmutins.org (consulté le 14 septembre 2016)
  5. a, b, c, d et e « Livre - Carbone 14 : Légende et histoire d’une radio pas comme les autres », sur Lesmutins.org (consulté le 18 septembre 2016)
  6. Laurent Bouneau, Fif Tobossi et Tonie Behar, Le Rap est la musique préférée des Français, Don Quichotte, 396 p. (ISBN 9782359491982, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Lefebvre, Carbone 14 : Légende et histoire d'une radio pas comme les autres, Ina Editions, coll. « Médias histoire », , 220 p. (ISBN 978-2869382022)

Liens externes[modifier | modifier le code]