Osmothèque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Osmothèque
Exterior of the Osmothèque.jpg
Informations générales
Président
Site web
Localisation
Pays
Commune
Adresse
36, rue du Parc de Clagny Versailles
Coordonnées

L’Osmothèque, (du grec osmē « odeur » et thêkê « rangement ») est l'unique conservatoire traçant l’histoire de la parfumerie. Il est basé à Versailles et possède une antenne à New York[1],[2]. Fondée en 1990 par Jean Kerléo et d’autres parfumeurs confirmés, comme Jean-Claude Ellena et Guy Robert, l’Osmothèque est responsable au niveau international de l'authentification, l'enregistrement, la conservation, la documentation et la reproduction de parfums, tous archivés dans leur formulation originale au dépôt Osmothèque et consultable par le public[1],[3]. On y trouve un grand nombre de chefs-d’œuvre de la parfumerie, dont certains parfums rares (parce qu'ils ne sont plus produits ailleurs ou suivant la même formule) comme le Chypre de François Coty (Coty), l'Eau de Cologne extra Vieille de Jean-Marie Farina (Farina) ou encore la Fougère royale de Paul Parquet (Houbigant). Sont aussi disponibles de nombreux parfums historiques comme ceux d'Élisabeth de Pologne, de Napoléon ou d'Eugénie de Montijo[4],[5]. Depuis 2008, Patricia de Nicolaï est la présidente du Conservatoire[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

La création de ce premier conservatoire de parfum a initialement été proposée à la Société française des parfumeurs en 1976 par Jean Kerléo, parfumeur chez Jean Patou, afin d’enregistrer et de préserver l’histoire de la parfumerie[7]. Il envisage de reconstituer divers classiques de la parfumerie abandonnés suivant leur formule originale avec la collaboration des parfumeurs et parfumeries les plus importants du monde[8]. Un comité consultatif a été ainsi assemblé, composé d'experts comme Jean-François Blayn, Raymond Chaillan, Jean-Claude Ellena, Yuri Gutsatz, Jeannine Mongin, Raymond Pouliquen, Guy Robert et Henri Sebag[7].

Après avoir reproduit avec succès les parfums abandonnés de la marque Jean Patou, les formules du défunt F. Millot ont été confiées à Jean Kerléo et son équipe en 1986, parmi eux le classique Crêpe de Chine par Jean Desprez de 1925[9]. Quand en 1988, le projet a reçu le soutien tant de la Chambre de commerce et d’industrie de Versailles-Val-d'Oise-Yvelines et le Comité Français du Parfum, une installation de stockage a été fournie dans les locaux de l'Institut Supérieur International du Parfum, de la Cosmétique et de l 'Aromatique alimentaire[9]. L'Osmothèque a été officiellement fondée le 26 avril 1990 avec une première collection de 400 parfums comprenant des reproductions de l'Osmothèque et des produits fournis par des maisons de parfums comme Chanel, Guerlain ou Lanvin[9],[10].

La collection[modifier | modifier le code]

L'Osmothèque représente les plus grandes archives de parfum au monde, stockant plus de 3 000 parfums du passé et du présent, pour la plupart dans leur formulation originale et préservés à une température constante sous atmosphère d'argon[11]. Les parfums présents dans la collection sont, soit reconstitués à partir des formules archivées par les parfumeurs internes de l’Osmothèque (connus comme osmothécaires) soit fournis par des maisons de parfum externes, analysées et authentifiées par les archivistes osmothécaires[12]. Comme des archives de dépôt légales, l'Osmothèque reçoit une provision de tous les nouveaux parfums produits en France et une grande partie du monde, en plus de ceux obtenus par son programme d'acquisition de compositions[13].

L'institution rassemble aussi une bibliothèque de matières utilisées en parfumerie, aussi bien des produits naturels que synthétiques, historiques ou contemporains. Une chambre forte, inaccessible au public, contient enfin les formules de parfum historiques, malheureusement majoritairement inutilisables à cause des matières premières introuvables aujourd'hui[14]. Le rôle d'archiviste en chef est actuellement rempli par Patricia de Nicolaï, présidente de l’Osmothèque depuis 2008, succédant ainsi à Jean Kerléo[15].

Dans les raretés que contient l’Osmothèque sont inclus des éléments de la parfumerie antique, comme le Parfum Royal des rois Parthes décrit par Pline l'Ancien au Ier siècle, des eaux médiévales de toilette du XIVe siècle comme l’Eau de Hongrie d'Élisabeth de Pologne et des poudres du XVIIIe siècle comme la Poudre de Chypre[9],[16].

La collection compte également des parfums du XIXe siècle des maisons comme Farina, Guerlain, Houbigant, Lubin, F. Millot, L.T. Piver et Roger & Gallet, y compris l'Eau de Cologne extra Vieille de Jean-Marie Farina de 1806 et l'Eau de Cologne impériale de Pierre-François Pascal Guerlain créé pour Eugénie de Montijo en 1853[9],[17]. Dans la même période on trouve aussi l'eau de Cologne faite pour Napoléon en 1815 pendant son exil sur l’ile de Saint-Hélène[18],[19].

