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Province d'Antananarivo

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Province d'Antananarivo
Province d'Antananarivo
Localisation de la province à Madagascar
Noms
Nom Malgache Faritanin'Antananarivo
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Capitale Antananarivo
Régions Analamanga, Bongolava, Itasy, Vakinankaratra
Préfectures Antananarivo, Antsirabe, Miarinarivo, Tsiroanomandidy
Districts 25
Communes 298
Gouverneur Vacant
Commissaire général Vacant
Conseil provincial Conseil provincial d'Antananarivo
Sénateurs Herimanana Razafimahefa
Andrianantenaina Michel Rakotondrainibe
Nombre de députés 62
Date de création 1909
ISO 3166-2 T
Démographie
Population 7 273 126 hab. (2023)
Densité 125 hab./km2
Groupes ethniques Merina
Géographie
Altitude Min. 408 m
Max. 2 642 m
Superficie 58 283 km2

La province d'Antananarivo est l'une des six provinces de Madagascar, centrée autour de la capitale, Antananarivo qui est aussi la capitale du pays. Elle a une superficie de 58 283 km2 et une population de 7 273 126 personnes.

Rizières de la province d'Antananarivo

La province est établie au cœur des hautes terres centrales de l'île, nichée dans une région tropicale montagneuse, caractérisée par une topographie accidentée ponctuée de collines et traversée par des rivières, au sein d'une zone de haute altitude.

Elle se distingue par son paysage dominé par une vaste plaine agricole, principalement destinée à la culture du riz.

Topographie

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La province s'étend dans les hauts plateaux de l'île, sur le Massif d'Ankazobe au nord et sur le Massif de l'Ankaratra au sud. Alors que sa partie orientale se dresse comme une barrière face à l'océan Indien, sa partie occidentale se constitue des plaines et Belobaka et de Mandoto. Le centre de la province — les régions Bongolava, Itasy et le centre du Vakinankaratra — sont marqués par des vestiges d'activités volcaniques anciennes. On retrouve notamment, dans la région Bongolava, le cratère du volcan d'Ambohiby où s'est établi une communauté Betsileo dans le village d'Anosibe Ambohiby, en presque autarcie vis-à-vis du pays merina.

Période précoloniale (avant 1896)

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La région correspondant à la future province d'Antananarivo constituait le cœur historique du Royaume merina, organisé en provinces traditionnelles (toko) depuis le XVIe siècle. Sous le règne d'Andrianampoinimerina (1787-1810), le territoire fut réorganisé en six provinces principales :

  1. Avaradrano (Hautes terres de l'Est) - Centre spirituel et politique avec Ambohimanga comme capitale symbolique
  2. Vakinisisaony (Vallée de la Sisaony) : zone agricole centrée autour d'Alasora puis Andramasina
  3. Marovatana : territoire occidental ayant pour capitale Ambohidratrimo
  4. Vonizongo[1],[2] - Région frontalière du Nord-Ouest avec Fihaonana comme capitale[3]
  5. Ambodirano : région du lac Itasy
  6. Vakinankaratra : ancien royaume d'Andrantsay, conquis au XIXe siècle par Andrianampoinimerina assisté par son fils aîné Ilehidama

Antananarivo, fondée comme capitale royale au XVIIe siècle par Andrianjaka, bénéficiait d'un statut particulier en dehors de ce système provincial.

Période coloniale française (1896-1960)

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Après la conquête française de 1895 et l'abolition de la monarchie en 1897, les autorités coloniales réorganisèrent complètement l'administration territoriale : les anciennes provinces merina furent dissoutes et remplacées par des districts administratifs.

Période post-indépendance (1960-2007)

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À l'indépendance en 1960, Madagascar conserva dans un premier temps les structures territoriales coloniales. La province d'Antananarivo fut gardée comme subdivision administrative majeure au même titre que les autres provinces coloniales.

Elle était alors scindée en trois préfectures : Imerina au nord, Vakinankaratra au sud et l'Itasy entre eux deux[4].

