Piazza Armerina
| Piazza Armerina | |
Vue générale de Piazza Armerina. | |
Armoiries |
Drapeau |
| Noms | |
|---|---|
| Nom sicilien | Chiazza |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Maire | Antonino Cammarata |
| Code postal | 94015 |
| Code ISTAT | 086014 |
| Code cadastral | G580 |
| Préfixe tél. | 0935 |
| Démographie | |
| Gentilé | Piazzesi |
| Population | 20 558 hab.[1] (2026) |
| Densité | 68 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 37° 23′ nord, 14° 22′ est |
| Altitude | 697 m Min. 225 m Max. 877 m |
| Superficie | 30 450 ha = 304,5 km2 [2] |
| Divers | |
| Saint patron | Maria Santissima delle Vittorie |
| Fête patronale | 15 août |
| Localisation | |
Localisation dans la province d'Enna. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
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Piazza Armerina (en sicilien : Chiazza) est une commune de 20 551 habitants[3] située dans le libre consortium municipal d'Enna, en Sicile, au sein du Mezzogiorno italien.
La villa romaine du Casale, mondialement renommée pour ses célèbres mosaïques, se trouve non loin de la ville.
Géographie
[modifier | modifier le code]La commune de Piazza Armerina, au sein du géoparc Rocca di Cerere, est située à 32 km au sud d'Enna.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le site de la ville est peuplé dès la préhistoire et semble atteindre un apogée à l'époque romaine, ainsi qu'en attestent les grandes mosaïques de la demeure patricienne du Casale. Des vestiges d'artefacts et une nécropole datant du viiie siècle av. J.-C. ont été révélés sur le territoire communal.
Après la reconquête de la Sicile sur les Arabes (1060-1091), des colons venus du nord de l'Italie sont installés dans le centre de l'île pour repeupler les zones restées désertes depuis l'expulsion des musulmans. Des « Lombards », en réalité des Piémontais et des Ligures, sont installés à Piazza (telle qu'elle s'appelle jusqu'en 1862) où vit toujours une communauté musulmane, tolérée par les nouveaux maîtres de la Sicile, les Normands. En 1161, lors d'une révolte dirigée par des barons rebelles (dont Roger Sclavo) contre le roi Guillaume Ier de Sicile, la population musulmane est massacrée ; le roi, pour punir les rebelles, rassemble ses troupes et attaque Piazza qui est entièrement détruite[4]. À partir de 1163, son successeur Guillaume II entreprend de faire reconstruire la ville.
La muraille qui ceint la ville, en pleine expansion, se révèle peu à peu insuffisante pour contenir tous les nouveaux faubourgs résidentiels alors que l'immigration lombarde se poursuit jusqu'au xive siècle. Piazza finit par s'étendre jusque sur les flancs des collines voisines.
1296 : le roi Frédéric II de Sicile y réunit le Parlement et s'engage à faire la guerre contre son beau-père Charles d'Anjou.
1300 : des paysans révoltés sont déportés à Enna.
1604 : construction du Duomo, église baroque.
1817 : la ville tient un évêché.
Monuments et lieux d'intérêt
[modifier | modifier le code]Outre la monumentale villa romaine du Casale et ses exceptionnelles mosaïques, Piazza Armerina détient un patrimoine architectural varié qui s'est constitué depuis le Moyen Âge. En effet, l'histoire médiévale de la ville en particulier se manifeste dans les maisons de son centre ancien, qui présentent pour beaucoup un style normand ou gothique.
Élément le plus connu de Piazza Armerina, à environ 3 km au sud-ouest du centre-ville, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997. Le parc archéologique de 3 500 m2 est renommé pour ses mosaïques, très bien préservées, présentes sur l'ensemble de la villa. Celles-ci représentent de nombreux sujets, scènes de chasse, scène de jeux, etc. Élément particulier, de jeunes femmes en tenues ressemblant à des bikinis sont représentées pratiquant du sport.
La villa semble avoir été la résidence d'un haut représentant de l'aristocratie. Elle aurait été construite pour lui au IIIe siècle mais a connu plusieurs modifications dans les siècles qui ont suivi[5].
- Mosaïques de la villa romaine du Casale
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Mosaïque des « bikinis ».
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Scènes de chasse.
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Détails du sol dans l'une des chambres à coucher.

Commencée en 1604 et achevée en 1719 sur les fondations d'une ancienne église du xve siècle, elle possède un clocher de 44 mètres de hauteur, l'un des rares réemplois ayant subsisté de l'édifice précédent, et est coiffée d'un dôme (adjoint à l'ensemble en 1768) de 14 mètres de diamètre qui culmine à 76 mètres du sol. À l'instar du clocher, les fenêtres de style gothique catalan sont des vestiges de l'église préexistante. La façade présente un portail remarquable à colonnes torsadées, œuvre de Leonardo De Luca. De style baroque, l'intérieur, surchargé de décorations, se compose d'une seule et vaste nef qui renferme la Madonna della Vittoria (Notre-Dame de la Victoire). Cette icône byzantine est traditionnellement associée au phylactère offert par le pape à Roger Ier de Sicile lors du concile de Melfi. La cathédrale possède un crucifix à deux faces inhabituel, œuvre d'un artiste anonyme. Le musée diocésain attenant conserve reliquaires, pièces d'orfèvrerie, ostensoirs et autres œuvres d'art religieux. Sa position au sommet de la colline qui reçoit la ville lui permet de dominer le paysage urbain.
