Poésie concrète

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Idee des Döhl

(Joseph Felix Ernst 2011)
Joseph Felix Ernst Idee des Döhl.jpg

La poésie concrète est une forme de poésie expérimentale qui ne fait appel ni à la syntaxe ni au rythme mais considère le poème comme un objet sensible indépendamment du sens.

Historique[modifier | modifier le code]

Le concept de « poésie concrète », ou « concrétisme », apparaît dans les années 1950 avec Eugen Gomringer et Augusto de Campos. En Suède, Öyvind Fahlström publie un recueil de poèmes concrets et un manifeste pour la poésie concrète en 1953[1]. Une exposition collective d'art concret, organisée autour des poètes Augusto et Haroldo de Campos a lieu au Musée d'art moderne de São Paulo en 1956[2] puis en 1957 au Ministère de la culture à Rio de Janeiro. Leur travaux ont été nommé de « poésie concrète » à la suite de cette exposition . Les poètes présents étaient entre autre Augusto de Campos, Haroldo de Campos et Décio Pignatari, accompagnés pour l’exposition de Ferreira Gullar, Ronaldo Azevedo et Wlademir Dias Pino de Rio de Janeiro[3]. En 1958 un manifeste de poésie concrète fut publié et une anthologie en 1962. Ces poètes brésiliens publient également un manifeste dans la revue Noigandres en 1958. Sylvester Hédouard, un théologiste et poète d'art concret, déclara que c’était une publication dans The times Literary Supplément en 1962 d’une lettre du brésilien E.M. de Melo e Castro ( critique, essayiste et artiste plastique ) qui réveilla les consciences des écrivains anglais comme lui, Ian Hamilton Finlay et Edwin Morgan aux possibilités qu’offraient la Poésie concrète . Ceci explique donc l'émergence simultanée de la poésie concrète à l'international, et cette difficulté de ciblé un seul chef de file.

C'est donc au même moment que d'autres écrivains européens produisent des travaux similaires, principalement Eugen Gomringer (qui sera considéré en Europe comme le père de la poésie concrète), qui considérait que le poème devait être « une réalité en soi » plus qu’une déclaration sur la réalité, et «et aussi compréhensible que les signes dans les aéroports ou les rues ». La difficulté pour définir un tel style est admis par une déclaration d’ Hédouard « Un poème concret est de manière ambiguë à la fois de la poésie- typographique et à la fois de la typographie-poétique ».

Les artisans de la poésie concrète sont influencés en particulier par le dadaïsme et le futurisme. Mallarmé avec "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard", Apollinaire avec les calligrammes, Pound, E. E. Cummings et Joyce peuvent être considérés comme des précurseurs en ce domaine. Le terme « poésie concrète » est maintenant utilisé pour désigner une grande variété d'innovations et d'expériences poétiques. Il y a actuellement tant de formes de poésie expérimentale, qu’il est difficile d’en donner une définition plus précise[4]. Elle dépasse les frontières des champs artistiques et s'immisce aussi bien dans la sculpture que dans la musique.

Moyens et objectifs[modifier | modifier le code]

Extrait du travail de Eugen Gomringer 1970-1972

S'inspirant des arts plastiques non figuratifs, ces auteurs ont cherché à mettre en avant la structure du poème, en l'associant à la disposition spatiale des mots, pour exprimer du sens. Il s'agit de repenser non seulement le poème, mais son support, qui est la page blanche considérée comme espace à part entière. Selon la forme du texte et la disposition des mots, le rythme de lecture diffère du rythme de lecture linéaire habituel. L'idée est exprimée à travers le graphe formé par les mots, à la manière des idéogrammes. Cette poésie expérimentale s'oriente aujourd'hui vers des poèmes codés, où les signes interagissent pour exprimer l'idée.

La poésie concrète se révèle comme alternative à l'ancienne poésie linéaire. Pour Eugen Gomringer elle s'impose comme un constat face une poésie qui n'est plus adaptée au monde moderne. La nouvelle poésie se doit d'être un objet à voir, immédiat, jouant avec la matérialité visuelle et sonore du langage pour se libérer de sa fonction référentielle. A partir des années 60,on y inclura le collage de textes et d'images[5] ( cf : Jiri kolar, Picasso, Kurt Schwitters ...).

Le point essentiel de la poésie concrète est le rapport au langage, ce qui rend de mouvement en lien direct avec l'art conceptuel. La plupart des artiste engagés dans ce mouvement font partie du mouvement fluxus et pratique l'art conceptuel dans les années 60. Les dadaistes ont énormément utilisé le langage pour remodeler l'art traditionnel, et ainsi affecter la signification des mots dans l'urgence de changer la vie. Ramener le langage à son essence.

Poètes concrets[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Moëglin-Delcroix, Esthétique du livre d'artiste, Paris,‎ .
  • (en) David Seaman, Concrete Poetry in France, Ann Arbor, UMI Research Press,‎ (ISBN 0835712532).
  • Concrete Poetry, Fluxus and Conceptual Art: A book Friction, Marc Goethals, Witte Zaal, Jan Van Eyck Academie avec le soutien de Saint-Lucas Arts visuels Ghent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Öyvind Fahlström: Hätila ragulpr på fåtskliaben: Manifest för konkret poesi. In: Odyssé, Nr. 3-4, 1954.
  2. Exposição Nacional de Arte Concreta, Museu de Arte Moderna, São Paulo, 4.-18. décembre 1956, Kultur- und Erziehungsministerium, Rio de Janeiro, Februar 1958.
  3. Ignacio Villarreal, « MAM Brings Back the First Exhibition of Concrete Art », sur artdaily.com (consulté le 18 mai 2016)
  4. Mary Ellen Solt Introduction sur ubu.com
  5. « Penser l’image, voir le texte », sur www.laviedesidees.fr (consulté le 18 mai 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]