Réforme de 2007

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En 2007, sous la présidence de Marc Ravalomanana, une vaste réforme territoriale aboutit à la dissolution des provinces. La province d'Antananarivo fut scindée en quatre nouvelles régions :

  1. Analamanga (incluant la capitale)
  2. Itasy
  3. Bongolava
  4. Vakinankaratra

Cette réforme marqua une interruption de la province d'Antananarivo en tant qu'entité administrative.

Restauration

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À la suite du référendum constitutionnel du 19 novembre 2010 et de l'adoption de la constitution de la IVe République, les provinces sont rétablies sur le fondement de son Titre V, Sous-titre II, chapitre 3, portant organisation des provinces.

Administration

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La province compte quatre régions (faritra) et dix-neuf districts (fivondronana):

Région Préfecture Districts Chef-lieu de district Nombre de communes
Analamanga (bleu) Antananarivo 2 Ambohidratrimo Ambohidratrimo 24
3 Andramasina Andramasina 11
4 Anjozorobe Anjozorobe 19
5 Ankazobe Ankazobe 12
6 Antananarivo-Avaradrano Alasora 12
7 Antananarivo-Atsimondrano Andoharanofotsy 26
8 Antananarivo-Renivohitra Antananarivo 1
9 Manjakandriana Manjakandriana 25
Bongolava (marron) Tsiroanomandidy 15 Fenoarivobe Fenoarivobe 8
19 Tsiroanomandidy Tsiroanomandidy 18
Itasy (vert) Miarinarivo 12 Arivonimamo Arivonimamo
17 Miarinarivo Miarinarivo
18 Soavinandriana Soavinandriana
Vakinankaratra (orange) Antsirabe 1 Ambatolampy Ambatolampy
9 Antanifotsy Antanifotsy
10 Antsirabe II Andranomanelatra 20
11 Antsirabe I Antsirabe 1
13 Betafo Betafo
Mandoto Mandoto
14 Faratsiho Faratsiho

La province d'Antananarivo est un point de convergence des différentes voies de communications de Madagascar.

Transport ferroviaire

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La province est desservie par les lignes Tananarive-Antsirabe et Ligne Tananarive-Côte Est, exploitées depuis 2002 par Madarail.

Il existe aussi une ligne de train urbain sur le réseau de transport en commun d'Antananarivo.

Transport routier

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La province d'Antananarivo abrite le point-zéro des routes de Madagascar, de ce fait le réseau routier de l'île se centre sur Antananarivo.

Routes nationales desservant la province d'Antananarivo
RN Villes traversées Longueur
(km)
Groupe
N 1 AntananarivoArivonimamoMiarinarivoAnalavoryTsiroanomandidy 149 S
N 1b AnalavoryAnkadinondry SakayTsiroanomandidyMaintirano 474 S
N 2 AntananarivoManjakandrianaMoramangaBrickavilleToamasina 349 P
N 2a AmbohimalazaAnjevaAmbatomanga 19 T
N 2b AnkorahotraUniversité d’Antananarivo 2 T
N 3 AntananarivoAnjozorobe 90 S
N 4 AntananarivoAmbondromamyMahajanga 562 P
N 7 AntananarivoAntsirabeAmbositraFianarantsoaToliara 920 P
N 34 AntsirabeMalaimbandy 368 S
N 51 RN 3Ambohimanga-Rova 5 T
N 52 TalatamatyIvato 6 S
N 56 Arivonimamoaérodrome 3 T
N 65 Liaison entre RN 2, RN 3 et la zone industrielle d'Ankorondrano[5] 8 S
Sources[6]
En gras, les villes de la province

Transport aérien

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La province d'Antananarivo compte trois aérodrome et un aéroport, celui d'Antananarivo à Ivato, qui concentre la majorité des vols nationaux et internationaux de Madagascar.