La plus grande partie des archives de l’Osmothèque est consacrée à la parfumerie moderne (commençant à la fin du XIXe siècle), présentant des chefs-d'œuvre originaux innombrables maintenant disparus ou reformulés, comme le Fruit défendu des parfums de Rosine créé par Henri Alméras, le Chypre et Emeraude de François Coty, Le Tabac blond de Caron par Ernest Daltroff, Jicky d'Aimé Guerlain, Fougère Royale de Paul Parquet pour Houbigant ou encore Parfum Idéal (Houbigant)[20],[6],[21]. D’innombrables best-sellers sont aussi présents dans leurs formules originales tels que le No 5 de Chanel créé par Ernest Beaux, Shalimar de Jacques Guerlain ainsi que l’Eau sauvage de Christian Dior par Edmond Roudnitska[9],[1].

Autres services[modifier | modifier le code]

L'Osmothèque maintient un site internet actif, qui inclut une base de données en ligne détaillant la collection du Conservatoire[22].

Des conférences variées, destinées à la fois aux professionnels, chercheurs, étudiants et passionnés qu'au grand public, sont proposées à l’Osmothèque ainsi que à la galerie de Nicolaï à Paris ou à l’Academy of Perfumery & Aromatics à New York[1],[23]. En outre, l'Osmothèque organise régulièrement des expositions et des conférences en partenariat avec les musées du monde entier, y compris le Carrousel du Louvre, le château de Versailles et la Smithsonian Institution[24].

L'Osmothèque publie également des livres sur le thème de parfums, en plus d'un périodique bilingue intitulé Les Nouvelles de l'Osmothèque, disponible en ligne et à la librairie de l'Osmothèque[25].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Turin, Luca, et Tania Sanchez. The Little Book of Perfumes: The 100 Classics. Londres, Profile, 2011. Print.
  2. Le Guérer, Annick. Le Parfum : des origines à nos jours. Paris, Odile Jacob, 2005. Print.
  3. Turin, Luca (August 2005), “The Perfume Museum”, Zurich: NZZ Folio.
  4. [Stamelman, Richard Howard., et Michael Freeman. Perfume: Joy, Obsession, Scandal, Sin: A Cultural History of Fragrance from 1750 to the Present. New York, NY: Rizzoli, 2006. Print.
  5. Rowe, David J. Chemistry and Technology of Flavours and Fragrances. Oxford: Blackwell, 2004. Print.
  6. a et b Turin, Luca, et Tania Sanchez. Perfumes: The Guide. Londres, Viking Press, 2008. Print.
  7. a et b Osmothèque. Paris: Comité français du parfum, 1990. Print.
  8. Dove, Roja. The Essence of Perfume. Londres, Black Dog, 2008. Print.
  9. a, b, c, d, e et f Le Guérer, Annick., et Louarn Michel. Le. Si Le Parfum M'était Conté--. Paris: Garde-Temps, 2009. Print.
  10. Stone, Susan (November 5, 2006), "Perfume Gallery Preserves, Re-Creates Fragrances", All things considered (National Public Radio).
  11. Turin, Luca. The Secret of Scent: Adventures in Perfume and the Science of Smell. New York, HarperCollins, 2006. Print.
  12. Burr, Chandler (24 février 2008), "L'Heir Du Temps", T: New York Times Style Magazine (New York Times Company)
  13. Colton, Sarah, "L’Osmothèque—Preserving The Past To Ensure The Future", Beauty Fashion.
  14. Burr, Chandler. The Perfect Scent: A Year Inside the Perfume Industry in Paris and New York. New York: Henry Holt and Company, 2008. Print.
  15. “L'Osmotheque, a veritable vault of perfume memory”, Perfume Shrine. 7 janvier 2009.
  16. Bataineh, Madiha, Byron et Nicholas Jackson, “The Osmotheque”, Atlas Obscura.
  17. Patricia de Nicolai - The Osmothèque. Alliance Française USA. Web.
  18. [Stamelman, Richard Howard., and Michael Freeman. Perfume: Joy, Obsession, Scandal, Sin : A Cultural History of Fragrance from 1750 to the Present. New York, NY: Rizzoli, 2006. Print.
  19. Newman, Cathy. Perfume: The Art and Science of Scent. [Washington], National Geographic Society, 1998. Print.
  20. Turin, Luca (September 2005), "Le Parfum idéal", Zurich: NZZ Folio
  21. Visit to The Osmotheque Perfume Museum in Versailles. Bois de Jasmin. Web. 7 décembre 2012.
  22. Osmothèque - Conservatoire international des parfums, site Web officiel, 18 juin 2013.
  23. L’Osmothèque. Office de tourisme de Versailles. Web. 18 juin 2013.
  24. Sarah Colton, L’Osmothèque—Preserving The Past To Ensure The Future, Beauty Fashion.
  25. Osmothèque, Société française des parfumeurs, 18 juin 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]