Houbigant (parfumeur)

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Parfums Houbigant Paris

Loft Fashion and Beauty Diffusion

logo de Houbigant (parfumeur)
Portrait de Jean-François Houbigant paru dans un ouvrage illustré par Bernard Naudin.

Création 1775
Fondateurs Jean-François Houbigant
Personnages clés Alfred Javal, Paul Parquet, Robert Bienaimé
Forme juridique Société étrangère non immatriculée au RCS

Société de droit monégasque

Siège social Monte-Carlo
Drapeau de Monaco Monaco
Direction Michele Perris
Activité Parfums
Filiales Cheramy (1921-1965)
SIREN 524 518 081
Site web www.houbigant-parfum.com

Chiffre d'affaires Comptes non disponibles

Houbigant est une maison de parfum française fondée en 1775 par Jean-François Houbigant. Elle se développe considérablement entre 1890 et 1925, avec à sa direction des parfumeurs novateurs comme Paul Parquet et Robert Bienaimé. La marque est propriété de la famille Perris établie à Monaco.

Elle est exploitée par la société de droit étranger Loft Fashion and Beauty Diffusion[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La maison a été fondée en 1775 à Paris par Jean-François Houbigant, originaire de Grasse, au no 57 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré[2], sous la forme d'une boutique portant l'enseigne « À la Corbeille de Fleurs »[3]. Elle fournit avant la Révolution la Cour et les grandes familles de l'aristocratie et de la bourgeoisie françaises[4],[5]. Houbigant épouse la fille de son confrère Deschamps, chez qui il avait été apprenti.

En , Jean-François meurt subitement : sa veuve se remarie un an plus tard avec son premier commis, M. Magny. La maison appartient donc seulement en partie au fils, Armand-Gustave Houbigant et s'appelle un temps « Houbigant-Magny, marchand parfumeur » : Napoléon lui passe commande le , pendant les Cent-Jours[6]. En 1815, Magny et Armand-Gustave cèdent le fonds à leur confrère Félix Chardin, qui possédait déjà l'immeuble.

Au début du XIXe siècle, la maison a notamment pour clients Joséphine, pour laquelle Armand-Gustave Houbigant crée un nouveau parfum en 1807 et, en 1829, la duchesse d'Orléans, mère de Louis-Philippe l’appointe comme fournisseur[5]. Par la suite, la marque devient « Houbigant Chardin » et est brevetée, en 1838, fournisseur officiel de la reine Victoria. Puis Félix Chardin transmet en 1829 le fonds à son gendre nommé Charles Gabillot fils, lui aussi parfumeur[7], et qui dirige l'affaire durant plusieurs décennies avant d'associer son propre fils, P. Gabillot. Ce dernier s'associa à M. Dommange vers 1860. Plus tard, entre 1879 et 1882, seul le nom de Paul Parquet apparaît comme propriétaire de la parfumerie. C'est lui qui revend l'immeuble au financier Javal.

À partir de la Troisième République[modifier | modifier le code]

Essence concentrée de Fougère Royale (1884) par Paul Parquet.

En 1880, le banquier Alfred Javal (1844-1912)[3] et le parfumeur Paul Parquet (1856-1916) deviennent les copropriétaires de la société[8] et décident de produire des parfums, comme L.T. Piver, à un niveau industriel, et ce, en faisant appel à la chimie organique[4]. L'entreprise implante en effet une usine à Neuilly-sur-Seine[9] : l'une des premières compositions à rencontrer le succès est Fougère Royale, créé par Parquet en 1884, élaboré autour d'un accord de mousse de chêne, de bergamote, de salicylate d'amyle et surtout de coumarine de synthèse (une molécule présente naturellement dans la fève tonka), ce qui était novateur à l'époque[10]. Paul Parquet fut par la suite considéré comme le plus grand parfumeur de son temps[11]. Il recruta l'ingénieur chimiste Robert Bienaimé (1876-1960) en 1912[12].

En 1890, Houbigant est nommé fournisseur à la cour d'Alexandre III de Russie. En 1902, la reine Alexandra, épouse d’Édouard VII passe à Paris chez Houbigant. Parmi les autres parfums, l'on peut citer : Le Parfum Idéal (1900), Violette Pourpre (1907), Cœur de Jeannette (1912). Avant 1914, la maison Houbigant exportait un peu partout dans le monde. En 1916, à la mort de Parquet, le fils d'Alfred Javal, Fernand (1884-1977)[13], associe Bienaimé au capital de l'entreprise, qui change de nom et devient « Javal et Bienaimé » puis « Houbigant S.A. » avec Robert Bienaimé comme administrateur délégué puis comme président de la société. Au cours des années 1920, celui-ci recrute ses anciens condisciples comme lui ingénieurs, Paul Leroux, Raymond Kling, André Copaux, Degont Desplanques et Paul Schving (mort en 1929), parmi les meilleurs nez[14]. En , une filiale américaine est lancée, « Parfum Cheramy »[15], qui disparaîtra vers 1965.

