Pierre Carl Édouard Potain

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Pierre Carl Édouard Potain
Portrait de Pierre Carl Édouard Potain

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Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Faculté de médecine de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Cardiologue (d), médecin interniste (d) et professeur d'université (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Hôpital Necker-Enfants malades, hôpital Saint-Antoine et université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur‎ (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie des sciences (à partir de ) et Académie nationale de médecine (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Carl Pierre Édouard Potain[1], né le à Paris 8e, et mort le à Paris 7e, est un cardiologue français, connu pour ses travaux sur la mesure de la pression artérielle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Pierre Jean était vérificateur de l'administration des postes[2], et son arrière-grand-père, l'architecte Nicolas Marie Potain.

Il est externe en 1846 et interne, lauréat de la faculté en 1849-1852.

En 1853, Carl Pierre Édouard Potain a obtenu son doctorat de l'Université de Paris. Il a travaillé ensuite comme assistant de Jules Baillarger (1809-1890) à l'asile d'aliénés d'Ivry. En 1858, il est chef de clinique à la Charité dans le service de Jean-Baptiste Bouillaud (1796-1881) qui eut une influence majeure dans sa carrière.

En 1861, il est nommé Médecin des Hôpitaux de Paris, notamment à l'hôpital Saint-Antoine et l'hôpital Necker. En 1875, il est professeur titulaire de pathologie médicale, puis de clinique médicale. De 1882 à 1900 il est à l'Hôpital de la Charité.

Durant la guerre de 1870, il est fusilier dans la garde nationale. Il est commandeur de la Légion d'honneur en 1895.

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses travaux portent essentiellement sur les maladies cardio-vasculaires et différentes mesures et examens dans le domaine de la cardiologie. En 1889, il améliore et simplifie, avec l'aide de Marey, le tensiomètre, dispositif servant à mesurer la pression artérielle, inventé en 1876 par Samuel Siegfried Carl von Basch (en) (1837-1905). L'appareil de von Basch utilisait la force compressive d'un réservoir de caoutchouc rempli d'eau, relié à un manomètre à mercure. Potain remplace l'eau par de l'air[3].

Avec Jean-Baptiste Bouillaud, il étudie aussi les manifestations veineuses (veine jugulaire) de l'arrêt cardiaque, les bruits du cœur dans l'insuffisance cardiaque (bruit de galop), les souffles extra-cardiaques. Il développe les analyses auscultatoires et les enregistrements graphiques.

Éponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Potain est associé à plusieurs termes médicaux éponymes[4]. Ils ne sont quasiment plus utilisés depuis le milieu du XXe siècle. Ce sont des notions médicales historiques.

  • Le signe de Potain désigne : 1) à la percussion, une extension de la zone de matité (bruits mats) de la crosse aortique, du manubrium jusqu'au cartilage costal de la troisième côte droite, indiquant une dilatation de l'aorte. 2) un mouvement de reptation, visible ou palpable, au niveau de l'aire précordiale lors de péricardite, ou de dilatation cardiaque importante.
  • Aspirateur de Potain : appareil à aspiration comportant une canule reliée à un flacon dans lequel on réalise une dépression à l'aide d'une pompe, utilisée pour évacuer l'épanchement de certaines pleurésies ;
  • Maladie de Potain : 1) œdème pulmonaire (congestion pulmonaire de Potain). 2) pneumonie aigüe avec pleurésie liquidienne (pleuro-pneumonie de Potain). 3) une forme de polymyosite (dermatomyosite de Potain).
  • Matité en brioche de Potain : détection d'un épanchement du péricarde par la percussion du tiers supérieur du bord gauche du cœur.
  • Solution de Potain : le diluant utilisé dans une procédure de comptage des globules rouges, comportant aussi la pipette-mélangeur de Potain.
  • Syndrome de Potain : ensemble de troubles dus à la dilatation de l'estomac (dyspepsie, dilatation du ventricule droit du cœur, et augmentation des bruits respiratoires à l'auscultation).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Des lésions des ganglions lymphatiques viscéraux. Paris, Remquet, 1860.
  • De la Succession des mouvements du cœur, réfutation des opinions de M. Beau, leçon faite à l'Hôtel-Dieu. Paris: impr. de H. Plon, 1863.
  • Note sur les dédoublements normaux des bruits du cœur, présentée à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du 22 juin 1866, par le Dr Potain, . Paris: impr. de F. Malteste, 1866.
  • Des mouvements et des bruits qui se passent dans les veines jugulaires. Bull. Soc. Méd. Hôp. Paris (Mémoires), 1867, 2 sér., 4, 3-27.
  • Du Rythme cardiaque appelé bruit de galop, de son mécanisme et de sa valeur séméiologique, note présentée à la Société médicale des hôpitaux de Paris Paris: A. Delahaye, 1876. dans : Bull. Soc. Méd. Hôp. Paris (Mémoires), (1875), 1876, 12, 137-66.
  • Des Fluxions pleuro-pulmonaires réflexes d'origine utéro-ovarienne. Paris: impr. de Chaix, 1884.
  • Du sphygmomanomètre et de la mesure de la pression artérielle chez l'homme à l'état normale et pathologique. Arch. Physiol. Nom. Path., 5 sér., 1, 556-69.
  • Dernière leçon de M. le professeur Potain. Paris: impr. de J. Gainche, 1900.
  • La Pression artérielle de l'homme à l'état normal et pathologique Paris: Masson, 1902

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve aussi Pierre Charles Édouard Potain, mais son acte de naissance porte bien l'orthographe "Carle"
  2. F. Huguet, Les professeurs de la faculté de médecine de Paris, dictionnaire biographique 1794-1939., INRP -CNRS, (ISBN 2-222-04527-4), p. 376-377
  3. (en) S.J. Reiser, Medicine and the reign of technology, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-21907-8), p. 105
  4. A. Manuila, Dictionnaire français de médecine et de biologie, Masson, 1972.
    en 4 volumes.

Liens externes[modifier | modifier le code]