Pélican frisé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pelecanus crispus

Page d'aide sur les redirections « Pélican frisé » redirige ici. Pour le groupe de musique, voir Le Pélican Frisé.
image illustrant les oiseaux
Cet article est une ébauche concernant les oiseaux.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations du projet ornithologie.

Pelecanus crispus
Description de cette image, également commentée ci-après

Pélican frisé

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Pelecaniformes
Famille Pelecanidae
Genre Pelecanus

Nom binominal

Pelecanus crispus
Bruch, 1832

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 29/07/1983

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A2ce+3ce+4ce : Vulnérable

Le Pélican frisé (Pelecanus crispus) est une espèce d'oiseaux de la famille des Pelecanidae. Il se reproduit très localement dans le sud-est de l'Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale jusqu'en Mongolie, dans les marais et lacs peu profonds.

C'est le plus grand des pélicans, et il fait partie des plus lourds oiseaux du monde capables de voler. Il est aussi de nos jours la plus rare et la plus vulnérable des huit espèces de pélican.

Description[modifier | modifier le code]

En vol.

Il mesure de 160 à 183 cm de longueur (cou étendu), avec une envergure de 290 à 345 cm (environ trois mètres en moyenne). Son poids varie de 7.25 à 15 kg, pour une moyenne de 10,4 à 11,5 kg selon les estimations. Cela en fait la plus grande espèce de pélican (devant le pélican blanc, mais de peu), mais aussi l'un des plus grands oiseaux capables de voler au monde. Il dispute le titre du plus lourd oiseau capable de voler avec les grands cygnes (cygne tuberculé et cygne trompette), la grande outarde et le condor des Andes. Malgré ce poids, le vol du pélican frisé est remarquable d'aisance et de légèreté. Son envergure est aussi l'une des plus grande, cependant quelque peu inférieure à celle de l'albatros hurleur. Son bec mesure de 36 à 45 cm de longueur, ce qui en fait l'un des plus longs de tous les becs d'oiseaux (avec celui d'autres pélicans).

Il diffère du pélican blanc par ses pattes grises et un plumage gris-blanc. Le plumage de la nuque et de la tête et caractéristiquement "frisé". l’œil a un iris pâle et il est encerclé d'une zone de peau nue plus restreinte que celle du pélican blanc. Les pélicans frisés juvéniles ont un plumage gris. Durant la période de reproduction, la poche jugulaire des adultes se colore de rouge orangé intense. En vol les individus adultes ont les ailes moins colorées de noir que celles du pélican blanc, le dessous des ailes est presque entièrement pâle.

Répartition[modifier | modifier le code]

Répartition en Eurasie (approximatif en Asie).

Bien qu'aujourd'hui très rares et localisées, les populations de pélicans frisés sont dispersées dans une vaste aire de répartition eurasiatique. On le trouve surtout en Europe du sud-est. De rares populations subsistent aussi localement en Turquie, en Iran, en Asie centrale, dans l'ouest de la Chine et en Mongolie, tandis que des groupes hivernants sont observés en Asie du Sud: de l'Irak à la Chine en passant par le Pakistan et l'Inde.

En Europe, le pélican frisé se rencontre dans les Balkans, ainsi qu'en quelques lieux autour de la mer Noire et en Russie du sud. La plus grande colonie subsistante se situe au Petit lac Prespa (partagé entre l'Albanie et la Grèce), avec environ 1400 couples, l'autre population importante se trouve dans le delta du Danube en Roumanie où vivraient 450 couples. Une importante colonie existe aussi dans la réserve naturelle d'Astrakhan dans le delta de la Volga en Russie. De nombreux individus ont été aperçus dans les alentours du lac Arpi, situé à plus de 2000 m d'altitude en Arménie, où ils viennent pour s'y reproduire[1]. Le Pélican frisé migre sur des distances courtes en Europe, et certaines populations sont sédentaires. Quelques centaines de ces grands oiseaux viennent hiverner au lac Kerkini dans le nord de la Grèce. Historiquement ce pélican était bien plus abondant dans les Balkans, dont la Hongrie et la Croatie (d'où son autre nom de pélican dalmatien), et autour de la mer Noire dont l’Ukraine, mais il a disparu en bon nombre d'endroits par la destruction de son habitat ou la concurrence avec l'homme.

Un pélican frisé en livrée nuptiale en Inde.

