Province de Cabo Delgado

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Province de Cabo Delgado
Province de Cabo Delgado
Localisation de la province de Cabo Delgado.
Administration
Pays Drapeau du Mozambique Mozambique
Type Province
Capitale Pemba
Démographie
Population 1 632 809 hab. (2007)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Superficie 77 867 km2

La province de Cabo Delgado (en portugais : província de Cabo Delgado) est l'une des dix provinces du Mozambique. Sa capitale est la ville de Pemba.

Près d'un tiers des musulmans du Mozambique vivent à Cabo Delgado, où ils constituent la majorité absolue (54 %) de la population[1],[2].

En 2021, environ un huitième du territoire de la province (contrôlé par la branche centrafricaine de Daech) échappe à l'autorité du gouvernement mozambicain.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sud de Pemba

La province couvre une superficie de 80 145 km2. Elle est la plus septentrionale des provinces du Mozambique. Elle est bordée au nord par la Tanzanie, dont elle est séparée par le rio Rovuma ; à l'est par l'océan Indien ; au sud par la province de Nampula dont elle est séparée par le rio Lúrio ; et à l'ouest par la province de Niassa, la limite étant le rio Rovuma.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis 2017, la province de Cabo Delgado connaît une insurrection islamiste. Un groupe salafiste, Ansar al-Sunna, a ainsi été créé en 2014[3] ou en 2015[4],[5], dans la ville littorale de Mocímboa da Praia, grâce notamment à l'influence d'islamistes venus de Tanzanie. Le , ce groupe a attaqué 3 commissariats, tuant 16 personnes (dont deux policiers et un chef communautaire)[6]. En , il a attaqué le village de Monjane dans le district de Palma et décapité 10 de ses habitants, dont deux adolescents[7]. Ce groupe a perpétré plus de 350 attentats tuant au moins 1 500 personnes et faisant plus de 200 000 évacués[8].

En , le cyclone Kenneth frappe le nord de la province ; au moins 38 personnes sont tuées et des milliers de maisons détruites[9],[10].

Au cours de la bénédiction Urbi et Orbi de Pâques 2020, le pape François a prié pour la population de Cabo Delgado. L'évêque de Pemba Mgr Luiz Fernando Lisboa, a reçu un appel téléphonique le vendredi . Le pape a marqué sa solidarité à la population face à la violence djihadiste qui la frappe[11].

En 2020, les attaques des militants islamistes radicaux affiliés à Daech, actifs dans la province se poursuivent. En avril, ils décapitent une cinquantaine de jeunes gens qui refusaient de rejoindre leurs rangs. Une autre, en novembre, provoque également la mort de plus de 50 personnes, la plupart étant des adolescents, retrouvés décapités[12]. Selon l’ONG Armed Conflict Location & Event Data group, basée aux Etats-Unis, ces djihadistes ont fait au moins 2 000 morts et provoqué le déplacement de plus de 400 000 personnes depuis 2017[13].

Économie[modifier | modifier le code]

Plusieurs multinationales françaises, comme Total, Technip et EDF, se sont installées dans la province pour en exploiter les réserves gazières. Ces projets économiques ne sont généralement pas populaires auprès des populations, puisqu'ils s'accompagnent de la présence de sociétés internationales privées de sécurité, d'une militarisation accrue, et du déplacement de personnes. En outre, ils constituent une menace environnementale sérieuse : « la zone côtière concernée par ce futur marché du gaz abrite une faune et une flore exceptionnelles, certaines espèces considérées en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature, ainsi que des écosystèmes rares. », selon le journal L'Humanité[14].

Population[modifier | modifier le code]

La population de la province s'élevait à 1 632 809 habitants au recensement de 2007, contre 1 284 000 à celui de 1997. Sa population est composée de Makuas, de Makondés et de Quimuanes.

Aujourd’hui, les deux principales ethnies y sont les Makondé et les Mwani. D’autres ethnies sont également présentes (Yao, Makua), ainsi que des étrangers (Tanzaniens, Somaliens, etc.)[2].

Les Mwani et les Makua sont musulmans, tandis que les Makondé sont chrétiens, très majoritairement catholiques (certains sont évangéliques)[2].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

La province de Cabo Delgado est subdivisée en 16 districts :

Elle comprend également 4 municipios :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joseph Hanlon, « Religion is shaping Cabo Delgado civil war », Mozambique News Reports & Clippings, no 484,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  2. a b et c Ana Margarida Sousa Santos, « Histoire du Cabo Delgado : aux origines du conflit », sur Observatoire Pharos, (consulté le 3 avril 2021)
  3. « Mozambique: qui sont les «shebabs» de Mocimboa da Praia? », sur RFI.fr, (consulté le 3 mai 2020)
  4. (en) « Mozambique: Islamists funded by illegal trade in timber and rubies – AIM report », sur ClubOfMozambique.com, (consulté le 3 mai 2020)
  5. (en) « Mozambique Al Shabab behead 10 villagers », sur standardmedia.co.ke, (consulté le 3 mai 2020)
  6. (en) Peter Fabricius, « Mozambique’s first Islamist attacks shock the region », ISS Africa, (consulté le 3 mai 2020)
  7. Laurent Larcher, « Des islamistes frappent le Mozambique », La Croix,‎ (lire en ligne)
  8. Agence Fides 21/08/2020
  9. AFP, « Cyclone au Mozambique: cinq morts et des villages isolés rasés », sur Geo.fr, (consulté le 27 avril 2019)
  10. « Au Mozambique, les fortes pluies du cyclone Kenneth ont fait plus de 38 morts », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 avril 2019)
  11. http://www.fides.org/fr/news/68512-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_L_appel_telephonique_du_Pape_source_de_grand_reconfort_selon_l_Eveque_de_Pemba_au_centre_des_violences_djihadistes
  12. Djihadisme.L’horreur sur un terrain de foot au Mozambique : une cinquantaine de civils décapités, courrierinternational.com, 11 novembre 2020
  13. Mozambique : Un massacre attribué à des djihadistes fait au moins 20 morts, 20minutes.fr, 5 novembre 2020
  14. « Droits humains. Pour quelques barils de plus, l’appât du gain n’a pas de limites », sur L'Humanité,