En 1935, Robert Bienaimé quitte Houbigant après plus de vingt ans de maison et part fonder ses propres sociétés (Parfumerie Bienaimé, Produits de beauté Robel) : il était à l'origine de Quelques Fleurs (1912), un parfum multibouquet en avance sur son temps[16].

Les années après 1945[modifier | modifier le code]

Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, c'est Marcel Billot, ancien directeur du site Houbigant à New York, qui prend la relève en tant que directeur France. Il lance Chantilly (1941) et poursuit l'internationalisation mais doit fermer l'usine de Neuilly-sur-Seine. Périclitant dans les années 1970, la maison voit l'arrivée de l'italien Michele Perris, embauché en 1973 par la famille Javal. En 1985, est lancé le parfum Duc de Vervins, puis une réédition de Lutèce (1990) et Quelques Fleurs Royale (1998). Perris et ses associés finissent par racheter la marque en 2005[17].

Entre 1989 et 1994, ses compositions étaient fabriqués à Vervins dans l'Aisne, puis l'usine fut cédée à Givenchy et passa ensuite à Kenzo. En 1995, la marque Houbigant noue un partenariat de distribution avec Renaissance Cosmetics Inc., société avec laquelle il y eut quelques démêlés. Depuis 2005, sous le contrôle de Elisabetta et Gian Luca Perris [18], qui ont d'ailleurs lancé leur propre marque, « Perris Monte Carlo »[19], la production se fait en Angleterre.

Liste des parfums[modifier | modifier le code]

  • Fougère Royale (1884)
  • Le Parfum Idéal (1900), considéré par Bienaimé comme le chef-d’œuvre de Parquet[20]
  • Violette Pourpre (1907)
  • Quelques Fleurs (1912, réédité sous le nom Quelques Fleurs L'Original)
  • Parfum inconnu (1912)
  • Cœur de Jeannette (1912)
  • La Rose France
  • Floraison
  • Celle que mon cœur aime
  • Farandole
  • Chantilly (1941)
  • Lutèce (1984)
  • Raffinée (1984)
  • Duc de Vervins (sur la base de Fougère Royale, 1985)
  • Quelques Fleurs Royale
  • Demi-jour (1987)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « identité », sur www.societe.com (consulté le 30 août 2019)
  2. Devenu ensuite le numéro 19.
  3. a et b Papiers du parfumeur Houbigant, Fonds Javal, Archives Nationales, cote AB/XIX/5183 (description en ligne).
  4. a et b De Feydeau, p. 935.
  5. a et b Paul Sentenac (1925), op.cit.
  6. Archives conservées au Musée international de la Parfumerie à Grasse.
  7. [PDF]Histoire du Faubourg Saint-Honoré d'après le cadastre parisien, en ligne.
  8. Dénommée « Houbigant Javal-Paquet, Parfumeurs, 19, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris ».
  9. Histoire de la parfumerie à Neuilly, Neuilly.com, avril 2011.
  10. De Feydeau, p. 901.
  11. Ernest Beaux, « Souvenirs d’un parfumeur » in Industrie de la Parfumerie, 1-7 octobre 1946, p. 228-231.
  12. Robert Bienaimé, « Une grande figure de la parfumerie française : Paul Parquet » in Industrie de la Parfumerie, octobre 1955, p. 409-411.
  13. « Fernand Javal, chevalier de la Légion d'honneur en 1928 », base Léonore, ministère français de la Culture
  14. [PDF]Hommage à Robert Bienaimé par Marcel Billot, Bulletin de l’École supérieure de physique et de chimie industrielle de Paris, no 20 novembre - décembre 1960, p. 23-25.
  15. (en) « The Cheramy Story - the American perfume line with French undertones », en ligne.
  16. Archives de l'Osmothèque.
  17. (en)Hannah Elliott, « Names You Need to Know: Houbigant » in Forbes, 12 juillet 2010.
  18. Adresse juridique établit à Monaco sous le nom de S.A.M. LOFT Fashion & Beauty Diffusion, 5 avenue des Citronniers.
  19. Perris Monte Carlo Perfume Event San Francisco, ligne.
  20. Robert Bienaimé, « Mes souvenirs de parfumeur » in Industrie de la Parfumerie, mars 1949, p.  67-70.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]