Pierre noire d'Émèse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Monnaie d'Uranius Antoninus frappée en la cité d'Émèse.

La pierre noire d'Émèse était un bétyle du soleil ou « Élagabal », « dont le culte à Emèse doit être bien antérieur », selon Carlos Chad, aux premières représentations de celle-ci sur la monnaie frappée à Émèse sous le règne d'Antonin le Pieux (r. 138-161)[1],[2], lorsqu'Émèse était annexée à la province romaine de Syrie[a]. Hérodien a décrit la pierre noire d'Émèse[4].

Carlos Chad a fait remarquer que « sur le monnayage de Marc-Aurèle, c'est le bétyle qui est représenté » et non pas un temple[1] – le « temple lui-même n'apparaît que dans les monnaies éméséniennes de Julia Domna et de Caracalla[2] » ; partant de cet indice, il a émis l'hypothèse d'une construction tardive, « c'est-à-dire sous les Sévères », du temple décrit par Hérodien comme ayant contenu la pierre à Émèse au temps de l'exercice par Héliogabale et par le cousin de celui-ci de la prêtrise du culte du soleil[5].

Aureus d'Héliogabale frappé à Antioche (entre 218 et 219), au revers duquel figure la pierre noire d'Émèse sur un char en procession vers Rome.

Sous le règne d'Héliogabale, proclamé empereur « Marcus [Aurelius] Antoninus » à Émèse à l'âge de 14 ans en 218, la « pierre sacrée d'Émèse » fut transportée à Rome[6].

Après l'assassinat d'Héliogabale et de la mère de celui-ci par la garde prétorienne, Alexandre Sévère fut proclamé empereur et « renvoya le bétyle d'Héliogabale à Emèse »[7][b].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une série émésénienne de monnaies, « débutant sous Caracalla et se continuant jusque sous Macrin », associerait l'aigle impérial au « fameux bétyle Elagabal » ou à Hélios radié[3].
  2. Damascios verrait encore à Émèse « un bétyle sphérique qu'un prêtre enveloppait de linges[8] ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Carlos Chad, p. 123.
  2. a et b Carlos Chad, p. 75.
  3. S. Ronzevalle, p. 166.
  4. Hérodien, 5.4.
  5. Carlos Chad, p. 123 ; Hérodien, 5.4.
  6. Préhistoire.
  7. Emmanuel Choisnel, p. 194.
  8. Comte du Mesnil du Buisson, p. 100.

Bibliographie[modifier | modifier le code]