Pomme d'or de la discorde

La Pomme d'or de la Discorde est, dans la mythologie grecque, un présent fait par Eris, la déesse de la discorde, à « la plus belle » des déesses de l'Olympe. Eris ne précisant pas le nom de la déesse en question, une rivalité s'ensuit entre les déesses qui mènera à la guerre de Troie.
En référence à cet épisode, le terme « pomme de discorde » ou « pomme de la discorde » est utilisé familièrement pour désigner le cœur, ou le nœud d'une querelle, ou d'un petit désaccord qui pourrait conduire à un conflit plus grand[1].
Mythe
[modifier | modifier le code]La Pomme de la Discorde est, dans la mythologie grecque, jetée par la déesse Éris offensée de ne pas avoir été invitée au mariage de Pélée et Thétis. Elle lance la pomme avec inscrit dessus « Pour la plus belle ». Dans certaines sources plus tardives, Éris a inscrit sur la pomme « À la plus belle »[2] avant de la jeter. La version la plus populaire de l'inscription est, en grec ancien, τῇ καλλίστῃ / têi kallístēi (grec moderne : τη καλλίστη / ti kallísti), « Pour/À la plus belle »[3]. Καλλίστῃ est le datif singulier du superlatif féminin de καλός, « belle ». Dans les sources latines, le mot utilisé est formosissima[4].
La pomme d’or est un fruit légendaire issu de la mythologie grecque, étroitement lié à Éris, la déesse de la Discorde. Un jour, alors que tous les dieux sont conviés aux noces de Thétis et Pélée, Éris est la seule oubliée. Furieuse, elle décide de se venger : elle jette au milieu du banquet une pomme d’or portant l’inscription « Pour la plus belle ». Héra, Athéna et Aphrodite se disputent aussitôt le fruit, chacune convaincue d’en être la digne destinataire. Incapable de choisir entre les trois déesses, Zeus confie la décision au jeune prince troyen Pâris, épisode connu sous le nom de « jugement de Pâris ». Celui-ci se retrouve face à trois promesses : Héra lui offre le pouvoir, Athéna la sagesse et la victoire militaire, tandis qu’Aphrodite lui promet l’amour de la plus belle femme du monde. Séduit par cette dernière promesse, Pâris remet la pomme d’or à Aphrodite. Mais la plus belle des mortelles, Hélène, est déjà mariée au roi grec Ménélas. Son enlèvement par Pâris, facilité par Aphrodite, provoque la colère des Grecs, qui déclenchent alors une expédition contre Troie. Ainsi, la simple pomme d’or devient l’étincelle à l’origine de la célèbre guerre de Troie.
Furieux, les Grecs forment une coalition et partent pour Troie dans le but de récupérer Hélène et détruire la ville. C’est le début de la guerre de Troie racontée dans l'Iliade d'Homère où de nombreux héros s’affrontent (parmi lesquels Achille, Ajax, Ulysse ou Hector).
Utilisation dérivée
[modifier | modifier le code]De ce fait, dans la mythologie romaine, la déesse correspondant à la déesse grecque Éris est nommée « Discordia ». En allemand et en néerlandais, l'expression est utilisée de manière beaucoup plus familière, bien qu'en allemand, la version la plus courante n'est pas der Apfel Zwietracht (lit. « Pomme de la Discorde »), mais Zankapfel (« Pomme-Querelle ») et, plus rarement, Erisapfel. En néerlandais, le terme commun est twistappel (« Pomme-Conflit »).

Dans le quartier d'Eixample (Barcelone), un immeuble est surnommé en espagnol La manzana de la discordia (catalan : L'illa de la discòrdia), image ci-contre. La raison de cet usage, découle du double sens de manzana signifiant à la fois « pomme » et « pâté de maisons » en espagnol. Il a ainsi été nommée (« immeuble de la discorde »), car il dispose de quatre interprétations différentes du Modernisme en architecture : la Casa Batlló d'Antoni Gaudí, la Casa Lleó Morera de Lluís Domènech i Montaner, la Casa Amatller de Josep Puig i Cadafalch et la Casa Mulleras d'Enric Sagnier.
Des combats traditionnels et violents entre habitants de paroisses voisines, analogues à ceux de la soule, consistaient à se disputer une « pomme de discorde », comme en 1843 entre deux paroisses bretonnes[5].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Timothy L. Gall et Susan B. Gall, The Lincoln library of Greek & Roman mythology : Athena to Diane, Lincoln Library Press, , 16– (ISBN 978-0-912168-21-0, lire en ligne).
- ↑ (en) Lucian, Dialogues of the Gods (lire en ligne), « The Judgement of Paris ».
- ↑ (en) Randall L. Schweller, Maxwell's Demon and the Golden Apple : Global Discord in the New Millennium, JHU Press, , 10– (ISBN 978-1-4214-1278-8, lire en ligne).
- ↑ (la) Hyginus, Fabulae (lire en ligne), « 92 ».
- ↑ « On lit dans le Journal de Lannion », La Quotidienne, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).