Paul Harter

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Paul Harter
Fonctions
Député 1936-1940
Gouvernement Troisième République
Groupe politique IAP
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 73 ans)
Résidence Moselle

Paul Harter est un homme politique français né à Uckange le et mort à Forbach (Moselle) le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Employé des Mines de la Sarre comme ingénieur avant et après 1945, il préside la section de Forbach des Poilus d'Orient.

Membre de l'Union républicaine lorraine, parti politique mosellan d'orientation sociale-chrétienne, il est élu maire de Forbach en novembre 1934 à la faveur d'une élection partielle, suite au décès du maire précédent[1], et réélu en 1935[2]. Il fonde alors avec les dirigeants locaux de l'URL et le rédacteur en chef du quotidien bilingue L'Echo de l'Est/Bürger Zeitung, Edouard Heiter[3], un parti indépendant, le parti chrétien-national du progrès (Christlich-nationalen Fortschrittspartei). Son champ d'action se limite au canton de Forbach mais in ne s'agit pas d'un simple comité électoral car il tente de mettre en place des formes partisanes modernes : réunions de propagande, réunions mensuelles avec les militants, création d'un groupe de jeunes. Il revendique en 1935 230 adhérents[4].

L'année suivante, il est élu, dès le premier tour, député de la Moselle, dans la circonscription de Forbach, en tant que candidat des partis chrétiens (Parti chrétien-national et Parti chrétien-social, autonomiste, de Victor Antoni et Antoine Straub), et avec l'appui des Croix-de-feu et des groupuscules royalistes et francistes, contre le sortant communiste dissident Victor Doeblé, un socialiste et un communiste[5]. Avec le soutien aussi du Bürger Zeitung, qui fait campagne contre le Front populaire[6].

Il s'inscrit au groupe des Indépendants d'action populaire, qui regroupe de nombreux élus d'orientation chrétienne et sociale issus des régions de l'est de la France. En Moselle, il devient membre du comité du Front lorrain, opposé au Front populaire. Il est cependant un opposant modéré - il vote par exemple pour la loi instituant les 40 heures et pour l'ordre du jour consistant à examiner le dossier militaire de Roger Salengro - et il ne participe à aucune réunion publique du Front lorrain, et à aucune réunion d'un parti national.

Le 10 juillet 1940, Paul Harter vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain; vote qu'il justifie par sa crainte de voir l'Alsace-Moselle arrachée de force à la France par les Allemands[7]. Il rejoint sa mairie de Forbach mais il est expulsé de Moselle et spolié de ses biens en novembre 1940[8]. Il se réfugie alors à Angoulême, jusqu'en 1945.

Il est relevé de son inéligibilité en 1945 par le jury d'honneur[9]. Il ne retrouve néanmoins pas de mandat politique après la Libération : il est battu aux municipales en 1945, comme candidat du MRP.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Kieffer, « Paul Harter », dans Jean El Gammal (dir.), Les parlementaires lorrains de la IIIe république, Metz, Ed. Serpenoise, 2006, p. 288-289.
  • Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002.
  • Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République : destinées des députés et des sénateurs français, 1940-1945, Paris, Seuil, coll. « L'univers historique », (1re éd. 2001), 472 p. (ISBN 978-2-02-128374-7, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • « Paul Harter », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Petit Journal, 5 novembre 1934.
  2. Sa liste comprend deux royalistes, dont un militant royaliste notoire ( Emile Frieden et Charles Weyland, industriel ) et un membre de la Solidarité française ( Joseph Wack, mineur ). Les 27 candidats de la liste sont élus. C'est qu'il a voulu l'union des nationaux pour battre la gauche. En revanche, Frieden s'est présenté aux législatives de 1936 et a refusé de se désister : Jean-François Colas, op. cit., p. 144-145
  3. Né à Forbach en 1872, il a été journaliste à la Forbacher Bürgerzeitung ( 1909-1914 ), puis il a été rédacteur en chef de La Libre lorraine/Lothringer Zeitung, l'organe de l'abbé Louis Hackspill (homme politique), jusqu'à son éviction en octobre 1923. L'Echo de l'Est est né d'une fusion de journaux en 1928. Candidat aux législatives en 1932, vice-président de la section de Forbach du Souvenir français, il a présidé en 1934 à Forbach une réunion de la Solidarité française. Il est inscrit au Carnet B en 1937. Sur son quotidien essentiellement germanophone, cf. Les journaux de Forbach de 1871 à 1939, dans Chroniques de Forbach et sa région, p. 11-13, François Roth, Le temps des journaux: presse et cultures nationales en Lorraine mosellane 1860-1940, Éditions Serpenoise, 1983
  4. Jean-François Colas, op. cit., p. 71
  5. Jean-François Colas, "Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux", Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002
  6. Bürger Zeitung, 22 avril 1926: « Du willst in den Krieg ? Dann stimme für die rote Volksfront ».
  7. Olivier Wieviorka, "Les orphelins de la république; Destinées des députés et sénateurs français ( 1940-1945 )", Paris, Seuil, 2001, p. 56 : "(...) Mon attitude était commandée par la volonté de manifester publiquement et une dernière fois mon attachement à la France, et par le souci de protéger tout ce qui pouvait être protégé dans une région qui allait être arrachée par la force. Une autre attitude, l'abstention ou le vote "contre", n'aurait pas manqué d'être exploitée par la propagande allemande comme une manifestation du détachement de la France. Dans un pays travaillé par la propagande autonomiste, il fallait éviter jusqu'aux apparences" se défend-il en 1945
  8. Ibidem, p. 167
  9. Ibidem, p. 421

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]