La répartition récente de l’espèce en Europe, confinée à l'Europe du sud-est, est en réalité une aire relictuelle. On sait aujourd'hui que le pélican frisé a été plus répandu dans le reste de l'Europe par le passé. De nombreux sub-fossiles de pélicans datant du milieu de l'Holocène ont été retrouvés en Europe du nord-ouest: en Grande Bretagne, aux Pays-Bas, en Allemagne du nord, ainsi qu'au Danemark, avec une abondance particulière sur les côtes sud-occidentales de la Baltique. L'analyse génétique d'un squelette de pélican du nord de l'Allemagne, vieux de 6000 à 7000 ans environ, a permis de déterminer qu'il appartenait bien à l'espèce Pelecanus crispus. Sachant que l’espèce n'est migratrice que sur des distances plutôt faibles, une théorie indique que cette large répartition ancienne jusqu'en Europe du nord-ouest était le fait de populations naturellement résidentes et régulières, favorisées par le climat légèrement plus chaud et humide qu'aujourd'hui au milieu de l'Holocène, et non d'individus migrateurs occasionnels. Le léger refroidissement du climat aux périodes suivantes jusqu'à nos jours aurait repoussé l'espèce plus au sud. Dans cette optique, le réchauffement climatique actuel pourrait faciliter une nouvelle expansion de l’espèce en Europe du nord-ouest. Des études écologiques semblent montrer qu'elle profite actuellement du réchauffement climatique, les nichées ayant un meilleur taux de réussite lorsque les étés sont plus chauds et plus humides. De nos jours on observe parfois des individus vagabonds en Europe du nord-ouest, mais aucune colonie reproductrice ne s'est encore installée. Cependant de nombreux restes de pélicans trouvés en Grande Bretagne, y compris des juvéniles (ayant été chassés et consommés par l'homme) ne datent que de 2000 ans, et Pline l'Ancien mentionne dans son Naturalis Historia l’existence de pélicans en son temps dans les régions côtières du nord de la Gaule (les actuels Pays-Bas et Belgique). Les restes sub-fossiles de pélicans les plus récents de la moitié nord de l'Allemagne sont datés du Moyen Âge (900 BP). Mais à ces époques historiques plus récentes les pélicans semblent avoir déjà disparus de la partie la plus septentrionale de leur ancienne aire (côtes de la Baltique) du fait du climat un peu moins clément qu'au milieu de l'Holocène[2]. Une autre théorie considère que le pélican frisé serait bien adaptée à une large gamme de climats tempérés, mais il aurait anciennement disparu de la majeure partie de son aire naturelle eurasiatique car il était facile à chasser par l'homme, ses œufs sont devenus faciles à récolter avec le développement des embarcations à partir du Néolithique, et il était considéré par l'homme comme un concurrent pour les ressources halieutiques (jusqu'à récemment dans son aire actuelle).

Habitat[modifier | modifier le code]

Il fréquente les marais, les lacs d'eau douce peu profonds et riches en végétation, les grands cours d'eau et les deltas, ainsi que les estuaires et les lagunes saumâtres. Il peut se contenter de pièces d'eau plus modestes. En hivers il fréquente également les baies marines abritées. La richesse en poissons est le facteur principal. Il affectionne les ilots des roselières en période de reproduction, où il installe ses nids à l'abri des prédateurs terrestres.

Population[modifier | modifier le code]

Comme le Pélican blanc, la population de cette espèce a grandement décliné du fait de la disparition de son habitat et de la chasse. Mais le pélican frisée est bien plus rare et vulnérable à l’échelle mondiale. Il ne reste environ que 6700 à 9300 couples à l'état sauvage dans le Monde[3]. Les effectifs ont cependant fortement augmenté ces dernières années grâce aux mesures de protection dont ont bénéficié les dernières populations et leur habitat. Dans les années 80 il restait moins de 1000 couples dispersés en Eurasie (comparé à plusieurs millions d'individus estimés au XIXe siècle), l'espèce a échappé de peu à l'extinction. L'Europe du sud-est est aujourd'hui son principal bastion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Tim Jones, « Summary report: Ramsar Bureau & RIZA visit to Armenia, 3-11 September 1998 », sur Ramsar (consulté le 18 mars 2009).
  2. Nikulina et Shmolcke, First archaeogenetic results verify the mid-Holocene occurrence of Dalmatian pelican Pelecanus crispus far out of present range, Journal of Avian Biology, 2015,[1]
  3. http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/22697599

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karel Šťastný (trad. Dagmar Doppia), La grande encyclopédie des oiseaux, Paris, Gründ, , 494 p. (ISBN 2-7000-2504-0), « Pélican frisé », p. 49