Liste des aéroports de la province d'Antananarivo
Aéroport Code OACI Code IATA Long. Piste (m) Alt. (m)
Antananarivo-Ivato FMMI TNR 3 100 1 279
Antsirabe FMME ATJ 1 200 1 523
BA 213 Arivonimamo FMMA 2 511 1 450
Tsiroanomandidy FMMX WTS 1 075 846

L'aéroport international d'Ivato, seul aéroport de la province ayant des vols commerciaux réguliers, s'ouvre à 10 destinations nationales via Madagascar Airlines, et à 9 destinations internationales.

Enseignement primaire et secondaire

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L'histoire de l'éducation dans la province d'Antananarivo remonte au règne de Radama Ier (1810-1828). La première école formelle fut établie en 1820 dans l'enceinte du palais royal d'Anatirova par des missionnaires de la London Missionary Society (LMS). Cette école pionnière, destinée principalement aux enfants de l'aristocratie merina, enseignait la lecture, l'écriture et les mathématiques de base.

Sous la reine Ranavalona II (1868-1883), le système scolaire s'étendit considérablement avec :

  • La création d'écoles dans les principaux villages de l'Imerina
  • L'introduction du malgache comme langue d'enseignement
  • La formation des premiers enseignants malgaches

À l'époque coloniale (1896-1960), les Français réorganisèrent le système éducatif :

Après l'indépendance (1960), la province concentrait :

  • 35% des écoles primaires nationales
  • 45% des collèges publics
  • 60% des lycées du pays

Enseignement supérieur

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Les prémices de l'enseignement supérieur remontent à 1875 avec la création du LMS Medical College à Faravohitra, première institution de formation médicale à Madagascar. Ce collège formait des assistants médicaux malgaches selon les méthodes britanniques.

L'École de Médecine d'Antananarivo fut officiellement créée en 1896 par les Français, marquant le début de l'enseignement supérieur moderne. Elle devint Faculté de Médecine en 1954.

Les autres institutions historiques comprennent :

Campus universitaire de l'ESPA à Vontovorona.

Aujourd'hui, la province regroupe les meilleurs établissements universitaires, tant publics que privé. On y retrouve notamment l'École supérieure polytechnique d'Antananarivo à Vontovorona, les universités d'Antananarivo, d'Itasy (Soavinandriana) et de Vakinankaratra (Antsirabe), mais aussi des écoles de commerce dont l'INSCAE et des écoles d'hôtellerie.

La province est le foyer économique du pays, les industries locales fabriquant se positionnant dans l'agroalimentaire, les produits du tabac, le textile et les marchandises dérivées du cuir. La capitale, Antananarivo, produit 44 % du PIB national soit environ 10 milliards de dollars américains[7]. Toutefois, la pauvreté est omniprésente dans de nombreux quartiers[8].

Agriculture

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L'agriculture constitue le principal secteur d'activité dans la province. Les espaces agraires sont aménagés principalement pour la culture du riz, d'autres cultures annuelles, ainsi que pour l'élevage, notamment de bovins, d'ovins et de porcins. L'accès au foncier y est garanti et protégé par la loi pour chaque habitant de la province.

Les communes gèrent les demandes de location ou d'achat de terres, mais la demande dépasse considérablement l'offre, et une grande partie des terres non attribuées ne répond pas aux critères requis pour le morcellement, comme les terres où le ruissellement des eaux de crue est détourné. Une grande partie de ces terres marginales a été illégalement occupée et développée par des résidents à la recherche de terres, créant des bidonvilles dans des poches dans les parties basses des villes, notamment à Antananarivo. Ce développement incontrôlé pose des risques pour l'assainissement et la sécurité des habitants de ces zones[9].

Cultures en terrasses à 70 km au sud-est d'Antsirabe.

En raison de ses sols volcaniques très riches, notamment dans l'Itasy ou le Vakinankaratra, la province constitue l'une des régions les plus arables de l'île. Cette caractéristique géologique particulière lui offre une potentialité incomparable en termes de production de matières premières et a favorisé l'implantation dans cette zone de diverses unités agro-industrielles de transformation.