C'est le siège épiscopal du diocèse de Piazza Armerina.
Autres monuments
[modifier | modifier le code]- Palazzo Trigona (xviiie siècle), palais commandé par la riche famille éponyme au plus près de la cathédrale, accueille une pinacothèque.
- Église San Rocco (ou de Fundrò), et son portail en tuf sculpté.
- Palazzo di Città (ou Palazzo Senatorio, 1773), et son plafond peint de fresques par Salvatore Martorana, sur la Piazza Garibaldi.
- Église Sant'Ignazio, de style baroque.
- Château aragonais (1392-1396), de forme quadrilatère et doté de tours carrées, au cœur de la ville.
- Église San Giovanni Evangelista (xive siècle), aux fresques intérieures peintes par Guglielmo Borremans et ses associés.
- Église Sant'Anna (xviiie siècle), dont la sinueuse façade baroque est inspirée des œuvres de Borromini.
- Église San Martino di Tours, achevée en 1163.
- Église Santa Maria di Gesù (xve siècle), à l'état d'abandon.
- Commanderie des Chevaliers de Malte, ancienne église bâtie par lesdits chevaliers à partir de 1150 au-dessus de l'église Santa Maria del Soccorso, classée monument national, sur la Piazza Umberto-I.
- Église Santa Maria del Soccorso, qui se distingue par la simplicité de son plan et ses proportions harmonieuses qui, alliées à la couleur ocre de ses matériaux, lui confèrent une atmosphère solennelle. Le portail, initialement surélevé, et les meurtrières pratiquées dans la maçonnerie témoignent de son ancien usage comme église fortifiée.
- Église du Gran Priorato di Sant'Andrea (prieuré de Saint-André, consacré en 1096), à l'extérieur du centre-ville, fondée par le comte Simon de Butera, neveu de Roger Ier de Sicile. Elle abrite d'importantes fresques médiévales dont l'une figure le pape Pie II à la messe[6].
- Théâtre Garibaldi.
- Monastère franciscain.
- Palazzo Demani (xviie siècle).
Culture
[modifier | modifier le code]Festivités et événements
[modifier | modifier le code]Palio des Normands
[modifier | modifier le code]Le Palio des Normands (Palio dei Normanni) est une fête médiévale qui a lieu tous les ans pendants trois jours, les 12, 13 et . Il s'agit de l'événement le plus important pour le calendrier de la ville de Piazza Armerina et attire de nombreux touristes chaque année. Les participants, en costume d'époque, rejouent l'histoire de la ville lors de la guerre sainte menée par le comte Roger Ier à l'encontre des musulmans. Ils fêtent de cette façon la libération de la ville.
Des défilés et des courses de chevaux sont organisés pour l'occasion. Le troisième jour ont lieu des tournois opposant quatre équipes de cavaliers des quatre différents quartiers de la ville[7].
Langues
[modifier | modifier le code]Piazza Armerina est l'une des communes dites « lombardes » de Sicile, car son dialecte diffère sensiblement de celui de la région avoisinante. Cela s'explique par la destruction de l'ancienne cité par le roi Guillaume Ier de Sicile, et son repeuplement ultérieur par Guillaume II (ou, selon d'autres historiens, sous le règne légèrement postérieur de Frédéric II) avec des colons venus du nord de l'Italie collectivement désignés par l'appellation de « Lombards », bien que la plupart étaient en réalité originaires du Montferrat et de Plaisance.
Administration
[modifier | modifier le code]Floristella, Grottacalda, Polleri, Santa Croce, Ileano, Azzolina, Farrugio, Serrafina
Communes limitrophes
[modifier | modifier le code]Aidone, Assoro, Barrafranca, Caltagirone (CT), Enna, Mazzarino (CL), Mineo (CT), Mirabella Imbaccari (CT), Pietraperzia, Raddusa (CT), San Cono (CT), San Michele di Ganzaria (CT), Valguarnera Caropepe
Évolution démographique
[modifier | modifier le code]Habitants recensés

Communications et transports
[modifier | modifier le code]En raison de l'arrêt des lignes de chemin de fer qui l'ont desservie jusqu'en 1971, la ville de Piazza Armerina n'est désormais plus accessible que par la route.
Personnalités liées à la commune
[modifier | modifier le code]- Prospero Intorcetta (1625-1696), prêtre jésuite et missionnaire en Chine, traducteur des œuvres de Confucius.
- Boris Giuliano (1930-1979), enquêteur de la Polizia di Stato et chef de la Squadra mobile de Palerme.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Bilancio demografico mensile », sur demo.istat.it (consulté le )
- ↑ Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile (L. II, Chap. IX, p. 284), Paris, 1907.
- ↑ (it) « Home » (consulté le )
- ↑ « Comune di Piazza Armerina - Visita della Città - Chiese » [archive du ], sur www.comune.piazzaarmerina.en.it (consulté le )
- ↑ « Palio des Normands à Piazza Armerina | Agenda Sicile », sur Routard.com (consulté le )
- ↑ (it) « Anagrafe degli amministratori locali e regionali », sur Dipartimento per gli affari interni e territoriali, (consulté le )
Liens externes
[modifier | modifier le code]Site d'information du réseau multilingue Piazza Armerina depuis 2001