Prieuré de Tusson

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Prieuré de Tusson
Tusson abbdames1.JPG
Ruines de l'église du couvent des Dames
Présentation
Type
Propriétaire
Personne privée et commune de Tusson
Statut patrimonial
Localisation
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Commune
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Le prieuré de Tusson est situé sur le territoire de la commune de Tusson[Note 1], dans le département de la Charente, en France. C'était un prieuré double faisant partie de l'ordre de Fontevraud[Note 2]. Il regroupait l'Abbaye des Dames et le Clos des Hommes.

Historique[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Cet ancien prieuré double de l'ordre de Fontevraud a été fondé au XIIe siècle par Robert d'Arbrissel, fondateur de l'ordre de Fontevraud. Foucaud Frévicard (ou Frénicard) et Aymeric son frère étaient propriétaires d'une chapelle en ce lieu qu'ils donnèrent à Robert d'Arbrissel avec le consentement de l'évêque de Poitiers[1]. La construction débuta en 1112 mais cela ne se fit pas sans difficulté ; Gauthier, abbé de l'abbaye de Nanteuil s'opposa à l'établissement de la nouvelle abbaye, prétendant que l'ancienne église était la propriété de son abbaye, et il fallut que l'évêque de Poitiers vînt lui-même à Nanteuil avec Frénicard, pour obtenir le désistement des moines, moyennant une compensation (1112). Six ans plus tard, les moines de Nanteuil contestèrent de nouveau la possession de Tusson à la congrégation de Fontevraud, et l'affaire dut être portée devant un concile tenu à Angoulême, sous la présidence de l'évêque Girard II[2].

L'église du couvent des dames voûtée de coupoles fut fortifiée pendant la guerre de Cent Ans.

Le monastère était entouré par un mur de clôture construit au XIVe siècle et remanié au XVIIIe siècle, en partie conservé[3]. Les Dames de Tusson étaient seigneurs de Tusson et percevaient rentes et dîme dans toute l’étendue de la seigneurie[4].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Marguerite de Navarre à Tusson[modifier | modifier le code]

En 1547, à la mort de son frère, le roi François Ier, Marguerite de Navarre se retira du monde pendant quatre mois au prieuré de Tusson[Note 3]. Tout en se consacrant à la prière, Marguerite de Navarre continua à se livrer à ses études littéraires. En effet, deux volumes manuscrits de ses compositions inédites découverts en 1895 à la Bibliothèque nationale de France, où ils étaient oubliés depuis des siècles, renferment deux grands poèmes : le Navire et les Prisons, ainsi que diverses pièces de poésie, qui auraient été composés par elle pendant son séjour à Tusson.

Le différend entre l'abbesse de Fontevraud et les moniales de Tusson[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Tusson ne cessa de prospérer et elle devint la plus importante de l'ordre après la maison-mère de Fontevraud. Au début du XVIIe siècle, alors que la plupart des établissements monastiques commençaient à péricliter, le monastère de Tusson comptait encore 26 religieuses.

C'est à cette époque qu'un grave différend éclata entre Fontevraud et Tusson. L'abbesse de Fontevraud était alors, de 1611 à 1637, Louise de Bourbon, dame de Lavedan. Afin de marquer son autorité, elle voulut imposer aux religieuses de Tusson une prieure de son choix, contrairement aux statuts de l'ordre, qui reconnaissaient à chaque maison le droit d'élire sa prieure. Ne pouvant arriver à fléchir l'abbesse, les religieuses confièrent leur cause à Nicolas Pasquier, lieutenant-général du bailliage de Cognac, maître des requêtes de l'Hôtel du roi, seigneur de Mainxe, qui avait une terre dans les environs de Tusson, et qui s'entremit d'abord, en bon voisin, pour rétablir la paix. Madame de Lavedan étant restée intraitable, l'affaire fut portée devant le Parlement qui reconnut le droit des religieuses et confirma la liberté du suffrage[2].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Devenu bien national à la Révolution française, en 1790, le prieuré fut vendu à des particuliers ; l'église et les bâtiments conventuels furent démolis par la suite. Seul subsista le logis prieural.

Laissé à l'abandon depuis le XIXe siècle, le couvent des hommes fut l'objet d'une campagne de réhabilitation de 2000 à 2012 par la commune de Tusson et le club Marpen, avec la restauration du logis prieural et d'une grange[5].

Le couvent des dames[modifier | modifier le code]

L'église était voûtée de coupoles. Elle eut à souffrir de la guerre de Cent Ans et a alors été fortifiée par la construction d'une grosse tour carrée avec meurtrières en forme de croix. À cette tour reste accolé un pilier de l'ancienne église. On y voit toujours des chapiteaux sculptés[6].

Il ne reste de cet ensemble monastique que des vestiges de la grosse tour et un pilier d'angle de l'ancienne église qui a gardé l'un des pendentifs d'une coupole. Ces vestiges appartiennent à la période la plus brillante du style ogivo-roman du XIIIe siècle et sont d'une grande richesse architecturale[2].

Les vestiges de l'église et de l'abbaye sont inscrits monuments historiques depuis le 16 octobre 1952 [6].

Les ruines de l'Abbaye des Dames sont une propriété privée, fermée à la visite.

L'Abbaye des Dames

Le couvent des hommes[modifier | modifier le code]

Il ne subsiste du couvent des hommes que le logis prieural, une grange et les vestiges de la chapelle prieurale Saint-Jean-l’Habit qui sont protégés au titre des monuments historiques : inscription par arrêté du 22 décembre 2016[6].

Subsiste également un important réseau hydraulique souterrain approvisionnant les prieurés en eau courante.

Le couvent des hommes est une propriété communale, on y accède par la maison du patrimoine et le jardin monastique.

Le couvent des hommes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tusson faisait partie, jusque 1790, du diocèse de Poitiers
  2. Le prieuré de Tusson était rattaché à la « province de Gascogne » de l'ordre de Fontevraud.
  3. Il est probable que - n'étant pas religieuse - elle habitait dans le logis qui abrite aujourd'hui la Maison du patrimoine de Tusson

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Hermant, Histoire des religions ou ordres militaires de l'église et des ordres de chevalerie, , 466 p. (lire en ligne), p. 35
  2. a b et c Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf, 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 393
  3. « Abbaye des Dames », notice no IA00040858, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. https://www.coeurdecharente.fr/wp-content/uploads/Tusson-Circuit-de-lAbbaye.pdf
  5. Patrick Servant, Club Marpen 20 000 lieux sous les pierres, Tusson, Club Marpen, 2018 (ISBN 9- 782 913 - 045 - 187)
  6. a b et c « Abbaye des Dames », notice no PA00104527, base Mérimée, ministère français de la Culture.