Les communes périphériques des grandes villes à l'instar d'Andranomanelatra constituent un foyer de la production agroalimentaire. On y retrouve des minoteries, des laiteries et l'agriculture y reste le principal employeur.

Industrie et services

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L'industrie représente environ 13 % du produit intérieur brut (PIB) de Madagascar et est largement concentrée à Antananarivo. Les principales industries comprennent la production de savon, la transformation des aliments et du tabac, la brasserie, les textiles et la fabrication du cuir, qui emploient environ 5,5 pour cent de la main-d'œuvre[10].

Les vastes infrastructures de la ville et son rôle de centre économique du pays en font un emplacement privilégié pour les grandes entreprises. Les propriétaires d'entreprise sont des moteurs de croissance pour la ville; en 2010, 60 % de tous les nouveaux bâtiments du pays étaient situés à Antananarivo, dont la plupart ont été construits à des fins commerciales.

Le chômage et la pauvreté augmentent également, alimentés en partie par une main-d'œuvre insuffisamment qualifiée et non professionnelle et par l'absence d'une stratégie nationale de développement économique depuis 2009[11]. La croissance de l'emploi dans le secteur formel n'a pas suivi le rythme de la croissance démographique, et de nombreux résidents gagnent leur vie dans le secteur informel en tant que vendeurs de rue et ouvriers[12].

La seconde ville de la province, Antsirabe, est un important pôle industriel du pays, en particulier dans le domaine du textile et de l'agroalimentaire. On y retrouve notamment le groupe COTONA (La Cotonnière d'Antsirabe), la plus importante entreprise textile de l'île, employant environ 4 000 salariés depuis la fibre de coton, le tissage, la teinture et la fabrication des vêtements, fondée par Aziz Hassam Ismail qui créa ensuite Unima, entreprise de pêche à la crevette dirigée aujourd'hui par son fils Amyne H. Ismail[13] ; les compagnies mauriciennes Aquarelle Clothing et Floréal du groupe Ciel y concurrence ces entreprises locales.

Usine Star à Antsirabe.

Fondée à Antsirabe avant de migrer son siège social vers Antananarivo, les brasseries Star, qui produit des boissons diverses et de la bière dont la Three Horses Beer (THB), concentre toujours la majorité de ses activités de production dans la province, avec des usines à Antananarivo, Antsirabe, Ambatolampy et Andranomanelatra.

Le groupe Tiko de l'ancien chef d'État, Marc Ravalomanana, a implanté de nombreuses usines dans la province, notamment une huilerie à Antsirabe et des laiteries à Antsirabe, Andranomanelatra et Tanjombato. Outre le groupe Tiko, la compagnie laitière Socolait y a été fondé et y concentre la totalité de ses activités.

Les principales entreprises malgaches de la finance siègent dans la province. On y retrouve notamment les banques — BMOI, BNI, BRED, BOA, MCB ou SBM —, les compagnies d'assurances, ainsi que les courtiers.

La pronvince abrite les sièges des différentes multinationales dans les services. Toutes les entreprises dans la télécommunication — Airtel, Blueline, Orange et Yas — siègent dans la capitale. Outre les télécommunications, les centres d'appels s'y sont également développé au milieu des années 2010, notamment par le biais de multinationales françaises telles queTeleperformance ou Concentrix[14]. À la même période, la province a vu se développer des entreprises s'axant dans l'entraînement des intelligences artificielles[15].

Population et société

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Tombeaux antimerina à Ambatomena (gravure de 1894).

La province constitue le foyer du peuple Merina qui, comme toutes celles de Madagascar, est essentiellement d'origine austronésienne. Ses fondements culturels sont intimement liés à ceux du peuple Ntaolo Vazimba. Les apports culturels d'autres origines, en l'occurrence ceux issus du continent indien, africain et européen sont également constatables dans de nombreux aspects culturels. Cependant, dans le cas merina, l'influence orientale (Sud-Est asiatique surtout) est particulièrement prononcée.

La langue merina est une branche d'un grand arbre : la langue malgache. Commune aux habitants de toute l'île, le malgache est une langue austronésienne du groupe barito de la branche malayo-polynésienne. Elle est emmenée par les premiers Ntaolo. Le dialecte merina est depuis le XIXe siècle à la base du malgache officiel et, en tant que dialecte administratif, il est parlé par environ 20 millions de locuteurs, essentiellement urbains. Cependant, un merina passant un peu de temps dans une autre région de Madagascar n'aura pas de peine à parler le dialecte local et vice-versa, la grammaire et le vocabulaire de base étant communs, à des variations dialectales et phoniques près.

Maison Merina typique à étage sur la route nationale 7, entre Antananarivo et Antsirabe.

La religion traditionnelle vazimba et merina (comme pour la majorité des malgaches) était monothéiste avec à son sommet le Créateur appelé Zanahary (dès l'époque vazimba et néo-vazimba) ou (plus tard, à partir de l'arrivée des hova néo-austronésiens) Andriana(na)hary ou Andriamanitra (rajout du préfixe Andriana apporté par les hova néo-austronésiens).

Le sacré ou masina tenait une place centrale dans tous les aspects de la vie sociale. Les hommages au souverain, assimilé à tort à une divinité, étaient qualifiés de fanasinana, « sacralisation » plutôt que de « sanctification ».

Les vazimba-merina d'antan croyaient que l'esprit était l'essence même de l'être humain (Ny fanahy no olona). Ils pensaient aussi qu'après la mort, les esprits des défunts rejoignaient le monde des ancêtres, un monde parallèle localisé parfois sur une haute montagne. Ces esprits en rapport avec les êtres vivants (y compris parfois les animaux) étaient de plusieurs sortes, parmi lesquels les « doubles » (ambiroa, avelo), les « ombres » (tandindona) ou les « fantômes » (matoatoa).

Il y avait des prêtres spécifiques ou mpisorona aux cérémonies, mais il y avait aussi des shaman-guérisseurs (ombiasy) ou des astrologues (mpanandro) faisant office de spécialistes du sacré et des relations avec les « forces invisibles ». Ces derniers combattaient également les mpamosavy, considérés comme des sorciers maléfiques. En rapport avec le service de la royauté se développa ensuite tardivement le culte des sampy ou palladiums sacrés.

Les coutumes comprenaient et comprennent toujours la circoncision des jeunes garçons (entre 5 et 12 ans), coutume d'origine austronésienne (on la trouva chez les anciens Polynésiens) et/ou sémite et, pour les funérailles, la pratique du famadihana ou réinhumation périodique des restes mortuaires dans des caveaux mégalithiques collectifs (coutume que les merina ont en commun avec les Betsileo). Les activités sociales merina culminaient avec la célébration annuelle du Fandroana, à la fois fête du Bain sacré, de la sacralisation de la royauté, de la famille et du nouvel an.

Église luthérienne d'Antampontanana à Antsirabe, fondée en 1869, l'une des premières églises de l'île.

Depuis la conversion de la reine Ranavalona II en 1868, une portion non négligeable du peuple merina est devenue chrétienne, souvent intéressée au début (rebik'omby). Nombre des anciennes croyances et pratiques traditionnelles continuent parfois à se perpétuer. La province constitue alors le principal foyer du culte protestant, notamment à travers les églises luthérienne etréformée.

Joueurs de valiha des Philippines et de Madagascar.

Le hira gasy ou vakodrazana synthétise toutes les formes musicales capitalisées par les Merina durant des millénaires. Les instruments de musique traditionnels des Merina comprenaient le valiha, le sodina (flûte, cf malais suling), le lokanga (sorte de violon), la guimbarde et différents types de tambour. Ces instruments n'étaient toutefois pas utilisés par les Merina spécifiquement, mais aussi par d'autres ethnies de l'île. Les Merina appréciaient beaucoup les poèmes qu'ils arrangeaient sous forme de hain-teny, un genre littéraire que l'on retrouve également chez tous les autres peuples malayo-polynésiens. Avec l'arrivée des européens, les Merina ont adopté le piano et à cet effet, ils ont créé un style musical unique: le ba gasy. C'est un style de musique chanté et accompagné exclusivement de piano.

Habillement

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Du temps des Vazimba-Hova, l'habillement était — comme pour tous les proto-austronésiens — végétal à base de chanvre (rongony). À l'époque féodale merina, du fait des nouveaux apports néo-austronésiens indonésiques, le peuple adopta la soie sauvage (landy be).

Les costumes traditionnels : le sikina (sarong), le lamba et le salaka, se retrouvent un peu partout dans le monde nusantarien. A Madagascar, seuls quelques documents anciens rappellent ce que portaient les ancêtres des Merina. Les photos étant rares. Le salaka et du sikina (kitamby, sarimbona) étaient portés dans toutes les régions de l’île y compris en Imerina. En Indonésie par contre, ces vêtements sont encore portés lors des fêtes traditionnelles.

Raintovo, dans son livre « Antananarivo fahizay[16] » parle de ces Tananariviens qui se perçaient les oreilles (haban-tsofina) pour devenir les « Ambaniandro aux longues oreilles » (Merina Lava Sofina) et des jolis tatouages (Tombokavatsa ou tombokalana) que se faisaient les jeunes à l’époque. On retrouve ces deux coutumes dans toute l’archipel indonésien mais surtout à Kalimantan. De même, les jeunes Merina ont pour habitude de noircir leurs dents avec des produits végétaux (tambolo, laingo'na bongo). Les femmes Merina ornent leurs épaules et leurs poitrines de tatouages à base de mixture de charbon de bois et de sève de morelles. Généralement, les motifs de tatouages en Imerina sont des points de feston ainsi que des figures géométriques similaires à ceux des tribus Dayak à Kalimantan[17].

Notes et références

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  1. « lexpressmada.com/blog/notes-du… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  2. « Malagasy Encyclopedic Dictionary : vonizongo », sur malagasyword.org (consulté le ).
  3. « Fihaonana (Madagascar) - information geographique - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  4. « Code officiel géographique » Accès libre [PDF], sur cèpes.org
  5. contournement nord-est du centre d'Antananarivo
  6. « DECRET N° 99-776 Portant refonte du classement des Routes Nationales », sur arm.mg, Ministère des travaux publics (consulté le )
  7. « ECONOMIE – 44% du PIB de Madagascar généré à Antananarivo d’après la Banque mondiale », sur 2424.mg - L'actualité à Madagascar en temps réel, (consulté le )
  8. Nathalie Rabemalanto, Jean-Étienne Bidou, Isabelle Droy, « Évaluer la pauvreté dans un « bas-quartier » d’Antananarivo (Madagascar) : quels outils ? », Mondes en développement, no 174,‎ , p. 95-116
  9. UN-Habitat 2012, p. 7.
  10. Fournet-Guérin 2007, p. 12.
  11. UN-Habitat 2012, p. 8.
  12. Appiah et Gates 2010, p. 115.
  13. La-Croix, « La famille Ismail veille sur l'« or rose » de Madagascar », La Croix,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. « Afrique économie - Madagascar se lance sur le marché des centres d'appel », sur RFI, (consulté le )
  15. « Madagascar, terrain d’entraînement de l’IA », sur Pulitzer Center (consulté le )
  16. Rainitovo, Antananarivo fahizay na fomba na toetra amampanaon'ireo olona tety tamin'izany: nosoratan-dRainitovo, Impr. F.F.M.A., 1928, 116p.
  17. Decarry Raymond, Les tatouages chez les indigènes de Madagascar, 1935

Articles connexes

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Liens externes

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